
Lorsque les températures s’envolent et flirtent avec les 40 degrés, notre organisme est mis à rude épreuve. Si l’inconfort lié à la canicule est une sensation partagée par tous, les mécanismes physiologiques et neurologiques qui se cachent derrière cette fatigue intense sont souvent méconnus. Face à ces vagues de chaleur, comprendre les réactions de notre corps est la première étape pour s’en protéger efficacement.
Que se passe-t-il dans notre corps quand la température monte ?
L’objectif principal de notre organisme est de maintenir une température interne constante d’environ 37 degrés. Lorsqu’il fait très chaud, le corps déploie des trésors d’énergie pour ne pas surchauffer. Il met en place un phénomène de vasodilatation : il pompe davantage de sang pour l’envoyer vers la peau afin d’évacuer la chaleur.
Cependant, ce mécanisme a un coût. La chaleur agit sur le corps comme une véritable épreuve d’effort. Même au repos complet, le cœur bat plus vite et plus fort, comme si vous étiez en train de courir. C’est ce qui explique l’intense fatigue ressentie lors des épisodes caniculaires. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou d’hypertension artérielle sont donc particulièrement vulnérables à ces variations thermiques.
Si le corps ne parvient plus à maintenir ses 37 degrés et que la température interne grimpe à 38, 39 ou 40 degrés, c’est le coup de chaleur (également appelé coup de chaud ou insolation). Les capacités de transpiration sont alors dépassées. Il s’agit d’une urgence médicale absolue, car une telle température interne provoque des dommages neurologiques pouvant, dans les cas les plus extrêmes, s’avérer fatals.
Le cerveau en surchauffe : l’impact neurologique de la canicule
Notre cerveau souffre tout autant que notre corps lors des fortes chaleurs. Pour tenter de réguler la température globale, le flux sanguin est redirigé en priorité vers la peau, ce qui prive le cerveau d’une partie de son oxygène et de son glucose. La machine cérébrale se met alors à tourner au ralenti.
Au niveau cellulaire, les protéines qui aident nos neurones à communiquer se déséquilibrent. Une neuro-inflammation s’installe. Les conséquences sur nos fonctions cognitives sont immédiates et multiples :
- Baisse de la concentration : la vigilance chute, particulièrement en début d’après-midi.
- Perte de contrôle cognitif : nous avons plus de mal à gérer nos impulsions et nos comportements.
- Troubles de l’humeur : l’inconfort physique, couplé à des nuits souvent hachées, génère de l’irritabilité, de l’anxiété, voire une sensation de déprime passagère.
Plus inquiétant encore, la chaleur a un impact direct sur l’agressivité. Des statistiques démontrent qu’une hausse d’un seul degré au-dessus des normales de saison est associée à une augmentation de 4 % des violences interpersonnelles. Les neurotransmetteurs fonctionnant moins bien, la capacité à garder son sang-froid s’amenuise considérablement.
Médicaments et chaleur : une vigilance accrue
Certains traitements médicaux, particulièrement ceux à visée psychiatrique, nécessitent une grande prudence en période de canicule. Les antidépresseurs, les neuroleptiques ou encore le lithium (utilisé dans les troubles bipolaires) peuvent altérer la capacité du corps à réguler sa température. Les personnes sous traitement sont donc davantage exposées aux coups de chaleur et doivent limiter au maximum leurs efforts physiques.
Les bons réflexes pour s’adapter et se protéger
Notre corps a besoin de 10 à 15 jours pour s’acclimater à une forte chaleur. En attendant que cette adaptation se fasse, plusieurs habitudes simples permettent de soulager l’organisme :
- S’hydrater en continu : la déshydratation est l’un des facteurs majeurs de la fatigue estivale. N’attendez pas d’avoir soif pour boire de l’eau.
- Adapter son rythme de vie : inspirez-vous des pays méditerranéens en décalant vos activités intenses tôt le matin ou tard le soir. Évitez les efforts pendant les heures les plus chaudes.
- Pratiquer la sieste : un court repos de 15 à 20 minutes en début d’après-midi est idéal pour compenser un mauvais sommeil nocturne et recharger les batteries, au moment où la vigilance est au plus bas.
- Manger léger : la digestion demande beaucoup d’énergie et mobilise le flux sanguin. Des repas légers fatiguent moins l’organisme.
- Faire des pauses régulières : si vous travaillez en extérieur ou si vous faites du sport, imposez-vous des pauses fraîcheur et hydratez-vous toutes les 15 à 20 minutes.
Attention concernant les enfants : il est fortement déconseillé de leur donner des douches froides pour les rafraîchir. Les enfants régulent mal leur température corporelle et un choc thermique serait contre-productif. Privilégiez des douches à température ambiante, sans les sécher complètement, ou appliquez simplement un linge humide sur leur tête, leur cou et leurs tempes.
Face à la chaleur, le meilleur conseil reste d’être à l’écoute de son corps, d’accepter de ralentir le rythme et de s’accorder des moments de récupération dans des endroits frais.
Source : RTL






