
L’avocat Aaron Siri a récemment mis en lumière une fuite troublante provenant d’un employé interne du réseau de santé Kaiser aux Etats-Unis. Ce document révèle les directives internes strictes données au personnel médical concernant l’administration de vaccins et de médicaments aux nouveau-nés. Au cœur de cette révélation : une stratégie de communication méticuleusement conçue pour décourager les parents d’exercer leur droit au consentement éclairé.
Les traitements concernés et la stratégie d’acceptation
Le document interne, intitulé « Médicaments pour les nouveau-nés à la naissance – Communication et scénarios standard », a pour but d’uniformiser la manière dont le personnel présente et administre les traitements de routine dès les premiers instants de vie de l’enfant. Les trois interventions médicales visées sont :
- L’injection de vitamine K
- La pommade ophtalmique à l’érythromycine
- Le vaccin contre l’hépatite B
Le mémo interne souligne explicitement que la manière dont ces informations sont présentées aux familles « est très importante et peut influencer considérablement leur acceptation ». Pour maximiser cette acceptation, la direction exige du personnel qu’il présente ces actes médicaux comme une norme incontournable, minimisant ainsi toute possibilité de remise en question.
Des consignes strictes pour dissimuler le droit de refus
Les attentes définies par la direction de Kaiser sont particulièrement directives quant à la manipulation du langage employé face aux jeunes parents. Il est formellement demandé aux employés de :
- Présenter ces médicaments comme des soins de routine et standards.
- Utiliser un langage clair, confiant et cohérent.
- Éviter de présenter ces soins comme optionnels, à moins que les parents n’expriment spécifiquement des hésitations.
Plus loin dans le document, une consigne encore plus troublante stipule : « Évitez de dire ‘c’est facultatif’ ou ‘vous pouvez refuser’ à moins qu’on ne vous le demande directement. » L’objectif est clair : imposer le traitement par défaut en omettant volontairement d’informer les parents de leur droit de refuser, à moins qu’ils ne posent eux-mêmes la question.
Le script imposé au personnel médical
Pour s’assurer que les infirmières et les médecins ne laissent aucune place au doute, l’établissement fournit un scénario précis à réciter aux parents. Au lieu de demander l’autorisation ou le consentement, le personnel doit affirmer d’emblée l’action qui va être réalisée :
« Dans le cadre de nos soins de routine pour les nouveau-nés, nous allons administrer à votre bébé trois médicaments importants. Cela comprend une injection de vitamine K pour prévenir les saignements graves, une pommade ophtalmique pour le protéger contre les infections, et le vaccin contre l’hépatite B pour aider à protéger votre bébé contre des maladies graves. Ces soins sont standards pour tous les nouveau-nés et contribuent à garder votre bébé en sécurité et en bonne santé. »
Si les parents posent des questions ou montrent des signes d’hésitation, le personnel est invité à répondre que ces médicaments sont « utilisés en toute sécurité depuis de nombreuses années et sont fortement recommandés ». En cas de refus persistant, la situation ne doit pas être simplement acceptée, mais doit être signalée et transmise à un néonatologiste pour une discussion plus approfondie.
L’antithèse du consentement éclairé
Aaron Siri dénonce avec fermeté cette approche institutionnelle. Selon lui, imposer un vocabulaire tel que « nous allons administrer » en lieu et place d’une demande de consentement, et cacher délibérément le caractère facultatif de l’acte médical, représente l’antithèse absolue du principe fondamental de consentement éclairé.
Paradoxalement, le document interne de Kaiser conclut en affirmant que leur objectif est de « s’assurer que les familles se sentent informées et soutenues », tout en remerciant le personnel pour son dévouement à « l’excellence des soins aux patients et aux familles ». Une rhétorique qui contraste violemment avec les instructions explicites visant à taire les droits de refus des patients.
Source : Aaron Siri

