
La médecine occidentale aborde les émotions telles que la peur, la tristesse ou la joie avec une certaine réserve, estimant souvent qu’elles manquent de fondement scientifique. Cela n’empêche pas l’industrie pharmaceutique de vendre chaque année en France environ 150 millions de boîtes d’anxiolytiques (Valium, Xanax, Lexomil, Lysanxia) à des personnes dépassées par leurs ressentis. Cette surconsommation entraîne des conséquences particulièrement préoccupantes pour la santé publique.
Une étude publiée dans le British Medical Journal révèle que, chez les personnes de plus de 66 ans, la prise de benzodiazépines pendant plus de trois mois augmente de 51% le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Alors que ces traitements ne devraient pas dépasser trois mois pour les anxiolytiques et quatre semaines pour les hypnotiques, la durée moyenne de prescription atteint sept mois en France. Par ailleurs, une étude menée en 2016 par le Dr Daniel Kripke de l’Université de Californie souligne que l’usage des hypnotiques est directement associé à une hausse significative de la mortalité toutes causes confondues, incluant le cancer, les infections graves, les troubles de l’humeur, les blessures accidentelles et les suicides.
La vision de la médecine traditionnelle chinoise
À l’inverse de la médecine occidentale, la médecine traditionnelle chinoise accorde une place centrale aux émotions dans la physiologie humaine. Elle les considère comme des éléments vivants participant pleinement à l’équilibre entre le corps et l’esprit. Chaque émotion est rattachée à un organe spécifique :
- La joie (xǐ) est produite par le cœur. Émotion de la santé et de la détente, elle favorise la libre circulation du Qi (l’énergie vitale) et du sang, apportant la paix intérieure nécessaire à l’esprit et au principe vital (jīng).
- La colère (nù) dépend du foie. Réaction naturelle de défense face au danger, elle permet d’exprimer son énergie et de s’extérioriser.
- La tristesse (bēi) émane du poumon. Elle traduit l’attachement à un être, un état ou une chose perdue, constituant parfois une étape nécessaire.
- La peur (kǒng) découle des reins. Signal d’alarme indispensable, elle veille au maintien de la vie.
Les émotions ne deviennent pathologiques que lorsqu’elles s’expriment de façon excessive, prolongée ou répétée. Elles peuvent alors favoriser la survenue de désordres profonds tels que la dépression, le diabète, des troubles du sommeil, de la libido, voire le cancer.
Ce que la science moderne confirme
Les découvertes scientifiques récentes rejoignent les principes de la tradition chinoise. Des chercheurs analysant des sujets souffrant de peur chronique ont constaté une production anormale d’adrénaline et de noradrénaline par le cerveau et les glandes surrénales. Fait remarquable mentionné dans l’ouvrage Le corps quantique de Deepak Chopra : ces substances ont été retrouvées en concentrations anormales au sein même des plaquettes sanguines, prouvant que les cellules portent physiquement la marque de la peur.
De même, les effets physiologiques d’une colère sont immédiats : accélération cardiaque, contraction musculaire, montée de chaleur au visage. Si une colère passagère s’estompe sans séquelle, des accès fréquents s’avèrent dangereux. En 2014, des chercheurs américains ont démontré qu’un tempérament colérique accroît le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral (AVC). En 2015, une étude australienne publiée dans la revue Acute Cardiovascular Care a précisé qu’une colère intense multiplie par 8,5 le risque de crise cardiaque dans les deux heures qui suivent.
Le rôle clé du foie dans la régulation émotionnelle
Selon la médecine chinoise, le foie est l’organe maître de la régulation émotionnelle et mentale. Comme l’explique le chercheur Philippe Sionneau, si le cœur gouverne l’activité mentale, le foie assure la circulation fluide des émotions :
Quand la fonction de libre circulation est bonne, les organes sont en harmonie et leur Qi émotionnel également. Dans ce cas la pensée est claire, le cœur paisible, l’esprit détendu, les émotions équilibrées.
Un dysfonctionnement de cette fonction entraîne deux types de déséquilibres :
- La faiblesse de la libre circulation (stagnation du Qi du foie) : l’activité mentale stagne, provoquant anxiété, doutes, tendances dépressives, ruminations et soupirs fréquents.
- L’excès de la libre circulation (montée du Qi du foie) : l’esprit est surstimulé, générant de l’irritabilité, des accès de colère, des insomnies et de l’agitation mentale.
