Vertus des plantes médicinales

Petit Lexique

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Pour savoir utiliser les plantes, il faut d’abord connaitre leurs propriétés. Chaque plante peut avoir plusieurs vertus qui se superposent, ce qui rend les choses un peu compliquées au départ. La clé réside, au long terme, dans le bon alignement des vertus par rapport aux déséquilibres de la personne.
Le but de cet article n’est pas de catégoriser toutes les plantes (la liste n’est pas exhaustive), mais seulement de vous familiariser avec les propriétés principales, car vous entendrez ces termes utilisés de nombreuses fois dans les articles et les livres.

Adaptogène

Les plantes adaptogènes agissent sur l’axe hypophyse-hypothalamus-surrénales afin de calmer le stress chronique et de rebâtir la personne épuisée par le stress. Elles sont indispensables à l’heure actuelle, mais présentent aussi le piège suivant : donner assez d’énergie à la personne pour s’approcher au bord du gouffre (le burn-out), sans se remettre en question. Elles commencent à s’exprimer en général au bout de 3 à 4 semaines d’utilisation continue.

  • Ginseng (Panax ginseng), rouge (Kirin, Shiu-Chiu) ou blanc
  • Eleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus)
  • Codonopsis (Codonopsis pilosula) “dangshen
  • Schisandra (Schisandra chinensis)
  • Tulsi (Ocimum sanctumO. gratissimum)
  • Ashwagandha (Withania somnifera)
  • Salsepareille (Smilax aspera), racine

Amère

Tant de choses à dire sur les plantes amères. Nos ancêtres en étaient friands. Aujourd’hui, dans un monde sucré/salé, les toniques amers ont quasiment disparus. Ils tonifient le système digestif : bouche, estomac, pancréas, foie, vésicule biliaire. Ils agissent à la fois sur la tonicité des muscles lisses, et sur les sécrétions enzymatiques. Ils améliorent l’absorption et donc la nutrition de la personne souffrant d’une digestion atonique. Les plantes amères se prennent en général avant le repas.

  • Gentiane (Gentiana lutea), reine des amères
  • Centaurée (Centaurea montana)
  • Artichaut (Cynara scolymus), la feuille et non la fleur
  • Acore odorant (Acorus calamus)
  • Ményanthe (Menyanthes trifoliata)
  • Chicorée (Cichorium intybus)
  • Marrube (Marrubium vulgare)

Analgésique

Les plantes analgésiques calment la douleur. Dans les cas de douleurs chronique, la personne recherche au travers de ces plantes un peu de répit afin de trouver les causes véritable du problème. Les analgésiques contiennent souvent des salicylates, réduisant la production de prostaglandines et donc la douleur. Ces plantes n’ont pas les désavantages de l’aspirine (ulcération des muqueuses de l’estomac par exemple). D’autres analgésique sont fortement anti-inflammatoires. Pour les fortes douleurs, ces plantes sont en général prises dans des doses conséquentes.

  • Reine des prés (Filipendula ulmaria)
  • Saule blanc (Salix alba)
  • Peuplier (Populus spp.), bourgeons
  • Piment (Capsicum spp.), en tant qu’inhibiteur de la substance P
  • Gingembre (Zingiber officinale)

Anti-inflammatoires

Une catégorie bien vaste, utilisée pour calmer l’inflammation aigüe ou chronique. Ces plantes sont soit prises en interne, soit appliquées d’une manière locale, soit les deux. Elles calment souvent la cascade chimique responsable du processus inflammatoire (prostaglandines, leucotriènes, thromboxanes, etc). Les plantes analgésiques présentées plus haut sont elles aussi anti-inflammatoires.

  • Curcuma (Curcuma longa), dose adaptée à la situation
  • Gingembre (Zingiber officinale), dose adaptée à la situation
  • Réglisse (Glycyrrhiza glabra, G. uralensis), potentie l’action du cortisol
  • Plantain (Plantago lanceolata, P. major), pour la peau et les muqueuses
  • Souci (Calendula officinalis), pour la peau et les muqueuses

Antiseptique

Lors d’une infection, il est toujours préférable de se reposer sur les défenses de l’individu et de restaurer un système immunitaire déficient. Mais il faut parfois avoir recours aux plantes pour affecter directement les virus, bactéries et autres pathogènes. Les antiseptiques peuvent être appliquées directement sur une plaie en cataplasme, en compresse d’infusion concentrée, ou en macérât alcoolique dilué.

