Ce supplément incroyablement populaire ENDOMMAGE vos vaisseaux sanguins

De nombreux patients prennent régulièrement certains suppléments, pensant améliorer leur santé, sans savoir que certains d’entre eux peuvent causer des dommages notables, notamment aux vaisseaux sanguins. Parmi ces suppléments, cinq sont particulièrement répandus et leurs effets indésirables sont désormais bien documentés par la recherche scientifique. Voici un tour d’horizon détaillé de ces compléments alimentaires, les risques associés et les alternatives à privilégier.

Le calcium : entre nécessité et danger

Le calcium est un minéral abondant dans le corps humain, indispensable au bon fonctionnement musculaire, cardiaque et nerveux, ainsi qu’à la solidité des os. Avec l’âge, la perte osseuse s’accélère, surtout chez les femmes ménopausées, augmentant le risque de fractures et d’ostéoporose. Beaucoup pensent alors que la prise de suppléments de calcium est la solution évidente.

Des bénéfices contestés

Si l’importance du calcium pour la santé osseuse n’est plus à démontrer, les preuves de l’efficacité des suppléments pour prévenir les fractures restent limitées. Certaines méta-analyses ont observé une réduction du risque de fracture, mais les études les plus rigoureuses n’ont pas confirmé cet avantage. L’utilité des suppléments reste donc incertaine.

Des risques cardiovasculaires accrus

Plus préoccupant encore, plusieurs études ont mis en évidence une augmentation du risque de maladies cardiaques chez les personnes prenant des suppléments de calcium. Une méta-analyse de 2010 a révélé une hausse d’environ 30 % du risque de crise cardiaque chez les consommateurs de suppléments. Une étude de cohorte menée en Corée du Sud a même observé une augmentation de près de 90 % du risque de crise cardiaque chez les personnes prenant du calcium sans vitamine D. La vitamine D joue en effet un rôle crucial dans la régulation du calcium, et son absence semble aggraver les effets indésirables des suppléments de calcium.

La source du calcium : un facteur clé

Les recherches confirment que le calcium issu de l’alimentation n’entraîne pas les mêmes risques. Une vaste étude de cohorte a démontré que les apports élevés en calcium alimentaire étaient associés à une diminution de 27 % du risque de calcification artérielle, tandis que la prise de suppléments augmentait ce risque de 22 %. Le groupe le plus exposé était celui qui utilisait des suppléments tout en ayant un faible apport total en calcium. Une autre étude a montré que, chez les hommes, les suppléments de calcium accroissaient le risque de décès par maladie cardiaque, contrairement au calcium alimentaire.

Bilan des recommandations

La majorité des adultes devraient viser un apport quotidien d’environ 1 000 milligrammes de calcium, essentiellement par l’alimentation : oléagineux, légumes verts, etc. Les suppléments ne sont généralement recommandés que pour des cas spécifiques, comme certaines femmes végétaliennes dont l’apport alimentaire serait insuffisant. Pour la plupart, augmenter le calcium alimentaire est la stratégie la plus sûre, sans accroître le risque cardiovasculaire.

Le fer : essentiel, mais à surveiller

Le fer est vital pour le transport de l’oxygène dans le sang, la production d’énergie et le bon fonctionnement musculaire. Une carence peut entraîner fatigue, faiblesse et troubles de la concentration. Toutefois, l’excès de fer par supplémentation comporte des risques : il peut réduire les niveaux de zinc, perturber la digestion et, à dose élevée, provoquer de graves dégâts aux organes.

L’apport quotidien recommandé est d’environ 8 milligrammes pour les hommes adultes et 18 milligrammes pour les femmes jusqu’à la ménopause. Le fer d’origine animale est mieux absorbé que celui des végétaux. Certaines personnes, comme les femmes enceintes ou souffrant de règles abondantes, peuvent nécessiter des suppléments, mais ceux-ci doivent toujours être prescrits et surveillés par un professionnel de santé.

La vitamine E : prudence avec la supplémentation

Présente dans les huiles végétales, les noix, les graines et les légumes verts, la vitamine E est réputée pour ses propriétés antioxydantes et son rôle dans la protection des membranes cellulaires. Malgré les allégations sur ses bienfaits contre le cancer ou les maladies cardiaques, la supplémentation en vitamine E n’est pas recommandée pour la majorité de la population.

Des preuves inquiétantes

La carence en vitamine E est extrêmement rare grâce à une alimentation diversifiée. Une consommation excessive de suppléments peut interférer avec les bénéfices de l’exercice physique et, selon une vaste analyse de 78 essais portant sur près de 300 000 personnes, il n’existe aucune preuve d’un effet positif sur la mortalité. Au contraire, certaines données suggèrent que la vitamine E pourrait augmenter le taux de mortalité et accroître le risque de cancer de la prostate.

La question des différentes formes

La vitamine E existe sous huit formes, dont les tocophérols et les tocotriénols. Si ces derniers semblent avoir un effet antioxydant plus puissant, il n’existe pas encore de données de sécurité à long terme les concernant. En l’absence de preuves solides, la prudence reste de mise.

La vitamine A : risques associés à la surconsommation

Comme la vitamine E, la carence en vitamine A est très rare. Un apport excessif via les suppléments peut entraîner un affaiblissement des os, des lésions hépatiques et des malformations congénitales. Une étude a également mis en évidence un lien entre une consommation élevée de vitamine A en supplément et une augmentation de la mortalité. La plupart des personnes peuvent couvrir leurs besoins en vitamine A par une alimentation équilibrée, sans recours à des compléments.

Le resvératrol : des promesses non tenues et des effets indésirables

Le resvératrol, un antioxydant popularisé pour ses supposés effets sur la longévité et la santé cardiovasculaire, a suscité beaucoup d’espoir après qu’une étude ait affirmé qu’il prolongeait la vie de levures de 70 %. Ces résultats se sont révélés être une erreur de laboratoire, mais l’engouement a persisté.

Absorption et efficacité remises en cause

Des essais cliniques ont confirmé que le resvératrol est bien absorbé dans le sang, mais n’ont trouvé aucun effet bénéfique sur la santé ou la longévité humaine. Une analyse a également invalidé son efficacité contre le diabète de type 2. Pire encore, une étude utilisant la technologie CRISPR a montré que le resvératrol n’active pas le gène censé prolonger la durée de vie, mais stresse les cellules et nuit au processus de division cellulaire.

Effets négatifs sur les bénéfices de l’exercice

La prise de resvératrol en supplément a même été associée à une réduction des effets positifs de l’entraînement physique intense : moins de progrès sur la pression artérielle, le cholestérol et la capacité d’utilisation de l’oxygène par le corps. Par ailleurs, le resvératrol pourrait réduire les niveaux de testostérone. Aucune preuve solide ne vient soutenir son intérêt en supplémentation, alors que ses effets indésirables sont désormais bien établis.

Résumé des recommandations

Pour la majorité de la population, il vaut mieux privilégier une alimentation variée et équilibrée pour couvrir les besoins en minéraux et vitamines. La supplémentation ne doit être envisagée que sur avis médical et dans des situations spécifiques. Les preuves scientifiques actuelles montrent que plusieurs suppléments courants, loin d’être bénéfiques, peuvent au contraire présenter des risques sérieux pour la santé, notamment pour le système cardiovasculaire.

Source : Dr Brad Stanfield