
Un retard de règles peut susciter de nombreuses interrogations, surtout lorsque le test de grossesse se révèle négatif. En réalité, l’absence ou le retard des menstruations peut s’expliquer par de multiples facteurs, allant des habitudes de vie aux problèmes de santé sous-jacents. Il faut également noter que durant deux phases de transition dans la vie d’une femme, il est tout à fait normal d’avoir des cycles irréguliers : la ménarche (l’apparition des premières règles) et la ménopause.
Bien que la durée moyenne d’un cycle menstruel soit de 28 jours, un cycle compris entre 21 et 35 jours reste tout à fait dans la norme. Voici les différentes raisons pour lesquelles votre cycle pourrait être plus long que d’habitude.
1. Le stress
L’anxiété place le corps en mode « combat ou fuite », ce qui entraîne une augmentation de la production d’hormones liées au stress, comme le cortisol. Si un léger stress est inoffensif, un état de stress prolongé peut perturber l’équilibre hormonal de l’organisme et provoquer des retards ou des absences de règles.
2. Les modifications du rythme de sommeil
Un changement soudain dans vos habitudes de sommeil peut perturber votre rythme circadien, c’est-à-dire l’horloge interne qui régule les fonctions de votre corps. Selon une étude publiée dans la revue Frontiers in Endocrinology, les perturbations du rythme circadien, comme celles provoquées par le voyage vers un autre fuseau horaire, peuvent rendre les menstruations irrégulières.
3. L’insuffisance pondérale
Un faible poids corporel est une cause fréquente d’absence de règles. Les troubles du comportement alimentaire, tels que l’anorexie mentale ou la boulimie, peuvent entraîner une perte de poids significative. Lorsque le poids corporel chute de 10 % en dessous de la moyenne, les fonctions de l’organisme commencent à se dérégler et l’ovulation peut s’arrêter. Reprendre du poids de manière saine permet de restaurer le fonctionnement normal du corps et de retrouver un cycle régulier.
4. L’exercice physique intense
Bien qu’une activité physique modérée soit excellente pour la santé, un entraînement excessif peut faire chuter les niveaux d’œstrogènes dans le corps. L’œstrogène étant l’hormone responsable de la régulation du cycle menstruel, son déficit peut entraîner une aménorrhée, c’est-à-dire l’absence totale de menstruations. Il est d’ailleurs fréquent que les athlètes soumises à des entraînements rigoureux souffrent d’aménorrhée pendant six mois ou plus.
5. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Le SOPK est une pathologie qui se caractérise par une augmentation des niveaux d’androgènes (hormones masculines) dans l’organisme, ainsi que par un déséquilibre d’autres hormones comme l’insuline. Ce dérèglement hormonal entraîne la formation de kystes dans les ovaires, ce qui peut rendre l’ovulation irrégulière, voire inexistante. L’utilisation de contraceptifs ou d’autres traitements médicamenteux peut aider à réguler le cycle. Une consultation avec un gynécologue est recommandée en cas de suspicion de SOPK.
6. Les dysfonctionnements de la thyroïde
La glande thyroïde est chargée de produire des hormones qui régulent diverses fonctions corporelles. Des maladies telles que l’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie peuvent perturber le cycle menstruel. Heureusement, les troubles thyroïdiens se soignent bien à l’aide de médicaments. En cas de doute, un endocrinologue pourra prescrire une analyse de sang pour établir un diagnostic précis.
7. La prise de certains médicaments
Certains traitements pharmacologiques peuvent causer des irrégularités menstruelles. Par exemple, les médicaments antipsychotiques sont susceptibles de créer un déséquilibre des niveaux de prolactine, ce qui peut provoquer une aménorrhée. Par ailleurs, certaines méthodes de contraception, comme le stérilet (DIU), peuvent également entraîner l’arrêt des règles.
8. La périménopause précoce
La ménopause survient généralement entre 45 et 55 ans. Cependant, lorsque des symptômes ménopausiques apparaissent autour de l’âge de 40 ans, on parle de périménopause précoce. Ce phénomène est dû à une diminution de la réserve ovarienne (le nombre d’ovules). En conséquence, les cycles commencent à sauter, jusqu’à ce que les menstruations cessent définitivement.
Bien que les irrégularités menstruelles soient assez courantes — elles touchent jusqu’à 14 % des femmes aux États-Unis —, il n’est pas normal de ne pas avoir de règles pendant plusieurs mois consécutifs, sauf en cas d’utilisation de certains contraceptifs. Il est donc toujours judicieux de consulter un médecin si vous constatez des retards menstruels répétés.







