
Lors des rencontres citoyennes internationales qui se sont tenues au centre des congrès de Vierzon, le journaliste Nicolas Bouvier a recueilli le témoignage poignant de Christelle, 55 ans, travailleuse en milieu hospitalier et victime d’effets indésirables graves survenus après les injections contre le Covid. Un témoignage brut, chargé d’émotion, qui met en lumière le parcours semé d’embûches des personnes touchées par ces effets secondaires.
Une obligation vaccinale aux lourdes conséquences
Christelle travaille depuis près de 20 ans à l’hôpital. Comme l’ensemble des agents hospitaliers, elle a été soumise à l’obligation vaccinale. Bien qu’elle n’y fût pas favorable, le choix ne lui a pas été laissé : c’était l’injection ou la porte. Dès la première dose, de graves problèmes de santé sont apparus. La deuxième injection l’a conduite aux urgences avec des douleurs abdominales et de la fièvre. La troisième a engendré des complications similaires.
Comble de l’ironie, malgré ces trois injections, Christelle a contracté un Covid sévère qui l’a clouée au lit pendant trois mois, sous antibiotiques, sans amélioration notable. Elle a repris le travail tant bien que mal, mais l’année qui a suivi s’est révélée être, selon ses propres mots, « l’horreur ».
Un corps qui ne répond plus
Les symptômes se sont accumulés de manière insidieuse : une fatigue extrême et permanente qui la faisait s’endormir au travail, jusqu’à 18 heures de sommeil par jour. Un matin, elle n’a tout simplement pas pu se lever. Le diagnostic est tombé après consultation d’un neurologue : crises d’épilepsie atonique, une forme particulière où, comme elle l’explique, « le cerveau bug ». S’y sont ajoutés une hypersomnie confirmée par un spécialiste du sommeil, des troubles cardiaques, des problèmes rhumatologiques, ainsi qu’une perte du goût et de l’odorat.
Christelle reconnaît elle-même souffrir de troubles de l’élocution et de la mémoire qui rendent parfois la communication difficile. « Tout mon organisme est vraiment parti en vrille », résume-t-elle avec une sincérité désarmante.
Un texte préparé pour briser le silence
Au-delà de la description de ses pathologies, Christelle avait préparé un texte qu’elle a tenu à lire lors de l’entretien, souhaitant aborder les conséquences profondes de sa situation sur tous les aspects de sa vie. Ses mots résonnent avec force :
Si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas par envie de témoigner ni par militantisme. Je suis ici parce que ma vie a basculé et parce que le silence n’est plus possible.
Elle décrit le processus progressif de renoncement : on commence par se dire que cela va passer, puis on s’adapte, puis on renonce. Aux sorties, aux projets, aux habitudes. Les gestes simples deviennent compliqués : marcher, se concentrer, tenir une journée entière. « On calcule tout, on anticipe la fatigue, on écoute son corps en permanence parce qu’on n’a plus le choix. »
Et avec cela arrive la peur. La peur de ne pas récupérer, que les symptômes deviennent définitifs, de ne plus pouvoir travailler, de ne plus être utile. Il y a aussi le regard des autres : quand rien ne se voit, il faut expliquer encore et encore, se justifier, prouver que l’on ne va pas bien. « Parfois, on finit par se taire », confie-t-elle.
Deux ans et demi d’arrêt et une précarité grandissante
Au moment de l’entretien, Christelle est en arrêt de travail depuis plus de deux ans et demi. Deux ans et demi de précarité, d’incertitude et de lutte pour prouver qu’elle ne simule pas. Elle insiste sur ce que signifie réellement l’impossibilité de travailler : « On perd plus qu’un salaire. On perd une place, une stabilité, une reconnaissance, une partie de soi. »
Sa situation matérielle est devenue dramatique. Agent de la fonction publique hospitalière, elle se retrouve en demi-salaire et sans logement. Celle qui a commencé à travailler à 16 ans, qui a élevé quatre enfants tout en travaillant à plein temps, se retrouve aujourd’hui à la rue. « J’ai pas vu mes enfants grandir pour mon travail et aujourd’hui on me laisse à la rue en demi-salaire. C’est inacceptable », lance-t-elle avec une colère contenue.
Son employeur a refusé de la passer en maladie longue durée. Elle vient toutefois de recevoir une reconnaissance de la part de l’ONIAM (Office national d’indemnisation des accidents médicaux) établissant un lien entre ses pathologies et les vaccins, ce qui lui permet d’engager une demande d’accident de service. Si celle-ci n’aboutit pas, elle ira au procès.
L’association Réinfo Vax, une bouée de sauvetage
C’est lors de sa première venue à Vierzon, un an plus tôt jour pour jour, que Christelle a rencontré Graziella de l’association Réinfo Vax (anciennement Ressage). Cette rencontre a été déterminante. Graziella l’a immédiatement prise en charge, l’a aidée à effectuer les déclarations auprès de la pharmacovigilance pour signaler ses effets secondaires, et l’a accompagnée tant sur le plan médical que psychologique.
« Elle m’appelle tous les mois pour savoir comment je vais », témoigne Christelle avec émotion, qualifiant Graziella de « sauveuse » et saluant sa « bienveillance extraordinaire ».
Les rencontres citoyennes représentent pour elle un espace unique de reconnaissance. Des salles de repos sont même mises à disposition pour les victimes qui ont besoin de se reposer durant l’événement, un dispositif inédit qui l’a profondément touchée. « C’est le seul endroit où on se sent écouté. Pour moi, c’est une bulle de bonheur », confie-t-elle.
Un appel à ne pas se taire
Christelle tient à préciser qu’elle ne cherche pas à accuser ni à s’opposer à la science ou à la vaccination en général. Ce qu’elle demande, au nom de toutes les victimes, est simple : être écouté, être reconnu, être accompagné médicalement, être soutenu socialement et financièrement. Elle souhaite que les médecins puissent soigner sans peur, que les institutions regardent la réalité en face et que la recherche s’intéresse réellement à leur situation.
Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais je sais une chose : le silence détruit plus sûrement que la vérité.
Son message final s’adresse directement aux personnes qui se poseraient des questions sur leur état de santé après la vaccination : « N’hésitez pas, si vous vous rendez compte que le moindre symptôme est apparu après le vaccin, allez voir les associations, parlez-en. À 50 ans, on ne déclare pas des maladies neurologiques comme ça. Ce n’est pas que dans notre tête. Plus on sera nombreux, plus la vérité sera mise à jour. »
Source : Nicolas BOUVIER
