
Il n’est pas rare, au fil des annĂ©es et des Ă©preuves de la vie, d’avoir l’impression que la santĂ© n’est plus de notre cĂ´tĂ©. Après des parcours parfois complexes, des maladies ou des interventions chirurgicales, une pĂ©riode d’accalmie peut enfin se prĂ©senter. C’est souvent Ă ce moment-lĂ , une fois le cap des 70 ans franchi, que l’on se demande s’il est encore temps de reconstruire son corps. La rĂ©ponse est sans appel : il n’est jamais trop tard pour prendre soin de soi et retrouver de la force.
La puissance insoupçonnée de la plasticité neuromusculaire
Le corps humain est conçu pour s’adapter en permanence, quel que soit son âge. Si les muscles fondent et perdent en puissance lorsqu’ils ne sont pas sollicitĂ©s, l’inverse est tout aussi vrai. Cette formidable capacitĂ© porte un nom : la plasticitĂ© neuromusculaire.
Un muscle n’est pas qu’un simple bloc de chair. Il est composĂ© d’une multitude de fibres, de vaisseaux sanguins, de cellules satellites et de mitochondries qui agissent comme de petites centrales Ă©nergĂ©tiques. Il abrite Ă©galement des protĂ©ines dont le mouvement gĂ©nère la contraction musculaire. Cet Ă©quipement sophistiquĂ© permet au muscle de se transformer positivement, de gagner en masse et en capacitĂ© Ă gĂ©nĂ©rer de la puissance, mĂŞme Ă 70 ou 80 ans.
Un avantage inattendu pour les débutants
Il est Ă©vident que la capacitĂ© d’adaptation musculaire n’est pas strictement identique Ă 20 ans et Ă 70 ans. Toutefois, une excellente nouvelle accompagne la reprise d’une activitĂ© physique sur le tard : les personnes qui sont le moins en forme sont celles qui observent des progrès le plus rapidement.
Si un athlète d’Ă©lite de 70 ans, ayant perdu ses capacitĂ©s suite Ă une opĂ©ration, aura beaucoup de mal Ă retrouver son niveau de performance de ses 40 ans, une personne sĂ©dentaire ou affaiblie par la maladie constatera des amĂ©liorations spectaculaires en très peu de temps. L’entraĂ®nement en rĂ©sistance, par exemple avec de petits haltères ou des bandes Ă©lastiques, permet d’augmenter la masse et la force musculaire de manière visible et encourageante.
Récupérer après une hospitalisation
Après une maladie grave ou un long sĂ©jour Ă l’hĂ´pital, le corps est souvent fragilisĂ©. L’alitement prolongĂ©, une alimentation par solutĂ© ou la prise de certains mĂ©dicaments laissent des traces. La rĂ©cupĂ©ration sera logiquement plus lente que pour une personne en pleine santĂ©, mais elle reste tout Ă fait possible.
La contraction musculaire joue un rĂ´le direct dans le rĂ©tablissement. Les observations cliniques, notamment auprès de patients ayant sĂ©journĂ© aux soins intensifs, dĂ©montrent que ceux qui bĂ©nĂ©ficient d’une rééducation physique prĂ©coce prĂ©sentent une bien meilleure qualitĂ© de vie un ou deux ans plus tard. L’endurance augmente, les capacitĂ©s cardiovasculaires s’amĂ©liorent et l’autonomie revient progressivement.
Les myokines : les médicaments naturels de votre corps
Faire travailler ses muscles ne sert pas uniquement Ă soulever des charges ou Ă se dĂ©placer plus facilement. L’exercice physique stimule la santĂ© osseuse et cardiovasculaire, mais il est Ă©galement un pilier fondamental de la santĂ© cognitive.
Lorsqu’un muscle se contracte, il sĂ©crète des substances bioactives appelĂ©es myokines. Celles-ci voyagent dans la circulation sanguine jusqu’au cerveau. Elles agissent comme de vĂ©ritables mĂ©dicaments naturels produits par le corps pour protĂ©ger le cĹ“ur, le cerveau et de nombreux autres organes. Ainsi, l’entraĂ®nement en rĂ©sistance contribue activement Ă maintenir un cerveau en excellente santĂ© et Ă prĂ©server son acuitĂ© mentale.
Comment reprendre l’exercice en toute sĂ©curitĂ© ?
Pour bĂ©nĂ©ficier de tous ces avantages sans risquer la blessure, la reprise doit s’effectuer de manière intelligente et mesurĂ©e. Voici les principes fondamentaux Ă respecter :
- Miser sur la progressivitĂ© : C’est le maĂ®tre-mot. Commencez par des sĂ©ances très courtes et de faible intensitĂ©. Un simple programme de marche Ă l’intĂ©rieur de son appartement est un excellent point de dĂ©part.
- Évaluer sa tolĂ©rance : Observez comment votre corps rĂ©agit. En cas de douleur ou d’inconfort, n’hĂ©sitez pas Ă diminuer la dose, rĂ©duire l’amplitude des mouvements ou changer l’heure de votre sĂ©ance.
- N’augmenter qu’un seul paramètre Ă la fois : Si vous vous sentez prĂŞt Ă progresser, augmentez soit la durĂ©e de l’exercice, soit son intensitĂ©, mais jamais les deux simultanĂ©ment.
- Consulter les professionnels de la santĂ© : Avant de vous lancer, discutez de votre projet avec votre mĂ©decin pour identifier d’Ă©ventuelles contre-indications. Pensez Ă©galement Ă solliciter votre pharmacien : ce professionnel connaĂ®t parfaitement vos mĂ©dicaments et leurs interactions, et saura vous conseiller pour adapter votre activitĂ© physique Ă votre traitement.
Il n’y a pas de limite d’âge pour se reconstruire. En respectant votre rythme et en Ă©coutant votre corps, vous lui offrez l’opportunitĂ© de dĂ©ployer ses incroyables capacitĂ©s d’adaptation pour vous offrir une meilleure qualitĂ© de vie au quotidien.
Source : Denis Fortier







