3 plantes que vous ne devez plus arracher !

3 plantes que vous ne devez plus arracher !

Dans de nombreux jardins et espaces verts, certaines plantes considérées comme de simples « mauvaises herbes » regorgent en réalité de vertus insoupçonnées. Souvent arrachées par méconnaissance, ces plantes possèdent de remarquables propriétés médicinales utilisées à travers le monde, notamment dans les Caraïbes, en Afrique ou encore en Amérique tropicale. Cet article met en lumière trois de ces plantes : la Malnommée (Euphorbia hirta), la Grenn anba fey (Phyllanthus amarus) et l’Herbe aiguille (Bidens pilosa). Découvrez comment les reconnaître, leurs utilisations traditionnelles et pourquoi elles méritent une place de choix dans votre jardin.

La Malnommée : un trésor thérapeutique méconnu

Originaire d’Afrique, la Malnommée se développe spontanément à basse altitude dans les régions tropicales et subtropicales. Elle est particulièrement présente dans les Caraïbes, où elle pousse abondamment, souvent perçue comme une mauvaise herbe. Pourtant, cette plante possède des usages médicinaux anciens et variés.

Reconnaître la Malnommée

La Malnommée se distingue par ses petites fleurs et la présence d’un latex blanc lorsqu’on coupe sa tige. Ce lait végétal est un bon indicateur d’identification, à différencier d’autres espèces proches qui n’en produisent pas.

Usages médicinaux traditionnels

  • Dans les Caraïbes, le latex de la tige était appliqué dans l’œil pour traiter les taies de la cornée.
  • Depuis 1985, cette plante est inscrite à la pharmacopée africaine.
  • Elle est employée comme antidysentérique, anti-diarrhéique, anti-asthmatique, diurétique et cholagogue.
  • On l’utilise aussi pour lutter contre la grippe, la fièvre, la rougeole, l’asthme spasmodique, les bronchites chroniques, la dysenterie, les calculs biliaires et rénaux.
  • Des applications répétées de latex sont recommandées pour sécher les verrues.
  • L’infusion de la plante aide à faire tomber la fièvre et à lutter contre la rétention d’urine.
  • Elle est réputée pour réguler les règles trop abondantes chez la femme, et soulager les douleurs menstruelles.
  • Utilisée également contre les maux de dents et les infections des gencives.

Pour profiter de ses bienfaits, la Malnommée peut être mâchée fraîche ou préparée en infusion à partir de l’ensemble de la plante. Sa richesse en propriétés antibactériennes en fait un allié précieux pour soutenir les défenses immunitaires.

Grenn anba fey : la « graine-en-bas-feuille » aux multiples vertus

Le Phyllanthus amarus, appelé Grenn anba fey ou « graine-en-bas-feuille », tire son nom de la disposition caractéristique de ses fruits situés sous les feuilles. Reconnue dans de nombreuses pharmacopées, cette plante est notamment utilisée en médecine ayurvédique depuis plus de mille ans.

Identifier la Grenn anba fey

Les feuilles de cette plante se referment le soir ou lorsqu’il pleut, rappelant la sensitive. Pour la reconnaître, observez la présence de petites graines logées sous chaque feuille. On distingue plusieurs variétés, mais la version blanche est privilégiée pour ses usages médicinaux.

Propriétés thérapeutiques et usages traditionnels

  • Infusion ou décoction des parties aériennes pour traiter la fièvre persistante, la malaria, la diarrhée, la dysenterie, les maux d’estomac et la jaunisse.
  • La plante est considérée comme fébrifuge, diurétique, cholagogue et parfois abortive dans certaines traditions caribéennes.
  • Au Suriname, la plante entière est bouillie ou macérée dans du rhum pour préparer le « BITA », consommé pour purifier le sang ou prévenir certaines maladies.
  • Le jus de feuilles sert à traiter les otites et s’applique sur plaies, abcès ou blessures.
  • En Ouganda, les parties aériennes broyées sont appliquées en cataplasme pour soigner les morsures de serpent.
  • La plante est aussi utilisée en bain pour apaiser la rougeole.
  • Chez la femme, une pâte de feuilles sert à la préparation de suppositoires pour traiter les aménorrhées.

Préparations courantes

  • Pour un effet diurétique et cholagogue : Buvez un litre d’infusion par jour réalisée avec 30 g de tiges feuilletées par litre d’eau.
  • Pour faire baisser la fièvre : Buvez trois tasses par jour d’infusion à 30 g/L des parties aériennes.
  • En cas de diarrhée : Même dosage que ci-dessus, trois tasses quotidiennes de l’infusion de parties aériennes.

La Grenn anba fey est également réputée pour ses effets sur les maladies virales, notamment l’herpès, et pour son action sur le « nettoyage » du sang. Son usage doit cependant rester prudent, en particulier pour ses propriétés abortives traditionnelles.

Herbe aiguille : une plante polyvalente pour toute la famille

L’Herbe aiguille, Bidens pilosa, est originaire d’Amérique tropicale, mais s’est largement répandue dans les régions chaudes et humides. Elle est souvent arrachée à tort alors qu’elle constitue une ressource médicinale précieuse.

Reconnaître l’Herbe aiguille

Cette plante se distingue par ses petites feuilles et ses fleurs jaunes en forme d’aiguille. Les feuilles sont fines, la fleur centrale bien visible et, à maturité, les fruits prennent l’apparence de petites aiguilles noires qui s’accrochent aux vêtements.

Usages traditionnels et bienfaits

  • Le jus des feuilles écrasées était utilisé par les Indiens Caraïbes pour soulager les yeux irrités ou enflammés.
  • L’infusion des feuilles combat les refroidissements.
  • L’infusion de la plante entière est réputée pour ses propriétés antidysentériques et pour soulager les douleurs gastro-intestinales.
  • Employée en Martinique contre le diabète et comme diurétique.
  • La plante entière pilée en emplâtre soulage maux de tête, contusions et entorses.
  • Son action antiseptique et cicatrisante est utilisée pour soigner les plaies superficielles.
  • La décoction des racines et feuilles entre dans la composition de lavements antihémorroïdaires.
  • À Porto Rico, elle est citée comme emménagogue.
  • Les feuilles, mâchées ou utilisées en gargarisme, apaisent les aphtes buccaux.
  • Elle est également bénéfique dans le traitement de l’herpès.

Comment l’utiliser ?

  • Pour les douleurs menstruelles, utilisez une petite poignée de fleurs jaunes en infusion et buvez la préparation.
  • Pour les infections buccales, mastiquez les feuilles ou faites-en un gargarisme.
  • Pour les plaies superficielles, appliquez la plante entière pilée directement sur la zone concernée.

Grâce à ses multiples propriétés antibactériennes, antiseptiques, anti-inflammatoires et cicatrisantes, l’Herbe aiguille s’avère utile dans de nombreux maux quotidiens.

Pourquoi préserver ces plantes ?

La Malnommée, la Grenn anba fey et l’Herbe aiguille sont des exemples parfaits de plantes souvent négligées mais dotées de vertus remarquables. Leur emploi traditionnel, validé par l’expérience de nombreuses cultures, montre qu’elles peuvent rendre de précieux services pour la santé. Avant de les arracher, il est donc judicieux d’apprendre à les reconnaître et à les utiliser à bon escient, en respectant les dosages et précautions d’usage.

Source : Les jardins de Nini