Depuis des décennies, les recommandations nutritionnelles officielles nous dictent la marche à suivre pour rester en bonne santé : consommer une majorité de glucides, privilégier les huiles végétales et manger beaucoup de fibres. Mais que se passerait-il si ces préceptes reposaient davantage sur des impératifs industriels que sur la véritable physiologie humaine ? C’est la question soulevée lors d’une récente entrevue accordée le 2 mai 2026 par Michel Drezen, ancien enquêteur de la Police Judiciaire, à l’occasion de la sortie de son livre En-quête de santé.
Habitué pendant plus de 25 ans à débusquer les mensonges et à analyser les faits avec une méfiance méthodique, Michel Drezen a appliqué ses techniques d’investigation criminelle au domaine de la nutrition. Ses conclusions bousculent profondément nos certitudes alimentaires et nous invitent à reprendre notre santé en main.
Reprendre le contrôle de sa santé
Le système médical et sociétal actuel favorise ce que l’on appelle un locus de contrôle externe. Face à la dégradation progressive de notre santé, nous sommes incités à nous en remettre à des éléments extérieurs : prescriptions médicales, traitements à vie ou compléments alimentaires. Cette approche déresponsabilise l’individu, l’enfermant dans un cycle de consommation où les maladies de civilisation (hypertension, arythmie, troubles métaboliques) sont gérées par la chimie plutôt que guéries par la cause.
Comprendre les mécanismes biochimiques à l’œuvre dans notre corps permet de basculer vers un locus de contrôle interne. En modifiant notre alimentation en pleine conscience, il devient possible de stopper ce grignotage quotidien de notre vitalité.
L’aberration biologique de la surconsommation de glucides
Les instances de santé préconisent de puiser 40 à 60 % de notre énergie quotidienne dans les glucides. Selon l’enquête de Michel Drezen, cette recommandation est une véritable erreur physiologique. Le glucose n’est pas conçu pour circuler en permanence dans notre sang ; il s’agit d’une énergie qui devrait rester occasionnelle.
Une présence constante et massive de glucides déclenche un phénomène délétère bien documenté :
- La glycation non enzymatique des protéines : Les molécules de glucose viennent se lier aux protéines du corps, altérant leur fonctionnement.
- Le stress oxydatif : Ce processus chimique génère une usure cellulaire prématurée.
- La destruction de l’endothélium vasculaire : Le réseau sanguin qui alimente l’ensemble de nos cellules se dégrade progressivement, ouvrant la porte aux maladies chroniques.
Si notre corps dispose d’hormones pour augmenter le taux de sucre dans le sang en cas de besoin (adrénaline, cortisol, glucagon), il ne possède qu’une seule hormone pour s’en débarrasser : l’insuline. L’épuisement de ce système de régulation par une sollicitation permanente est au cœur de nombreuses pathologies modernes.
Le scandale des huiles végétales : de l’industrie à nos assiettes
L’histoire des huiles végétales polyinsaturées (tournesol, colza, etc.) ressemble à s’y méprendre à celle d’autres déchets industriels recyclés pour la consommation de masse. Jusqu’au début du XXe siècle, ces huiles issues de graines étaient totalement impropres à la consommation humaine. Elles servaient principalement à alimenter les flammes de bougies ou à durcir la peinture (comme l’huile de lin).
Dans les années 1920, des procédés industriels impliquant de fortes chaleurs ont permis de rendre ces huiles consommables. Elles ont alors progressivement remplacé les graisses animales traditionnelles, sous couvert d’arguments de santé. Pourtant, ces huiles polyinsaturées posent deux problèmes majeurs :
- Elles sont extrêmement instables et s’oxydent très rapidement dans la circulation sanguine, aggravant le stress oxydatif.
- Les promesses concernant les acides gras essentiels Oméga-3 et Oméga-6 qu’elles contiennent sont trompeuses, car l’organisme humain est incapable de les convertir et de les assimiler correctement sous cette forme.
Céréales et fibres : la fin d’un mythe
Si l’être humain consomme des céréales depuis environ 10 000 ans, celles qui garnissent nos assiettes aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les variétés anciennes. Dans les années 1970, l’agronome Norman Borlaug a modifié les céréales pour les rendre plus résistantes aux prédateurs. Le résultat ? Une augmentation massive des antinutriments (gluten, acide phytique, agglutinine de germe de blé, inhibiteurs d’enzymes) qui agressent notre système digestif.
Contrairement aux idées reçues, les céréales complètes sont les plus nocives, car c’est précisément dans leur enveloppe que se concentrent ces antinutriments, conçus par la plante pour dissuader les animaux de la manger.
Le constat est tout aussi sévère concernant les fibres végétales. Selon Michel Drezen, aucune étude scientifique solide ne prouve que l’être humain est équipé pour les digérer. Le colon agit comme les égouts de l’organisme. En y envoyant des quantités massives de fibres, on provoque une fermentation bactérienne excessive. Ces bactéries opportunistes produisent alors des aldéhydes, des molécules nocives et potentiellement mutagènes, favorisant le syndrome de l’intestin irritable, le SIBO (prolifération bactérienne) et potentiellement l’émergence de cancers du côlon.
Même l’échelle de Bristol, utilisée médicalement pour évaluer la qualité et la fréquence des selles, est faussée car elle a été établie sur une population consommant majoritairement des glucides et des fibres. Un transit quotidien n’est en rien une obligation biologique.
Vers une alimentation physiologique : lipides et protéines
Face à ces constats, l’ancien enquêteur s’est tourné vers des modes d’alimentation plus respectueux de notre physiologie originelle, de type chasseur-cueilleur. Deux approches se détachent :
- Le régime carnivore lipidique : Il exclut totalement les végétaux pour se concentrer exclusivement sur les produits animaux (viandes, poissons, œufs), riches en protéines et en graisses de haute qualité.
- L’alimentation cétogène hypotoxique : Elle tolère certains légumes, à condition de sélectionner rigoureusement ceux contenant le moins de glucides et d’antinutriments possible.
Dans les deux cas, l’élimination des glucides est compensée par un apport en lipides de qualité, peu sensibles à l’oxydation. Il s’agit des graisses animales, mais aussi de certaines huiles mono-insaturées issues de fruits, comme l’huile d’olive, l’huile de noix de coco et l’huile d’avocat. Quant aux fruits sucrés, s’ils ne sont pas toxiques dans leur forme entière, ils doivent redevenir ce qu’ils étaient pour nos ancêtres : une source d’énergie occasionnelle et saisonnière, et non une perfusion quotidienne.
