
Lors de la mesure de la pression artérielle, deux chiffres sont relevés : le premier correspond à la pression systolique, mesurée au moment où le cœur se contracte et où la pression dans les artères atteint son maximum. Le second représente la pression diastolique, enregistrée lorsque le cœur se relâche pour se remplir à nouveau de sang. Dès que ces valeurs dépassent le seuil de 140/90 mm Hg, l’état d’hypertension artérielle est posé, entraînant une hausse du risque d’accident vasculaire cérébral de plus de 50 %.
Une pression excessive dans le réseau sanguin accélère le vieillissement des artères. Les parois vasculaires perdent en souplesse et deviennent plus rigides, ce qui favorise l’accumulation de dépôts et la formation de caillots susceptibles de les obstruer. Ce phénomène menace la santé de plusieurs organes vitaux :
- Le cœur : risque accru d’infarctus du myocarde.
- Le cerveau : augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC), de pertes de mémoire et de démence vasculaire.
- Les yeux : dégradation progressive de la rétine.
- Les reins : risque d’insuffisance rénale.
- Les jambes : apparition de crampes à la marche en raison d’une mauvaise oxygénation musculaire, pouvant évoluer jusqu’à l’amputation.
En France, l’hypertension artérielle est impliquée chaque année dans 130 000 AVC. Maintenir ses chiffres en dessous de 140/90 mm Hg (et en dessous de 130/80 mm Hg pour les personnes souffrant de diabète ou d’insuffisance rénale) permet de réduire le risque d’AVC de plus de 50 %. De plus, chaque diminution de 10 mm Hg de la tension fait baisser ce risque de 20 %. La prise en charge précoce de l’hypertension est également la première stratégie de prévention contre les troubles cognitifs et la maladie d’Alzheimer.
Les dangers cachés d’une tension dite « normale »
En France, la moitié des personnes touchées par l’hypertension ignorent leur condition. Parmi celles qui le savent, la moitié ne suit aucun traitement, et la moitié des patients traités ne parviennent pas à normaliser leur pression. On est donc très loin des 70 % de patients efficacement pris en charge.
De plus, se situer juste en dessous du seuil de 140/90 mm Hg ne garantit pas une protection absolue. La tension idéale est définie à 120/80 mm Hg. Dès que la pression artérielle dépasse ces chiffres, les risques de mortalité prématurée, de maladie cardiaque, d’AVC ou de maladie d’Alzheimer augmentent progressivement. D’après une méta-analyse publiée en 2013, une tension comprise entre 120/80 et 130/85 mm Hg accroît déjà le risque de décès par maladie cardiovasculaire de 46 %.
Pourquoi les médicaments ne résolvent pas la cause du problème
Dans certaines situations critiques où la tension dépasse 160 mm Hg et ne baisse pas après dix minutes de repos allongé, la prise d’un médicament hypotenseur (bêta-bloquants, diurétiques, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, sartans) est nécessaire pour écarter le risque immédiat d’AVC. Cependant, les molécules chimiques ne traitent pas le facteur qui a déclenché l’hypertension et peuvent provoquer de sérieuses perturbations métaboliques :
- Les bêta-bloquants : Ils bloquent les récepteurs de l’adrénaline pour ralentir le cœur. Selon une revue d’études publiée par Cochrane, ces traitements sont les moins efficaces contre l’hypertension et n’ont que peu ou pas d’impact sur le nombre de décès. Ils génèrent souvent une fatigue profonde, augmentent le risque de la dégénérescence maculaire, doublent le risque de dépression et entraînent un risque accru de diabète.
- Les diurétiques : La majorité d’entre eux éliminent le magnésium, un minéral indispensable à la régulation de la tension, et peuvent causer des dommages rénaux sévères.
- Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) : Ils provoquent des pertes en zinc, ce qui fragilise l’immunité, les os et les muscles. Le Dr Michel de Lorgeril a par ailleurs émis des alertes sur le risque de cancer associé à ces médicaments.
Les enseignements des modes de vie traditionnels
Dans les sociétés développées, la pression artérielle s’élève avec l’âge : 50 % des personnes de plus de 60 ans et 60 à 70 % de celles de plus de 70 ans sont traitées pour l’hypertension. À l’inverse, des populations ayant conservé un mode de vie de chasseurs-cueilleurs (comme les Yanomamis d’Amazonie ou les Papous de Nouvelle-Guinée) ne connaissent pas l’hypertension, et leur tension reste basse et stable tout au long de la vie.
Cette observation s’appuie notamment sur une expérience menée en Australie au début des années 1980. Des aborigènes devenus hypertendus, diabétiques et en surpoids après avoir adopté le mode de vie occidental ont accepté de retourner sept semaines dans la nature pour reprendre leur mode de vie traditionnel. En se nourrissant uniquement du produit de la chasse et de la cueillette (poissons, oiseaux, gibier, racines sauvages) et en supprimant le sucre, l’alcool et les aliments industriels, ils ont perdu en moyenne 8 kg et leur tension artérielle est entièrement redevenue normale.
