Vaccins et effets secondaires : l’omerta du système de santé dénoncée

Vaccins et effets secondaires : l'omerta du système de santé dénoncée

La pharmacovigilance, pilier essentiel de la sécurité sanitaire, traverse une crise profonde en France. Amine Umlil, pharmacien hospitalier, juriste en droit de la santé et auteur, dresse un constat alarmant de la situation actuelle. Autrefois fondée sur le principe de précaution, la gestion des risques médicamenteux semble aujourd’hui entravée par une opacité institutionnelle et une répression féroce des lanceurs d’alerte.

Le dévoiement de l’alerte sanitaire

Historiquement, le système de pharmacovigilance reposait sur une règle simple : au moindre doute sur la dangerosité d’un produit, celui-ci était retiré du marché pour protéger les patients. Selon Amine Umlil, ce paradigme a radicalement changé avec l’arrivée des vaccins contre la Covid-19. Bien que les fabricants eux-mêmes reconnaissent l’existence de risques sérieux et graves, aucune mesure de retrait préventif n’a été prise.

Pire encore, le signalement est devenu un acte périlleux. Les professionnels de santé qui tentent d’exercer leur devoir d’alerte s’exposent à de lourdes sanctions. Amine Umlil en a lui-même fait les frais. Responsable d’un centre d’information du public et de pharmacovigilance, il a été sanctionné pour avoir simplement accompli les missions pour lesquelles il était mandaté et rémunéré. Aujourd’hui, il se heurte à un mur judiciaire, le Conseil d’État refusant systématiquement d’examiner ses recours sur le fond.

L’opacité troublante des rapports officiels

L’accès à une information transparente est la base de toute vigilance sanitaire. Pourtant, les récents rapports publiés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) soulèvent de graves interrogations. Amine Umlil dénonce la publication de documents littéralement caviardés, où des pans entiers d’informations sont masqués au marqueur noir.

Parmi les données censurées figurent le volume des ventes des médicaments ou encore l’âge des patients. Ces dissimulations sont d’autant plus incompréhensibles qu’elles ne relèvent d’aucune confidentialité légitime. Le volume des ventes est une donnée cruciale : il permet de mesurer l’exposition de la population à un produit et, par conséquent, de calculer la fréquence et le pourcentage des effets indésirables. Sans ces chiffres, il devient impossible d’évaluer objectivement la balance bénéfice-risque d’un traitement.

L’omerta française face aux effets secondaires

Alors que dans d’autres pays, comme les États-Unis, de nombreux rapports effrayants émergent concernant les effets secondaires des injections contre la Covid-19, la France semble figée dans le déni. Le sujet est devenu tabou. Les autorités sanitaires donnent l’impression de vouloir tourner la page, mais comme le souligne le pharmacien, il est impossible d’avancer sans solder les comptes de ces cinq dernières années de gestion de crise.

La non-prise en compte des réclamations des patients victimes d’effets indésirables traduit une défaillance majeure du système de qualité sanitaire. Découvrir a posteriori que son consentement a été vicié par manque d’informations fiables constitue, selon Amine Umlil, une véritable violence institutionnelle.

La responsabilité des professionnels et des patients

Face à ces dysfonctionnements, le rôle des professionnels de santé est plus que jamais remis en question. Les scandales sanitaires ne sont pas nouveaux. Déjà en 2017, Amine Umlil rappelait que les défaillances du circuit du médicament causaient environ 20 000 décès par an en France, dont la moitié serait évitable. Ces drames sont souvent liés à des défauts d’organisation et à des conflits d’intérêts.

Les pharmaciens hospitaliers et les médecins ont l’obligation légale et déontologique de se former en continu. Un professionnel qui ne consacre pas au moins huit heures par semaine à s’informer est rapidement dépassé. Ils possèdent les outils nécessaires pour analyser de façon critique l’arrivée d’un nouveau médicament sur le marché et ne devraient pas se laisser tromper par le discours commercial des laboratoires.

Parallèlement, les patients doivent devenir acteurs de leur propre santé. S’il est naturel de faire confiance à son médecin, cette confiance ne doit pas être aveugle. Il est impératif de vérifier les informations et de cultiver un esprit critique face aux traitements proposés.

De la pharmacovigilance à la thanatovigilance

L’actualité législative soulève de nouvelles inquiétudes éthiques, notamment avec la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Amine Umlil a récemment publié un ouvrage sur ce sujet, soulignant le changement anthropologique radical que cela implique pour les soignants. Les pharmaciens pourraient être amenés à préparer des substances létales, détournant leur métier de sa vocation première : prévenir, traiter et guérir.

Cette évolution soulève une question vertigineuse : que se passera-t-il si la préparation létale échoue et que le patient ne décède pas ? Faudra-t-il créer un système de signalement pour déclarer l’inefficacité du produit ? C’est ce que l’auteur nomme ironiquement la thanatovigilance. Il rappelle toutefois aux professionnels de santé que le texte de loi n’oblige personne à participer à ce processus qui heurte de plein fouet l’interdit pénal et anthropologique de donner la mort.

Pour approfondir ces réflexions, Amine Umlil anime un bulletin d’information mensuel destiné aux professionnels et aux citoyens désireux de comprendre les enjeux du droit de la santé. Il participera également à une conférence organisée par l’association Le Droit aux Soins sur le thème des soins palliatifs, prévue le 18 avril 2026 à Chartres.

Source : Tocsin