
Le fenbendazole, un médicament antiparasitaire couramment utilisé en médecine vétérinaire, suscite un intérêt croissant pour son potentiel dans le traitement des cancers avancés. Ce produit bon marché et largement disponible, dont le brevet a expiré au début des années 1990, est devenu un générique accessible à tous. Une étude récente, publiée dans une revue médicale, explore son utilisation chez trois patients atteints de cancers de stade 4, avec des résultats surprenants qui appellent à des recherches plus approfondies. Ces cas, bien que limités en nombre, illustrent comment ce médicament pourrait contribuer à la régression tumorale sans effets secondaires notables.
Qu’est-ce que le fenbendazole ?
Le fenbendazole est un antiparasitaire économique, souvent employé pour traiter les vers chez les animaux comme les chiens. Il est similaire au mébendazole, un médicament utilisé chez les humains, mais il n’est pas officiellement autorisé pour un usage médical chez l’homme dans de nombreux pays, comme au Royaume-Uni. Depuis l’expiration de son brevet, n’importe quel fabricant peut le produire, ce qui le rend abordable et facile d’accès, notamment via des laboratoires indiens qui en fabriquent en grande quantité et de bonne qualité.
Cette accessibilité soulève des questions sur les motivations des recherches en oncologie. En effet, comme il s’agit d’un générique, il est difficile pour les entreprises pharmaceutiques d’en tirer des profits substantiels, contrairement aux traitements brevetés et coûteux. Pourtant, des observations cliniques suggèrent qu’il pourrait être repositionné pour lutter contre le cancer, en s’appuyant sur des protocoles comme celui de Joe Tippens, qui combine le fenbendazole avec d’autres compléments.
Cas 1 : Une femme de 83 ans atteinte d’un cancer du sein métastatique
En octobre 2021, une femme âgée de 83 ans a reçu un diagnostic de cancer du sein de stade 4, avec des métastases généralisées. Initialement diagnostiquée en 2009, elle avait subi une mastectomie bilatérale et d’autres traitements, mais la maladie a récidivé en 2021. Une biopsie du foie a confirmé la présence de cellules cancéreuses métastatiques, et un examen du liquide ascitique abdominal a révélé une carcinomatose métastatique.
Une imagerie par résonance magnétique de la colonne vertébrale, réalisée en octobre 2021, a montré des métastases dans plusieurs vertèbres thoraciques et lombaires (T10, T12, L1 à L5, S1, S2) ainsi que dans les os iliaques. Un scanner PET-CT du 29 décembre 2021 a identifié six lésions hypermétaboliques dans les poumons, la plus grande mesurant 2,8 × 1,5 cm, des lésions hépatiques de 2,9 × 1,7 cm, et des lésions osseuses, dont une lésion lytique de 5,0 × 2,9 cm au niveau de L4, s’étendant dans le canal rachidien.
La patiente a refusé la chimiothérapie et la radiothérapie conventionnelles, optant pour des soins palliatifs en hospice. Le 22 novembre 2021, elle a commencé à s’administrer elle-même du fenbendazole à une dose quotidienne de 222 mg. En décembre 2021, elle a reçu une injection de fulvestrant, un bloqueur des récepteurs d’œstrogènes visant à inhiber la croissance cancéreuse. En janvier 2022, une radiothérapie ciblée a été appliquée sur deux métastases vertébrales douloureuses, qui ont disparu rapidement, soulageant la douleur en quelques jours.
Elle a poursuivi le fenbendazole à 222 mg par jour pendant huit mois. Pendant cette période, ses enzymes hépatiques sont revenues à la normale, et son marqueur tumoral CA 27.29 est passé de 316 en novembre 2021 à 36,6 en juillet 2022. Un scanner PET du 20 avril 2022 a confirmé l’absence d’activité métabolique anormale indicative de cancer. En juin 2022, elle a été déclarée sans signe de maladie active et en rémission complète. Tous les traitements ont été arrêtés, avec un suivi prévu tous les 3 à 6 mois.