Cette condition, appelée surpression du foie, se manifeste par divers symptômes : irritabilité, baillements réguliers, soupirs, fluctuations de l’humeur, troubles du cycle menstruel ou difficultés de déglutition.
Solutions et thérapies de la médecine chinoise
Pour rétablir l’harmonie, plusieurs disciplines chinoises proposent des approches ciblées :
La pharmacopée chinoise
Sur prescription d’un praticien qualifié, certaines formules classiques permettent de drainer le foie et de libérer les contraintes énergétiques :
- Chái Hú Shū Gān Sǎn (poudre de radix Bupleuri pour drainer le foie) ;
- Xiāo Yáo Sǎn (poudre pour être libre de toute contrainte) ;
- Dān Zhī Xiāo Yáo Sǎn (enrichie en Cortex Moutan Radicis et Fructus Gardeniae).
L’acupuncture
Un suivi professionnel permet d’harmoniser le Qi en stimulant des points précis du méridien du foie et du maître-cœur, notamment : F 2 (xíng jiān), F 3 (tài chōng), F 8 (qū quán), EC 3 (qū zé), EC 6 (nèi guān) et EC 7 (dà líng).
L’auto-massage au quotidien
Il est possible de pratiquer soi-même un massage apaisant sur les points VB 34, F 3, GI 4 et EC 6. Utilisez le pouce de votre main scriptrice pour exercer une pression légère, puis effectuez de petits mouvements circulaires pendant deux à trois minutes tout en maintenant une respiration lente et profonde.
Exercice de Qi Gong pour rééquilibrer le foie
Le Qi Gong combine mouvement, respiration et concentration. Cet exercice de rééquilibrage peut se réaliser allongé sur le dos, assis ou debout :
- Massez le plexus solaire en décrivant une trentaine de cercles. Appliquez une pression douce mais progressive pour pénétrer la zone sans douleur.
- Pratiquez une respiration abdominale uniquement par le nez pendant au moins 3 minutes : inspirez lentement en gonflant le ventre, puis expirez en le dégonflant, tout en vous visualisant souriant et apaisé.
- Frottez énergiquement les côtés de votre thorax sous les aisselles avec le plat des mains jusqu’à ressentir de la chaleur, puis tapotez doucement la zone avec les poings fermés pendant 1 à 2 minutes.
- Inspirez profondément en visualisant un air vert-bleu pénétrant dans votre foie, puis expirez en prononçant le son nettoyant « Shuuuuuu ». Répétez cette étape pendant 3 à 5 minutes pour relancer la circulation énergétique.
Approches naturelles complémentaires
Les huiles essentielles
L’aromathérapie propose des solutions d’urgence face aux débordements émotionnels :
- En cas de colère soudaine : massez 1 goutte d’huile essentielle de lavande vraie (Lavandula angustifolia) diluée dans un peu d’huile d’amande douce sur la face inférieure du poignet.
- En cas de colère sourde ou de frustration : appliquez 1 goutte d’huile essentielle de camomille noble (Chamaemelum nobile) sur le dos de la main, entre le pouce et l’index.
- En cas de ressentiment lié à la maladie : l’huile essentielle de marjolaine offre un soutien apaisant (utilisée notamment en milieu hospitalier lors de soins oncologiques).
Les fleurs de Bach
Mises au point par le Dr Edward Bach, ces élixirs floraux ciblent les états affectifs :
- Holly (Houx) : recommandé pour les colères explosives et extériorisées (4 gouttes sous la langue à renouveler après 15 minutes si nécessaire).
- Willow (Saule) : adapté aux amertumes et ruminations internes (2 gouttes diluées dans un verre d’eau, à boire par petites gorgées 4 fois par jour en cure de 3 semaines).
Phytothérapie et homéopathie
Pour apaiser la nervosité et l’irritabilité au quotidien :
- Nux vomica 15 CH : 5 granules par jour à laisser fondre sous la langue pendant 3 mois en traitement de fond.
- Infusion de valériane : laissez infuser 1 cuillère à café (environ 3 g) de racines de valériane dans 150 ml d’eau bouillante pendant 10 minutes. Consommez 3 à 5 tasses par jour pour favoriser le calme et le sommeil.
Au-delà de ces remèdes, la recherche de la beauté sous toutes ses formes — la contemplation de la nature, la lecture d’un poème ou le simple fait de marcher en pleine conscience — demeure un moyen puissant d’apaiser l’esprit et d’éloigner les tempêtes intérieures.
Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma







