
Le témoignage d’un officier supérieur de la CIA, James E. Erdman III, devant une commission sénatoriale présidée par le sénateur Rand Paul, a levé le voile sur ce que ce lanceur d’alerte qualifie de dissimulation systématique concernant les origines du COVID-19. Selon ses déclarations, des analystes scientifiques de la CIA ont conclu à plusieurs reprises, dès 2020, que l’hypothèse d’une fuite de laboratoire était la plus probable. Ces conclusions ont pourtant été minimisées, enterrées ou écartées du récit officiel transmis au Congrès et au public.
Cette audition publique, tenue en 2026, met en lumière un système dans lequel un cercle restreint d’experts, de scientifiques et de responsables gouvernementaux influence les analyses du renseignement tout en présentant ses conclusions comme indépendantes. Ce témoin, un officier décoré ayant servi dans les Rangers et au département d’État avant de rejoindre la CIA en 2013, a dirigé une enquête au sein du groupe d’initiatives du directeur du renseignement national (DIG) entre mars 2025 et avril 2026.
Un cercle d’intérêts croisés
Le lanceur d’alerte a particulièrement insisté sur le rôle du BSAG (Biological Sciences Experts Group), un groupe d’experts en sciences biologiques placé sous l’égide du bureau du directeur du renseignement national. Officiellement chargé de fournir un avis scientifique externe sur les menaces biologiques, ce groupe compterait des membres présentant des conflits d’intérêts majeurs.
Parmi eux figurent des chercheurs comme le docteur Ralph Baric, qui a collaboré avec la scientifique chinoise Shi Zhengli à Wuhan pour créer des coronavirus à gain de fonction, ou Peter Daszak, dont l’organisation a reçu des centaines de millions de dollars du gouvernement américain pour des travaux similaires. Ces mêmes experts ont ensuite été consultés par les agences de renseignement sur les origines de la pandémie, alors même qu’ils pouvaient être impliqués dans les recherches ayant potentiellement conduit à l’émergence du virus.
Ce système engendre un cercle vicieux : le NIH accorde les subventions, la CIA consulte ces experts, les académies nationales publient leurs travaux, et les décideurs politiques invoquent ensuite un « consensus scientifique » qui, en réalité, n’a rien d’indépendant.
Le rôle central d’Anthony Fauci
Le témoignage désigne le docteur Anthony Fauci comme la figure centrale de ce réseau. Bien plus qu’un simple responsable de la santé publique, il entretenait des relations étroites avec l’appareil de sécurité nationale concernant les menaces biologiques, la recherche classifiée et la préparation aux pandémies.
Dès le début de la crise, le docteur Fauci a qualifié à de nombreuses reprises l’hypothèse d’une fuite de laboratoire de « théorie du complot ». Il a organisé une célèbre conférence téléphonique le 1er février 2020, au cours de laquelle plusieurs scientifiques ont exprimé en privé de sérieuses préoccupations quant à une origine liée à un laboratoire. Pourtant, ces mêmes chercheurs ont ensuite cosigné l’article Proximal Origin, qui écartait publiquement cette hypothèse.
L’un des auteurs de cet article a par la suite reçu une subvention de neuf millions de dollars de l’agence dirigée par Anthony Fauci, après avoir publiquement changé de position. Le lanceur d’alerte souligne que ce dernier a fourni aux instances du renseignement une liste d’experts triés sur le volet, souvent issus de son entourage ou du BSAG, exerçant ainsi une influence déterminante sur les analyses finales.
Des conclusions internes ignorées et des représailles
Selon James E. Erdman III, des analystes de la CIA ont rédigé plusieurs rapports internes entre 2020 et 2024 concluant qu’une fuite de laboratoire constituait l’explication la plus probable. Ces documents n’ont jamais été intégrés aux rapports officiels remis au Congrès. Leurs conclusions ont été modifiées tardivement, parfois lors de réécritures anonymes effectuées en pleine nuit, pour aboutir à un verdict d’« absence de conclusion ».
Les analystes ayant maintenu la thèse d’une fuite de laboratoire ont fait l’objet de représailles administratives. Le témoin insiste sur un point : il ne s’agit pas de corruption financière directe, mais d’une pression institutionnelle visant à aligner les analyses sur une ligne directrice prédéterminée privilégiant l’origine naturelle (zoonose).
Cette dissimulation aurait eu des conséquences majeures. Si le public avait su dès le début qu’un virus issu d’un laboratoire chinois pouvait être à l’origine de la pandémie, les politiques de santé publique, et notamment les autorisations d’urgence accordées aux produits à ARNm, auraient probablement été très différentes.
Une résistance persistante à la transparence
Malgré une loi adoptée à l’unanimité par le Congrès, exigeant la déclassification complète de toutes les informations relatives aux origines du COVID-19, l’administration Biden sortante a tardé à agir. Ce n’est qu’après l’élection de 2024 que la CIA a publié une évaluation, non pas sur la base de nouveaux renseignements, mais simplement pour clore le dossier.
Le témoin a également révélé que la CIA avait refusé de coopérer pleinement avec l’enquête du DIG, allant jusqu’à surveiller illégalement les ordinateurs et les téléphones des enquêteurs. Après la dissolution du groupe de travail, l’agence a même confisqué des boîtes entières de documents liés à l’assassinat de Kennedy et au projet MK-Ultra, lesquels étaient en cours de déclassification.
Les leçons d’un écosystème opaque
James E. Erdman III met en garde contre un écosystème dans lequel les frontières entre la santé publique, la biodéfense, la recherche universitaire, les financements gouvernementaux et le renseignement sont délibérément floues. Selon lui, ce système favorise la recherche à risque (gain de fonction) tout en rendant impossible une véritable supervision.
Il plaide pour une réforme en profondeur : un retour aux définitions strictes d’avant 2001 concernant la recherche à risque, un renforcement du contrôle parlementaire doté d’un véritable pouvoir de sanction (y compris la possibilité de suspendre les financements), et surtout, une protection effective des lanceurs d’alerte. Il suggère que les inspecteurs généraux des agences soient placés sous une autorité indépendante relevant directement de l’inspecteur général de la communauté du renseignement.
Le témoignage s’achève sur un constat accablant : après des millions de morts, des années d’apprentissage perdues pour les enfants, la destruction de petites entreprises et des atteintes aux libertés civiles, le gouvernement américain doit la vérité à son peuple. Cette dissimulation ne protège pas seulement des subventions de recherche, mais tout un réseau de laboratoires, de financements et d’infrastructures bureaucratiques conçu pour survivre à la moindre enquête.
Ce récit met en évidence les dérives d’un système dans lequel les experts ne sont pas toujours indépendants, où les conflits d’intérêts ne sont pas systématiquement déclarés, et où les voix dissidentes sont parfois étouffées au nom d’un prétendu consensus scientifique.
Source : Children’s Health Defense
