
Lorsqu’une cheffe spécialisée dans l’alimentation végétale reçoit un diagnostic de cancer, sa perspective sur la nutrition prend une toute nouvelle dimension. C’est l’histoire de Lauren Kretzer, cheffe et créatrice de recettes, qui a dû faire face à une forme rare et agressive de lymphome non hodgkinien.
Après la découverte d’une masse de 12 centimètres dans sa poitrine et une intervention chirurgicale majeure, Lauren a choisi d’utiliser ses connaissances culinaires comme une arme pour soutenir sa santé. Aujourd’hui en rémission, elle partage les cinq aliments qu’elle privilégie quotidiennement pour réduire les risques de cancer et renforcer l’organisme.
1. Les légumes crucifères : Les champions de la prévention
En tête de liste se trouvent les légumes crucifères. Accessibles et peu coûteux, ils constituent une base nutritionnelle solide. Cette famille comprend le brocoli, le chou-fleur, le chou frisé (kale), la roquette, les choux de Bruxelles, le chou chinois, le cresson, les radis et les fanes de navet.
Ces légumes contiennent un composé anti-cancer puissant appelé sulforaphane. Cependant, pour bénéficier de ses effets, il faut connaître une astuce de « chimie culinaire ». Le sulforaphane ne s’active qu’en présence d’une enzyme appelée myrosinase, qui est malheureusement détruite par la cuisson.
Comment maximiser leurs bienfaits :
- Mangez-les crus : Intégrez du chou râpé, des radis ou de la roquette dans vos salades.
- La méthode « Couper et Attendre » : Si vous devez les cuire, coupez vos légumes et laissez-les reposer sur la planche à découper pendant 30 à 40 minutes avant la cuisson. Ce temps de repos permet à l’enzyme de s’activer et de créer le sulforaphane, qui résistera ensuite à la chaleur.
- L’astuce de la graine de moutarde : Si vous utilisez des légumes surgelés (déjà blanchis) ou si vous n’avez pas le temps d’attendre, saupoudrez un peu de poudre de graines de moutarde sur vos légumes cuits. La moutarde contient l’enzyme nécessaire pour réactiver la production de sulforaphane.
2. L’ail : Un allié pour l’immunité et la détoxification
L’ail ne sert pas uniquement à relever le goût des plats. Il joue un rôle crucial dans le renforcement du système immunitaire, qui travaille constamment pour éliminer les cellules anormales avant qu’elles ne deviennent problématiques. L’ail aide à détoxifier les carcinogènes et possède des propriétés qui bloquent l’angiogenèse (la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui alimentent les tumeurs).
De plus, l’ail est excellent pour protéger l’organisme contre les dommages liés aux radiations, ce qui est particulièrement pertinent pour les personnes subissant des scanners fréquents ou des traitements de radiothérapie. Pour en tirer le meilleur parti, il est recommandé de consommer l’ail écrasé ou haché finement, cru de préférence, ou ajouté en fin de cuisson.
3. Les baies : Des bombes d’antioxydants
Les fruits rouges sont parmi les aliments les plus riches en antioxydants, juste après les herbes et les épices. Ils aident à réduire l’inflammation systémique, un facteur lié à de nombreuses maladies chroniques, y compris le cancer. Ils protègent également l’ADN contre les dommages.
Bien que toutes les baies soient bénéfiques (fraises, myrtilles, framboises), deux sortes se distinguent :
- Les mûres : Elles contiennent le taux d’antioxydants le plus élevé parmi les baies couramment trouvées en supermarché.
- L’Amla (Groseille indienne) : C’est sans doute l’aliment le plus riche en antioxydants au monde. Bien qu’il soit difficile de trouver le fruit frais, la poudre d’Amla est facilement disponible en ligne. Une simple demi-cuillère à café dans un smoothie suffit pour doubler votre apport en antioxydants.
4. Les champignons : Un soutien immunitaire méconnu
Du simple champignon de Paris aux variétés plus exotiques comme les morilles ou les chanterelles, les champignons sont des alliés santé incontournables. Une étude réalisée en Chine a démontré que la consommation d’un seul champignon de Paris par jour pouvait réduire le risque de cancer du sein de manière significative (plus de 60%).
Les champignons agissent comme des inhibiteurs de l’aromatase, bloquant la production d’œstrogènes, ce qui explique leur lien avec la prévention des cancers hormono-dépendants. Ils stimulent également l’activité des cellules « tueuses naturelles » (Natural Killer cells) du système immunitaire.
Conseil de préparation : Rôtissez-les au four avec un peu de sauce tamari et de paprika fumé pour obtenir une texture « charnue » et savoureuse.
5. Le curcuma : L’épice dorée
Le curcuma contient de la curcumine, un composé aux propriétés anti-cancer impressionnantes. Cette épice, qui donne sa couleur jaune au curry, peut être achetée en poudre ou sous forme de racine fraîche (qui ressemble à du gingembre orange).
Vous pouvez ajouter du curcuma dans les soupes, les vinaigrettes, les plats de riz ou même dans les smoothies. Si vous utilisez la racine fraîche, vous pouvez la congeler entière et la râper directement dans vos préparations au moment voulu. C’est un moyen simple et peu coûteux d’ajouter un puissant agent protecteur à votre alimentation quotidienne.
Bonus : Le soja (Tofu, Tempeh, Edamame)
Il existe encore de nombreuses idées reçues concernant le soja et le cancer du sein. Pourtant, les recherches actuelles montrent que la consommation de soja complet et peu transformé est liée à une réduction du risque de récidive du cancer du sein et peut aider à le prévenir.
Le soja contient des phytoestrogènes, qui sont différents des œstrogènes humains et n’ont pas les mêmes effets négatifs. Il est recommandé de privilégier les formes entières comme :
- Le tofu biologique
- Le tempeh
- Les fèves d’edamame
- Le lait de soja non sucré
Il est préférable d’éviter les produits ultra-transformés à base d’isolats de protéines de soja et de se concentrer sur ces sources traditionnelles.
Source : Physicians Committee
