
Et si la solution au cancer du col de l’utérus se cachait dans un champignon ? C’est l’hypothèse explorée par des chercheurs du Health Science Center de l’Université du Texas à Houston, qui ont mis en lumière les propriétés prometteuses d’un extrait du champignon japonais shiitake (Lentinula edodes) contre le papillomavirus humain (HPV), principale cause du cancer du col de l’utérus.
La molécule au cœur de cette recherche porte le nom d’AHCC (Active Hexose Correlated Compound). Produite à partir du shiitake, elle est déjà utilisée comme complément alimentaire pour ses propriétés immunostimulantes. L’AHCC stimulerait le système immunitaire, aiderait à repousser les infections et empêcherait la croissance des tumeurs.
Des résultats encourageants en trois mois seulement
L’étude a été menée sur dix femmes dont les tests au papillomavirus étaient positifs. Pendant six mois, chaque participante devait avaler quotidiennement un comprimé d’AHCC, extrait directement du champignon shiitake.
Les résultats se sont révélés particulièrement prometteurs :
- Cinq femmes sur dix ont présenté un test négatif au HPV après seulement trois mois de traitement.
- Parmi elles, trois femmes ont vu le virus complètement éliminé, même après l’arrêt du traitement.
- Les deux femmes restantes ont dû poursuivre le traitement pendant les six mois complets pour obtenir des résultats satisfaisants.
Vers un essai clinique à plus grande échelle
Pour Judith A. Smith, auteure principale de l’étude, « ces résultats sont très encourageants ». Elle a précisé :
« Puisque l’AHCC est un complément alimentaire sans effets indésirables, avec d’autres bénéfices pour l’immunité, nous allons le tester en traitement de six mois dans notre prochaine étude clinique. Ces résultats confirment en tout cas ceux de nos études précédentes. »
La recherche devait donc se poursuivre avec un essai clinique de phase II, au cours duquel l’AHCC serait comparé à un placebo afin de tester l’efficacité du traitement à plus grande échelle.
Le papillomavirus, une infection très répandue
Le papillomavirus est une infection sexuellement transmissible extrêmement courante, dont on peut parfois être porteur sans le savoir, en l’absence de lésion visible. Selon le ministère de la Santé, les papillomavirus de type 16 et 18 sont responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus, et 80 % des femmes sont exposées à ce virus au cours de leur vie.
Mais le HPV ne se limite pas au col de l’utérus. Il serait également responsable de 95 % des cancers de l’anus et du rectum, de 65 % des cancers du vagin, et de 60 % des cancers du pharynx et de la gorge.
La découverte des propriétés de l’AHCC pourrait représenter une piste prometteuse dans la prise en charge du HPV, notamment pour les personnes déjà infectées par le virus.
