13 Fermes d’Avenir partent en campagne !

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C’est le genre de projet qui donne la patate dans ce champ de mauvaises nouvelles agricoles. 13 Fermes d’avenir partent en campagne pour faire financer leurs projets créatifs, audacieux, innovants, écologiques et reproductibles. On les suit à 200%.

Rappelez-vous… L’aventure des 13 Fermes d’avenir a commencé au printemps dernier avec un concours : la France cherche ses 13 fermes d’avenir. L’appel est alors crié sur tous les toits des granges et des étables de l’Hexagone. 200 candidatures affluent, de la Bretagne à la Corse. Le jury s’y plonge week-end et soirées, en ressort enivré devant tant de bonnes idées. Et puis c’est le verdict : fin juin, une ferme par grande nouvelle région est retenue.

« A La Ruche qui dit Oui ! nous proposons aux producteurs un service technologique pour les aider à commercialiser leurs produits, explique Guilhem Chéron, co-fondateur de La Ruche qui dit Oui !. Avec ce concours, nous intervenons plus en amont et les accompagnons dans l’optimisation de leurs outils de production. Nous espérons aussi que l’énergie, l’expérience et la motivation des lauréats seront contagieuses et sauront créer des vocations. »

C’est peu de le dire. Rencontrer tous ces porteurs de projet cet été a bien failli nous faire abandonner notre clavier. « Nous souhaitons que tous les citoyens prennent conscience que l’agriculture qui respecte la terre et les hommes est la seule à pouvoir s’inscrire dans la durabilité, poursuit Maxime de Rostollan, président de l’association Fermes d’Avenir. C’est aussi la seule en mesure de créer de l’emploi, de façonner de beaux paysages pour nos campagnes. C’est grâce aux agriculteurs que nous arriverons à redynamiser les zones rurales. »

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En cette rentrée 2015, les 13 fermes lauréates ont d’ores et déjà gagné 10 000 € grâce aux partenaires de la campagne. Et c’est maintenant à vous de jouer pour qu’ils puissent récolter les 30 000 € nécessaires à la réussite de leur projet. Une collecte vient d’être lancée sur la plateforme Blue Bees, spécialisée dans le financement de l’agroécologie. Elle se poursuivra jusqu’au 23 novembre. Les 13 projets des lauréats y sont présentés, vidéos à l’appui, pour collecter un maximum de fonds.  Objectif : 300 000 € en 60 jours ! On compte sur vous ?

Les 13 projets lauréats

Au cœur du Morbihan, Pierre souhaiterait s’équiper d’un micro-méthaniseur. Objectif ? Transformer le lactosérum de la fromagerie en biogaz et ainsi alimenter sans une goutte de pétrole ni un gramme d’énergie nucléaire le véhicule de livraison, la fromagerie, la cuisine de la ferme et le séchoir mobile à millet et sarrasin.

La Beauce ne connaît que la grande culture intensive ? Benjamin, Adrien et Hélène prennent un tout autre chemin. Ils convertissent leur exploitation en bio, plantent des arbres, font de la recherche participative, changent leurs céréales en pain. Bref, inventent un nouveau destin pour la plaine.

Imaginez un cheval producteur d’électricité. En Ariège, Guillaume et Mélina relancent la trépigneuse, une machine à faire trotter les chevaux et sortir des watts. Auto-construite, facilement reproductible, elle permettra de produire de l’énergie quasi gratuite et de rendre la ferme autonome en énergie.

Puisque leurs terres alsaciennes sont chaque année inondées, Charles et Lauriane vont creuser un étang. Dans l’eau, ils vont élever des écrevisses. Et pour faire un peu d’ombre aux crustacés, ils vont planter des fruitiers. Qui dit troncs dit champignons ? Lauriane va se lancer dans la culture de cèpes et de shiitakés. Une superbe agriculture circulaire où les déchets des uns font le bonheur des autres.

Un agriculteur a besoin de 35 hectares pour vivre, clament les statistiques des instances agricoles. A contre-courant et vue sur les marées du Mont Saint-Michel, Marie, Emeric, Camille et Kevin inventent sur 18 hectares une nouvelle agriculture collective et souhaitent ouvrir bientôt leur propre restaurant 100% fermier.

Leurs abeilles ont trop souffert, ils ne veulent plus les faire voyager. Dans la vallée du Champsaur, Clémentine et Jonathan font le choix d’une apiculture sédentarisée. Leurs abeilles, ils souhaitent les nourrir aux bonnes fleurs qu’ils auront fait pousser dans leur future serre bioclimatique.

« L’idée générale est de donner à la ferme une fonction nourricière en ne la spécialisant pas » explique Jérôme installé dans le Maine-et-Loire. Cette polyvalence est aussi valable pour les aménagements de la ferme qui peuvent assurer plusieurs fonctions : serre-séchoir, serre-poulailler, éolienne pour pomper l’eau… Ingénieux non ?

L’écologie, le collaboratif, l’innovation font partie des fondations de la ferme de Nicolas. En Picardie, l’ex-informaticien convertit peu à peu toutes ses terres à l’agriculture biologique. A l’avenir, il imagine une conserverie participative pour créer avec petits et grands chefs des soupes de légumes, des chips de kale et des miel pops de la ferme.

Ça pourrait être l’alimentation du futur tellement la production d’escargots ne pèse pas lourd sur les ressources de la planète. A deux pas de Dijon, Frédéric souhaite faire d’une pierre deux coups : planter un verger comestible pour diversifier sa production et abriter ses bêtes à cornes.

Pourquoi rester seul dans son coin quand on peut unir ses forces et compétences ? Maraîchers-musiciens, Paul et Maxime fédèrent un grand nombre d’agriculteurs du Lot-et-Garonne autour de leur projet agri-culturel. Un peu de musique, beaucoup de cultures pour redynamiser les campagnes.

Grâce à un véritable partenariat passé avec les Amaps de Haute Savoie, Matthieu, Jérôme et Gwenaël ont du temps pour penser la terre. Avec l’atelier paysan, ils imaginent ces outils qui libèrent les paysans. Bientôt un culticycle, un vélo des champs qui sait aussi bien biner que planter.

Une ferme connectée au cœur des montagnes corses ? C’est bien le projet de Maria et Sylvain, producteurs de miel et de safran. Leur projet est de devenir une smart farm avec capteurs et analyses. Dans la vie réelle, ils comptent aussi accueillir le public dans leur ferme auberge bioclimatique.

La terre comme bien commun : dans les Yvelines, Nicolas ouvre sa ferme à tous ceux qui veulent s’y ressourcer. Le projet prévoit d’organiser cette ferme partagée, de re-structurer les bâtiments, de diversifier l’activité, d’organiser l’accueil et la formation. De contribuer à lancer un mouvement collectif et citoyen pour remettre le vivant au cœur  de la société.

A propos de l’auteur:

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Hélène Binet

Son sourire est invincible mais sa vie semble impossible. Hélène écrit pour La ruche qui dit oui, pour des sites d’information alternatifs ou la presse traditionnelle ; elle publie des guides aussi différents que « Les arbres remarquables d’Isère » ou « Belle et bio à Paris » ; elle gère sa propre Ruche, l’une des premières et des plus grandes de France ; elle a trois enfants ; elle élève un chat. Quand on y pense on perd haleine. Pas elle.