Pendant le traitement au fenbendazole, elle a continué une supplémentation en vitamine D (5 000 UI) et un multivitamine. Les scanners PET ultérieurs n’ont montré aucune activité anormale. Aucun effet secondaire n’a été rapporté à cette dose. Près de trois ans après sa rémission, la patiente reste sans récidive et continue le fenbendazole quotidiennement.
Le protocole de Joe Tippens
Ce cas s’inspire en partie du protocole de Joe Tippens, un survivant du cancer qui a popularisé l’usage du fenbendazole. Selon ce protocole, disponible sur un site dédié, il est recommandé de prendre 222 mg de fenbendazole trois jours par semaine, suivis de quatre jours sans, idéalement avec un repas gras pour une meilleure absorption. Le protocole inclut aussi des compléments comme l’huile de CBD et la curcumine, bien que ces éléments ne soient pas des conseils médicaux mais des observations partagées pour information.
Cas 2 : Un homme de 75 ans avec un cancer de la prostate
Un homme de 75 ans a été diagnostiqué avec un cancer de la prostate métastatique, avec des lésions osseuses détectées par scintigraphie et scanner CT dans la colonne vertébrale, les os pelviens et la tête humérale droite. Il a reçu des traitements conventionnels combinés à des approches complémentaires, dont le fenbendazole.
L’utilisation du fenbendazole a coïncidé avec une régression continue des métastases et des niveaux d’antigène prostatique spécifique (PSA) indétectables. Après 26 mois de régression soutenue sans nouvelle progression, le patient reste en réponse quasi complète et continue le fenbendazole avec ses traitements conventionnels. Aucun effet secondaire n’a été signalé.
Cas 3 : Un homme de 63 ans atteint d’un mélanome
Un homme de 63 ans présentait une masse à la hanche due à un mélanome métastatique. Un scanner PET-CT a révélé de multiples foyers hypermétaboliques : nodules péritonéaux et rétropéritonéaux, captations dans l’estomac et l’intestin grêle, et lésions dans le muscle glutéal moyen droit, le quadratus femoris et la vertèbre L5.
Il a suivi des traitements conventionnels et complémentaires, incluant le fenbendazole. Plus de 11 mois après avoir été déclaré en rémission, il reste sans récidive de mélanome, sans effets secondaires rapportés.
Conclusions et perspectives
Dans ces trois cas, publiés dans une étude scientifique, les patients n’ont signalé aucun effet indésirable lié au fenbendazole. Les auteurs concluent que ce médicament montre un potentiel prometteur comme option thérapeutique repositionnée en oncologie, capable de contribuer à la régression tumorale et à la rémission. Ils appellent à des recherches cliniques supplémentaires pour confirmer son efficacité et optimiser son usage. Ces observations rappellent des moments clés dans l’histoire de la médecine, comme l’expérience de James Lind en 1747. Ce chirurgien naval écossais a testé divers remèdes sur 12 marins atteints de scorbut à bord du HMS Salisbury, divisés en six paires. Une paire recevant quotidiennement des oranges et un citron s’est rétablie en six jours, l’un reprenant le service et l’autre soignant ses camarades. Les autres groupes n’ont montré aucune amélioration significative. Lind a conclu que les agrumes étaient le remède le plus efficace, posant les bases de la découverte des vitamines. Bien que son travail ait été ignoré pendant des décennies, il a finalement éradiqué le scorbut dans la marine royale britannique vers 1800.
Cette anecdote illustre comment une observation limitée peut mener à des avancées majeures. Ici, avec seulement trois cas, le fenbendazole mérite une investigation plus large, surtout chez des patients en phase terminale où les risques sont minimes. Des essais randomisés contrôlés pourraient clarifier son rôle, mais l’absence de brevets pourrait freiner les investissements. Comme l’a dit un penseur, le pluriel d’anecdote est hypothèse, et une hypothèse est testable. Pourquoi ces recherches ne sont-elles pas prioritaires ? Cela reste une question ouverte.
Source : Dr. John Campbell







