Hugo Clément recadre ses détracteurs après les attaques à l’Assemblée nationale

Récemment convoqué devant une commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale pour justifier son travail journalistique, Hugo Clément a fait l’objet de vives attaques alors qu’il n’était pas présent pour se défendre. Face à ces accusations, le journaliste a décidé de prendre la parole pour déconstruire, point par point, les fausses informations relayées par certains responsables politiques et éditorialistes.

Le contexte et les protagonistes de l’offensive

Pour bien comprendre la situation, il est essentiel de situer les personnes à l’origine de ces critiques. Les échanges se sont déroulés sous l’égide de Jérémy Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Parmi les principaux détracteurs, on retrouve François de Rugy. Cet ancien ministre de l’Écologie et ex-président de l’Assemblée nationale — qui avait dû démissionner suite à l’affaire des homards servis aux frais du contribuable — est aujourd’hui un élu local des Pays de la Loire, connu pour ses prises de position régulières en faveur de l’agriculture intensive et des pesticides.

À ses côtés dans cette rhétorique, la journaliste Géraldine Woessner, coutumière des attaques visant à décrédibiliser les scientifiques qui travaillent sur la dangerosité des pesticides.

Le financement de Vakita et le supposé scandale du Groenland

Lors de son intervention, François de Rugy a feint l’ignorance concernant le financement du média indépendant Vakita, allant jusqu’à sous-entendre que l’argent public de France Télévisions aurait pu servir à financer un déplacement au Groenland pour soutenir Paul Watson, le célèbre fondateur de Sea Shepherd.

La réponse est pourtant simple et totalement transparente : Vakita est un média financé exclusivement par ses abonnés. Le voyage au Groenland pour documenter l’emprisonnement du défenseur des baleines a été intégralement pris en charge par les fonds du média, et donc par le soutien direct de ses lecteurs, sans le moindre centime d’argent public.

Militantisme, véganisme et soutien au monde paysan

Une autre accusation récurrente consiste à qualifier le travail d’Hugo Clément de démarche militante, en affirmant de manière insidieuse qu’il serait végan et opposé par principe à l’élevage.

Ces affirmations sont factuellement fausses. Le journaliste précise qu’il n’est pas végan — bien qu’il respecte ce choix de vie — et qu’il n’est absolument pas contre l’élevage. Au contraire, une grande partie de son travail de terrain consiste à donner la parole et à soutenir les éleveurs qui se battent pour une agriculture paysanne et traditionnelle, face au rouleau compresseur de l’industrie agroalimentaire. Le média a d’ailleurs organisé des levées de fonds pour sauver des fermes biologiques en difficulté, prouvant par des actes concrets son engagement aux côtés des paysans français.

Déforestation importée et énergies faussement vertes : les faits dérangent

François de Rugy s’est également agacé de plusieurs enquêtes diffusées dans l’émission Sur le Front :

  • Le soja brésilien : L’ancien ministre reproche au journaliste d’avoir souligné que le soja cultivé en Amazonie, responsable d’une déforestation massive, est importé pour nourrir les animaux de certains élevages français. Il ne s’agit pourtant pas d’une opinion, mais d’une réalité factuelle que personne ne peut sérieusement contester.
  • La biomasse : Concernant la centrale de Gardanne, convertie du charbon au bois, François de Rugy s’est offusqué d’entendre que brûler du bois pouvait être pire que le charbon. Pourtant, les données du CITEPA (une association d’experts indépendants dont les chiffres font référence pour le ministère de l’Écologie) sont formelles : la combustion du bois pour l’électricité dégage davantage de CO2, de particules fines, de méthane, de dioxines et de furanes que le charbon.

La vérité sur les antibiotiques dans l’élevage de lapins

L’attaque la plus frontale est venue de Géraldine Woessner, qui a affirmé avec aplomb que l’usage des antibiotiques serait interdit en élevage et qu’un animal ayant reçu des médicaments ne pourrait jamais être commercialisé.

Ces deux affirmations sont totalement fausses :

  • L’usage massif perdure : Selon les rapports officiels de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), plusieurs tonnes d’antibiotiques ont encore été vendues pour les seuls élevages de lapins en 2024. Des images tournées dans des élevages intensifs montrent d’ailleurs des éleveurs injectant des antibiotiques à titre purement préventif sur des animaux sains, pour éviter qu’ils ne meurent à cause de leurs conditions de détention.
  • La commercialisation légale : Contrairement à ce qui a été affirmé à l’Assemblée, la loi française autorise parfaitement la vente d’un animal ayant reçu un traitement médical. Il suffit simplement de respecter un délai d’attente légal entre la dernière injection et l’abattage.

Ce qui dérange véritablement ces détracteurs, ce n’est pas un prétendu manque de rigueur, mais bien l’impact réel de ces enquêtes. Lorsque les caméras révèlent les coulisses de l’élevage intensif ou les aberrations écologiques, les images sont reprises par la presse nationale et régionale, provoquant une prise de conscience citoyenne qui bouscule les intérêts industriels en place.

Pour continuer à mener ces investigations en toute indépendance et faire face à ces pressions politiques, le média Vakita rappelle qu’il a besoin du soutien du public, avec un objectif de 5000 abonnés supplémentaires pour pérenniser son modèle économique.

Source : Hugo Clément