  • Thym (Thymus officinalis)
  • Romarin (Rosmarinus officinalis)
  • Origan (Origanum vulgare), et autres aromatiques
  • Genièvre (Juniperus communis), excellent contre les pathogènes résistants aux antibiotiques, feuilles et fruits
  • Epine-vinette (Berberis vulgaris)
  • Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
  • Usnée (Usnea spp.)
  • Ail (Allium sativum)

Antispasmodique

Lorsque les muscles travaillent trop, ou lorsqu’ils ont subi un traumatisme, ils se contractent et provoquent une crampe ou une contracture. La crampe peut toucher les muscles squelettiques ou lisses. Une contracture peut être douloureuse ou diminuer la mobilité de la personne (torticolis par exemple). Les plantes antispasmodiques vont aider le muscle à se relaxer, soulageant ainsi douleur et inconfort et redonnant de la mobilité. Lorsque la crampe est forte, il faut souvent augmenter progressivement les doses, et prendre la plante à intervalles réguliers.

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  • Pavot de californie (Eschscholzia californica), muscles lisses et squelettiques
  • Valériane (Valeriana officinalis), muscles lisses et squelettiques
  • Scutellaire (Scutellaria lateriflora), muscles lisses et squelettiques
  • Matricaire (Matricaria recutita), muscles lisses
  • Mélisse (Melissa officinalis), muscles lisses
  • Viorne aubier (Viburnum opulus), muscles lisses et squelettiques
  • Igname (Dioscorea villosa), muscles lisses
  • Kava (Piper methysticum), muscles lisses et squelettiques
  • Passiflore (Passiflora incarnata), muscles squelettiques

L’acide tannique, responsable de l’effet astringent, nous “tanne le cuir” – peau et muqueuses inclus. Lorsque ces surfaces sont enflammées, boursoufflées, rouges et suintantes, l’astringence resserre les tissus, ramène l’intégrité initiale, et calme l’inflammation. Les astringents sont aussi les plantes principales à utiliser en cas de diarrhée incontrôlée. Le goût astringent en bouche est caractéristique : langue et autres muqueuses buccales pâteuses, sèches, comme recouvertes d’une couche râpeuse.

  • Chêne (Quercus spp.), la feuille, l’écorce et les branchettes
  • Hamamelis (Hamamelis virginiana)
  • Pimprenelle (Sanguisorba minor)
  • Framboisier (Rubus idaeus), la feuille
  • Aigremoine (Agrimonia eupatoria), Alchémille (Alchemilla vulgaris) et autres Rosaceae
  • Busserole (Arctostaphylos uva ursi)
  • Vigne rouge (Vitis vinifera), la feuille

Dépurative

Les plantes dépuratives, aussi appelées altératives, tonifient les canaux d’élimination du corps. Assailli par l’ingestion constante de toxines, le foie, la peau, les reins et le système lymphatique sont souvent les premiers à se fatiguer. Lorsque la personne semble montrer des signes de congestion et de ralentissement des organes d’élimination, les dépuratives s’impose. Les classiques se concentrent sur le foie, avec toujours un effet diurétique plus ou moins important. Certaines feront un meilleur travail au niveau de la peau, ou du système lymphatique (voir section “Lymphatiques”).

Les dépuratives principales :

  • Pissenlit (Taraxacum officinale), la racine pour le foie principalement, la feuille pour son effet diurétique
  • Bardane (Arctium lappa, A. minor), la racine ou la graine, la feuille en tonique amer
  • Fumeterre (Fumaria officinalis), avec une action marquée sur l’axe hépatobiliaire
  • Tilleul (Tilia platyphyllos), aubier, foie et reins
  • Romarin (Rosmarinus officinalis), foie et reins
  • Ortie (Urtica dioica, U. urens), élimination des déchets au niveau des articulations

Cardiotonique

Les plantes cardiotoniques douces ont en général un effet tonique sur le coeur et agissent au long terme. Elles augmentent la force des contractions cardiaques, et diminuent le rythme des battements. Elles améliorent aussi l’apport de sang au coeur au travers des artères coronaires. Elles peuvent interagir avec les médicaments prescrits pour les problèmes de coeur (bêtabloquants, anticoagulants, etc).

  • Aubépine (Crataegus monogyna)
  • Agripaume (Leonurus cardiaca)
  • Tilleul (Tilia platyphyllos), fleurs
  • Marrube (Marrubium vulgare)

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