Alors que le SĂ©nat examine le projet de loi relatif Ă la fin de vie, des voix s’Ă©lèvent pour dĂ©noncer ce qui pourrait s’apparenter Ă une vĂ©ritable boĂ®te de Pandore. Éric Mercier, infirmier spĂ©cialisĂ© en hĂ©modialyse et formateur en ergonomie dans les EHPAD, livre une analyse glaçante des coulisses de ce texte. Entre influence de la franc-maçonnerie, rĂ©alitĂ© crue de la sĂ©dation profonde et spectre du trafic d’organes, son tĂ©moignage invite Ă la plus grande prudence face Ă ce qui est prĂ©sentĂ© comme une avancĂ©e sociĂ©tale.
La stratégie du « pied dans la porte » avouée par un franc-maçon
L’un des points les plus troublants concerne la mĂ©thode employĂ©e pour faire adopter cette loi. Jean-Louis Touraine, figure du progressisme mĂ©dical et membre du Grand Orient de France, a explicitement dĂ©taillĂ© cette stratĂ©gie lors d’une rĂ©union publique. L’objectif est clair : faire accepter une première loi restrictive pour l’Ă©largir ensuite.
Selon les propos rapportĂ©s, il s’agit d’obtenir « le plus possible » dans un premier temps, en sachant que les mineurs et les personnes atteintes de maladies psychiatriques, comme Alzheimer, ne seront pas inclus initialement. Une fois le principe actĂ© pour des maladies comme celle de Charcot, la porte sera ouverte pour revenir chaque annĂ©e et Ă©tendre le dispositif au nom de l’Ă©galitĂ©. Cette mĂ©thode progressive vise Ă contourner la « frilositĂ© » française sur ces questions Ă©thiques majeures.
La réalité effrayante de la sédation profonde
Au-delĂ du projet de loi actuel, Éric Mercier alerte sur les pratiques dĂ©jĂ en cours dans le cadre de la loi Claeys-Leonetti, notamment l’usage de la sĂ©dation profonde et continue. Il dĂ©nonce l’utilisation du midazolam, une molĂ©cule qui, lorsqu’elle est utilisĂ©e en soins palliatifs Ă fortes doses, en dehors des blocs opĂ©ratoires, provoquerait des effets terribles.
« Le Midazolam, Ă cause de son aciditĂ©, attaque le parenchyme pulmonaire… les poumons se mettent Ă transpirer de l’intĂ©rieur. La personne va mourir d’Ĺ“dème pulmonaire. C’est une mort par suffocation, par noyade. »
Cette description d’une agonie silencieuse, potentiellement accompagnĂ©e de cauchemars et d’hallucinations dues Ă l’ajout de scopolamine, contraste violemment avec l’image d’une mort douce et apaisĂ©e souvent vĂ©hiculĂ©e auprès du grand public. L’infirmier rappelle Ă©galement l’Ă©pisode du dĂ©cret Rivotril de mars 2020, utilisĂ© dans les EHPAD pour pallier la pĂ©nurie de midazolam, et qualifie ces actes d’euthanasie dĂ©guisĂ©e.
Vers une industrialisation de la mort et du prĂ©lèvement d’organes ?
L’aspect le plus inquiĂ©tant soulevĂ© par Éric Mercier est le lien potentiel entre l’euthanasie et le marchĂ© des organes. Il explique que la mort naturelle comporte une inconnue majeure : l’heure du dĂ©cès. Or, le monde des affaires et la logistique hospitalière ont horreur de l’incertitude. L’euthanasie permettrait de basculer dans une « gestion de flux » oĂą la date et l’heure de la mort sont programmĂ©es, facilitant grandement la logistique des prĂ©lèvements.
Il cite l’exemple de pays comme l’Espagne ou le Canada, oĂą les procĂ©dures d’euthanasie sont suivies de prĂ©lèvements d’organes. Des experts outre-Atlantique envisagent mĂŞme de prĂ©lever les organes sur des patients encore vivants, mais sous anesthĂ©sie totale, considĂ©rant l’anesthĂ©sie comme le dĂ©but de la mort sociale du patient.
Le protocole Maastricht 3 et la définition de la mort
En France, le protocole de Maastricht 3 autorise les prĂ©lèvements sur des donneurs dĂ©cĂ©dĂ©s après un arrĂŞt cardiaque contrĂ´lĂ© (suite Ă l’arrĂŞt des soins). Éric Mercier met en garde contre la fiabilitĂ© parfois relative du diagnostic de mort cĂ©rĂ©brale, citant des cas de patients dĂ©clarĂ©s cliniquement morts qui se sont rĂ©veillĂ©s après des examens complĂ©mentaires. Il souligne le risque de dĂ©rive qui consisterait Ă prĂ©lever des organes sur des personnes dont le dĂ©cès n’est pas absolument certain, poussĂ© par la demande constante de greffons.
L’affaire Kabile et l’ombre du trafic
Pour illustrer les dĂ©rives possibles, l’infirmier Ă©voque l’affaire Kabile. Cette femme, mère de famille, avait Ă©tĂ© retrouvĂ©e morte dans le sous-sol de l’ancien hĂ´pital de Gonesse, le corps portant des traces d’incisions et d’organes manquants, alors qu’elle avait Ă©tĂ© hospitalisĂ©e pour une raison mineure. Selon la famille, l’exhumation du corps, un an plus tard, aurait rĂ©vĂ©lĂ© un cercueil contenant un amas d’organes ne lui appartenant pas.
Cette affaire judiciaire, qui dure depuis 20 ans, jette une lumière crue sur l’existence possible de rĂ©seaux parallèles. Éric Mercier va mĂŞme jusqu’Ă analyser l’architecture du nouvel hĂ´pital de Gonesse, qui, vu du ciel, ressemble Ă©trangement Ă l’Homme de Vitruve, ce qui symbolise pour lui une vision de l’humain comme un rĂ©servoir de pièces dĂ©tachĂ©es.
Comment se protéger ?
Face Ă ces constats alarmants et Ă l’adoption progressive de lois telles que la loi Touraine de 2016 sur le consentement prĂ©sumĂ© au don d’organes ou la future loi sur l’euthanasie, Éric Mercier invite Ă la plus grande vigilance. Il rappelle que tout citoyen refusant que son corps soit utilisĂ© comme une banque d’organes par dĂ©faut doit impĂ©rativement s’inscrire sur le registre national des refus.
Selon cet expert de terrain, la convergence entre la volontĂ© politique d’Ă©largir l’accès Ă la mort assistĂ©e et les impĂ©ratifs Ă©conomiques de la gestion hospitalière dessine un avenir sombre pour l’Ă©thique mĂ©dicale et la protection des plus vulnĂ©rables.
Source : Tocsin







