Vaccins retirés du marché : le pire reste à venir ! – Alexandra Henrion Caude

Retraits de vaccins et nouvelles stratégies : analyse critique des récents bouleversements pharmaceutiques

En l’espace de quelques semaines au printemps 2024, le paysage vaccinal mondial a connu des bouleversements majeurs qui méritent une analyse approfondie. Entre retraits officiels, révélations embarrassantes et nouveaux investissements massifs, ces événements brossent un portrait complexe de l’industrie pharmaceutique post-Covid.

Une série d’événements révélateurs

Le 3 mai 2024, le New York Times a publié un dossier exceptionnel de 29 pages, fruit d’une enquête journalistique d’un an sur les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19. Cette enquête a mis en lumière les témoignages de nombreuses victimes d’effets indésirables, ainsi que les déclarations de responsables sanitaires américains reconnaissant les défaillances du système de surveillance. Parmi les révélations les plus marquantes, on compte l’aveu de Janette Woodcock, ancienne dirigeante de la FDA, qui a déclaré être « déçue d’elle-même » et avoir « l’impression de ne pas avoir bien réagi » face aux effets graves qui « changeaient la vie » des patients.

L’enquête révèle également l’existence de 13 000 réclamations non traitées pour blessures liées aux vaccins, un chiffre qui témoigne des lacunes du système conçu pour soutenir les personnes affectées. Toutefois, le titre de l’article suggère que des milliers de personnes « croient » avoir été blessées par les vaccins, une formulation qui minimise la réalité des données disponibles dans les bases de données mondiales, où les effets secondaires se comptent plutôt en centaines de milliers, voire en millions.

Les retraits d’AstraZeneca et Sanofi

Le 7 mai, le laboratoire AstraZeneca a officiellement retiré son vaccin Vaxzevria du marché mondial. Officiellement, cette décision est justifiée par la baisse des ventes et l’excédent d’offre par rapport à la demande. Officieusement, ce retrait coïncide toutefois avec une action collective importante devant la Haute Cour de justice britannique, dans laquelle le vaccin est impliqué dans au moins 81 décès dus à des effets secondaires rares, mais potentiellement mortels.

Selon des documents judiciaires révélés par le journal The Telegraph, AstraZeneca aurait reconnu un lien juridique avec certains effets secondaires, ce qui pourrait ouvrir la voie à des dédommagements pour les familles touchées. Des études récentes ont confirmé que les vaccins à vecteur viral, comme celui d’AstraZeneca, étaient associés à des risques de myocardite et d’inflammation cardiaque, notamment chez les jeunes adultes.

Trois jours plus tard, le 10 mai, Sanofi a annoncé à son tour l’abandon de son vaccin contre le Covid-19, invoquant également des raisons commerciales. Le groupe français a désormais décidé de commercialiser le vaccin américain Novavax et projette de le combiner avec les vaccins contre la grippe, révélant ainsi les nouvelles stratégies de l’industrie pharmaceutique.

Questions sur la contamination par l’ADN

Les vaccins à ARN messager suscitent également de plus en plus de préoccupations scientifiques. Des études récentes ont en effet révélé la présence de quantités élevées d’ADN plasmidique résiduel dans les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna, avec des concentrations potentiellement supérieures aux seuils autorisés. Cette contamination par l’ADN soulève des questions quant aux processus de purification lors de la fabrication et aux risques potentiels pour les personnes vaccinées.

La production d’ARN messager nécessite l’utilisation de matrices d’ADN qui doivent être en partie éliminées, mais les méthodes de quantification actuelles pourraient sous-estimer la présence de ces impuretés. Ces découvertes remettent en question la pureté des vaccins à ARN messager et leurs éventuelles conséquences sur l’organisme.

Investissements massifs et repositionnement stratégique

Paradoxalement, malgré ces retraits, les laboratoires pharmaceutiques annoncent des investissements considérables. Lors du 7ème sommet « Choose France », Emmanuel Macron a obtenu des engagements financiers importants : Pfizer promet 500 millions d’euros d’investissement, avec une attention particulière portée à l’oncologie, tandis qu’AstraZeneca annonce 388 millions de dollars pour développer sa production dédiée aux maladies respiratoires.

De son côté, Sanofi investit près de 500 millions d’euros pour construire à Neuville-sur-Saône la « première usine évolutive de bioproduction au monde » pour des médicaments et vaccins à ARN messager. Ces investissements révèlent un repositionnement stratégique vers de nouvelles technologies, comme les nanoparticules lipidiques et les adjuvants innovants.

Microsoft rejoint également cette dynamique d’investissement en France avec 4 milliards d’euros annoncés, illustrant la convergence entre les géants de la technologie et de la pharmacie dans le domaine de la santé numérique.

Le cas particulier des patients à risque

La situation des patients immunodéprimés, notamment ceux atteints de myélome multiple, illustre la complexité des enjeux liés à la vaccination. Les recherches montrent en effet que ces patients présentent une réponse immunitaire diminuée aux vaccins contre le Covid-19, ce qui les expose à un risque accru d’infections, même s’ils sont complètement vaccinés.

Cette réalité soulève des questions importantes sur l’efficacité vaccinale dans les populations vulnérables et sur la nécessité d’adapter les stratégies de prévention. Le cas de Colin Powell, décédé après avoir reçu sa troisième dose alors qu’il souffrait d’un myélome multiple, illustre cette problématique complexe dans laquelle il devient difficile de distinguer les effets de la maladie de ceux du traitement.

Vers une médecine de plus en plus technologique

Ces développements s’inscrivent dans une logique plus large de technologisation croissante de la médecine. L’alliance entre Sanofi et Novavax, promue par l’OMS depuis octobre 2021 pour l’Afrique, témoigne d’une stratégie de santé publique globale axée sur les nouvelles technologies vaccinales.

La France semble devenir un terrain d’expérimentation privilégié pour ces innovations. Pfizer y conduira des essais cliniques sur le myélome multiple sous la supervision de la FDA, une première pour l’agence américaine qui accepte de délocaliser ses contrôles. Cette évolution soulève des interrogations quant aux motivations réelles de ce choix géographique.

L’enjeu de l’information et de la transparence

Un aspect préoccupant de cette évolution est l’accès à l’information. Plusieurs pays, dont l’Écosse, ont restreint l’accès du public aux données sanitaires stratifiées selon le statut vaccinal, officiellement pour éviter leur « mauvaise utilisation » par les opposants aux vaccins. Cette restriction de la transparence complique l’évaluation objective des politiques sanitaires.

L’invisibilisation progressive de certaines voix scientifiques critiques, y compris dans les résultats de recherche en ligne, soulève également des questions quant à la liberté du débat scientifique. Cette censure indirecte limite la possibilité d’un examen approfondi des données et des enjeux sanitaires.

Vers une reconfiguration du paysage vaccinal

Les événements récents suggèrent moins un abandon de la stratégie vaccinale qu’une reconfiguration vers de nouvelles technologies et marchés. Les retraits d’AstraZeneca et de Sanofi s’accompagnent d’investissements massifs dans des plateformes plus avancées, notamment l’ARN messager et les nanoparticules lipidiques.

Cette transition technologique s’opère dans un contexte où les questions de sécurité et d’efficacité sont encore largement débattues au sein de la communauté scientifique, tandis que les décisions industrielles et politiques semblent déjà actées. L’enjeu sera de maintenir un équilibre entre innovation thérapeutique et vigilance sanitaire dans un environnement où l’accès à l’information indépendante devient de plus en plus difficile.

Source : Tocsin