L’équilibre entre le sodium et le potassium joue un rôle central dans cette régulation. Alors que les Yanomamis consomment très peu de sel (environ 1 g par jour) et privilégient les végétaux riches en potassium, la consommation moyenne de sel en France atteint 10 à 12 g par jour. Le potassium neutralise l’impact du sodium sur la tension et préserve l’équilibre acido-basique. L’apport quotidien recommandé (5 g par jour) est couvert par une alimentation riche en végétaux. Une étude indique qu’intégrer 200 g de légumes par jour réduit le risque d’AVC de 11 %, et que l’ajout de 200 g de fruits monte cette baisse à 32 %.
Le régime DASH et l’impact de la perte de poids
Conçu pour éviter la prise de médicaments hypotenseurs, le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension) permet de faire baisser la tension après seulement deux semaines d’application. Il repose sur trois principes clés :
- Une abondance de fruits et légumes (4 à 10 portions par jour, une portion équivalant à 75 g de légumes ou un fruit).
- La consommation de céréales complètes, légumineuses, graines, noix, poissons, volailles, produits laitiers fermentés et huiles végétales.
- Une réduction du sodium (moins de 2,3 g par jour), de l’apport en sucre, des boissons sucrées et de la viande rouge. Un excès de sel force l’organisme à retenir l’eau pour le diluer, augmentant le volume sanguin et la pression sur les vaisseaux.
La perte de poids constitue également un moyen direct d’abaisser la tension : chaque kilogramme perdu réduit la pression systolique de 1,6 mm Hg et la pression diastolique de 1,3 mm Hg. Le surpoids impose au cœur de pomper un volume sanguin plus important. De plus, la graisse abdominale stimule la production d’angiotensine II, une substance qui favorise la hausse de la pression artérielle.
Le jeûne et l’exercice physique comme leviers d’action
Des travaux scientifiques menés en Californie ont révélé la normalisation de la tension artérielle chez 90 % de 174 patients hypertendus ayant suivi un jeûne médicalement surveillé (3 jours de fruits et légumes, 11 jours de jeûne hydrique, puis reprise progressive d’une alimentation végétarienne sans sel). Tous les patients qui prenaient un traitement médicamenteux ont pu l’interrompre. De même, un jeûne intermittent (600 calories par jour, deux jours par semaine pendant six mois) permet d’obtenir des réductions significatives de la tension chez les personnes en surpoids.
Par ailleurs, la pratique de 30 minutes d’exercice d’endurance par jour permet de réduire la pression artérielle de 4 à 10 mm Hg, un résultat comparable à celui d’un médicament hypotenseur. La musculation est également recommandée à tout âge : les exercices de force contribuent à abaisser la tension tout en luttant contre la fonte musculaire liée à l’âge (sarcopénie).
Compléments nutritionnels et phytothérapie
Plusieurs nutriments ciblés aident à soutenir la santé vasculaire :
- La vitamine D : Maintenir un taux sanguin supérieur à 75 nmol/l (idéalement 100 nmol/l) est essentiel. Les femmes présentant les niveaux de vitamine D les plus bas ont un risque d’hypertension supérieur de 66 %.
- Les oméga-3 : Un apport quotidien d’au moins 900 mg d’EPA/DHA issus d’huile de poisson réduit la pression systolique d’environ 3,5 mm Hg et la diastolique de 2,5 mm Hg.
- Le magnésium : L’étude CARDIAC montre qu’un apport insuffisant en magnésium augmente le risque d’hypertension de 55 %.
- La coenzyme Q10 : Selon une méta-analyse d’essais cliniques, une synthèse sur la coenzyme Q10 confirme que cet antioxydant peut faire baisser la pression systolique de 17 mm Hg et la diastolique de 10 mm Hg.
- La L-arginine : À raison de 1 g par jour, cet acide aminé favorise la production d’oxyde nitrique (NO), entraînant une dilatation des vaisseaux sanguins.
La phytothérapie apporte également des solutions naturelles :
- L’olivier : Les feuilles d’olivier contiennent de l’oleuropéoside, qui abaisse la tension et soulage les maux de tête, vertiges et bourdonnements d’oreilles (en gélules, en extrait fluide ou en infusion de 20 g pour 500 ml d’eau).
- L’aubépine : Elle régule le rythme cardiaque, diminue les palpitations et apaise l’anxiété liée aux battements cardiaques.
- L’aubier de tilleul : Il offre des vertus hypotensives, antispasmodiques et coronarodilatatrices.
Après 40 ans, le taux de silicium dans la paroi des artères chute de plus de la moitié, entraînant une perte de souplesse vasculaire et favorisant l’apparition de plaques d’athérome. Certaines plantes riches en silicium organique assimilable permettent de préserver l’élasticité artérielle, notamment la prêle (qui en contient 5 à 8 %), l’ortie et le bambou tabashir. Pour mieux comprendre son rôle, vous pouvez consulter l’importance du silicium pour l’organisme.
Enfin, l’application en massage des huiles essentielles de camomille romaine ou d’ylang-ylang permet de modérer le système nerveux sympathique, apportant calme et détente pour favoriser la baisse de la pression artérielle.
Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma







