
En réaction à la montée des remises en question concernant les politiques sanitaires, Emmanuel Macron vient de déployer ce qui est présenté comme une « tentative désespérée » face au vent de contestation qui souffle sur la gestion du Covid-19 et des campagnes vaccinales. Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement tendu, avec plusieurs échéances importantes prévues en septembre.
Une mission controversée contre la « désinformation »
Le 27 août, Yannick Neuder, ministre provisoire de la Santé, a annoncé sur son compte X la création d’une mission spéciale. Dans son message, il déclare : « La désinformation en santé met en danger nos concitoyens. J’ai confié une mission au professeur Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et au docteur Hervé Maisonneuve pour mettre en œuvre les engagements pris en avril et bâtir une politique ambitieuse de lutte contre ce fléau. »
Cette annonce fait suite à un colloque organisé le 16 avril dernier au ministère de la Santé sur la lutte contre la désinformation en matière de santé, où plusieurs personnalités étaient présentes.
Cinq chantiers pour une stratégie globale
Selon le site officiel du ministère de la Santé, cette mission s’articule autour de cinq axes principaux :
- La création d’un observatoire national de la désinformation en santé avec des baromètres publics
- Une implication renforcée des plateformes numériques en cohérence avec le Digital Service Act européen pour lutter contre les « fake news sanitaires »
- Un programme national d’éducation critique à la santé incluant une composante scolaire et la mobilisation d’influenceurs
- Une stratégie d’influence publique via un réseau d’ambassadeurs scientifiques agréés par le ministère et le soutien aux médias de « fact-checking »
- Le renforcement des outils institutionnels avec formation des communiquants publics et système d’alerte rapide
Les profils du trio désigné
Mathieu Molimard
Ce professeur s’est particulièrement illustré par ses positions contre le professeur Didier Raoult. Il a coordonné en janvier 2024 une étude française attribuant 17 000 décès dans six pays à l’hydroxychloroquine, dont 199 en France. Cependant, cette étude a été rétractée par la revue Biomedicine and Pharmacotherapy le 26 août 2024. Il avait également déclaré en mars 2021 qu’il n’y avait « pas de signal inquiétant sur AstraZeneca », vaccin qui a été par la suite interdit dans de nombreux pays.
Dominique Costagliola
Épidémiologiste très médiatisée pendant la crise Covid-19, elle s’est distinguée par des positions strictes. Elle avait notamment déclaré sur BFM le 12 juillet 2021 qu’il fallait « mettre à l’écart, voire licencier les soignants non vaccinés Covid car ils exposent les patients à la maladie ». Elle avait également plaidé pour la vaccination des enfants contre le Covid-19 sur RMC le 6 décembre 2021 et prôné un confinement total en France le 26 mars 2021.
Hervé Maisonneuve
Moins connu médiatiquement, il est présenté comme spécialiste de la rédaction médicale et intervient moins fréquemment dans les débats publics.
Une stratégie assumée de contrôle de l’information
Dans une interview accordée à L’Express, le trio assume clairement ses intentions de censure. Ils déclarent notamment : « Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer le PDG de YouTube qui indiquait que l’Agence nationale de sécurité du médicament pourrait leur signaler de fausses informations, leur demander d’enlever des vidéos. Ce genre de choses serait intéressant à développer, à structurer, à formaliser. »
Ils s’attaquent également à ceux qui remettent en question les vaccins, évoquant un « schéma binaire antivax/provax » et critiquent même la promotion de compléments alimentaires. Le trio reconnaît que « les campagnes de vaccination sont un échec complet » concernant HPV, grippe et Covid-19.
Un contexte international défavorable
Cette initiative intervient alors que Robert Kennedy Junior, nouveau ministre américain de la Santé, a annoncé l’arrêt de toutes les recherches sur les vaccins contre la grippe, le Covid et la grippe aviaire à ARN messager. Il a également dissous le comité fédéral de vaccination américain et retiré l’autorisation d’urgence pour les injections contre le Covid aux États-Unis.
Par ailleurs, un rapport du Congrès américain paru fin juillet s’est montré critique envers le Digital Service Act européen, considéré comme un outil de censure.
Cette mission gouvernementale apparaît donc comme une réaction face à la remise en question croissante des politiques sanitaires officielles et à la perte d’efficacité des campagnes d’injection en France, dans un contexte où le débat sur la liberté d’expression et la censure prend de l’ampleur.
Source : FLORIAN PHILIPPOT
