
Au nord de Londres, dans le quartier de Barnet, se cache l’une des structures de jardinage les plus fascinantes qui soient. Sur sa parcelle de Cool Oak Lane, qu’il cultive avec passion depuis 14 ans, Steve Mill a érigé un impressionnant tunnel comestible de 40 mètres de long. Récemment récompensé par le concours Top of the Plots de Gardena, cet espace privé est une véritable source d’inspiration, mêlant l’esthétique d’une arche fleurie à l’abondance d’un verger luxuriant.

Une inspiration venue d’Afrique du Sud
L’idée de cette structure spectaculaire trouve ses racines il y a plusieurs années, lorsque Steve a observé des plantes palissées devant une pépinière en Afrique du Sud. Fasciné par la façon dont on pouvait sculpter et diriger la croissance des végétaux, il a décidé de recréer cette magie sur sa propre parcelle, beaucoup plus grande que la précédente, lui offrant ainsi l’espace nécessaire pour planter de nombreux arbres fruitiers.
La conception du tunnel a été dictée par la disposition du terrain. Pour contourner les plantes déjà existantes et créer un chemin menant à sa cabane de jardin, Steve a imaginé une structure en forme de « S » très étiré. Cette courbure subtile permet de voir à travers toute l’arche tout en apportant une perspective organique et harmonieuse.

L’ingéniosité de la structure et de la culture en espalier
Pour bâtir cette voûte d’environ 2,4 mètres de haut, Steve a détourné des matériaux de serre tunnel classique. Il a utilisé des arceaux métalliques, des fixations et des tubes de support horizontal pour créer une armature solide. À la base de chaque poteau, il a planté un pommier greffé sur un porte-greffe semi-nain.
Le secret de l’abondance et de la forme de ce tunnel réside dans une technique de taille très stricte :
- La taille en espalier : Les branches sont formées sur trois niveaux horizontaux distincts.
- Une taille bisannuelle : Contrairement à la plupart des arbres fruitiers qui ne sont taillés qu’en hiver, Steve effectue une taille estivale très sévère au milieu de l’été pour éliminer les longues pousses vertes. La taille hivernale sert ensuite uniquement à parfaire la forme.
- L’accessibilité : La hauteur de la structure (entre 1,8 et 2,1 mètres) a été pensée pour qu’il puisse récolter et tailler sans jamais avoir besoin de sortir une échelle.

Des citrouilles suspendues comme des boules de Noël
Le manque d’espace au sol a poussé ce jardinier ingénieux à repenser la culture des courges. Les lianes de citrouilles pouvant s’étaler sur 6 à 9 mètres, il a décidé de les faire grimper sur les arceaux. Le résultat est féérique : les citrouilles pendent du plafond végétal telles des globes colorés. Lorsque la lumière de fin de journée traverse le feuillage, le tunnel prend une dimension presque magique.
Outre les pommes et les citrouilles, cette arche foisonnante abrite des poires, des pêches, des prunes, mais aussi des plantes ornementales comme des clématites, des glycines et des rosiers grimpants. Seule ombre au tableau : certaines variétés, comme la pomme Katy (excellente pour le cidre mais moins pour la table), ont tendance à faire chuter leurs fruits très rapidement. Face à cette abondance, Steve distribue généreusement ses récoltes à ses collègues et amis.

Comment créer votre propre arche comestible ?
Si ce projet monumental fait rêver, Steve rappelle qu’il est tout à fait possible de l’adapter à un petit jardin. Voici ses recommandations fondamentales :
- Les dimensions idéales : Prévoyez une largeur permettant au moins d’étendre les bras, afin d’éviter tout sentiment de claustrophobie et d’assurer une bonne circulation de l’air et de la lumière.
- La longueur modulable : Une arche n’a pas besoin de faire 40 mètres. Une simple structure d’un mètre de long avec deux poteaux suffit pour commencer.
- Le choix des plantes : Laissez libre cours à votre imagination (pommes, poires, roses…), tout peut s’adapter à condition de maîtriser la taille.
Une astuce surprenante pour un entretien sans effort
Malgré l’ampleur de la tâche, Steve a su optimiser son temps, concentrant les travaux lourds (terrassement, apport de compost) durant l’hiver. Mais son secret le plus étonnant concerne l’entretien de son allée centrale enherbée, sur laquelle il aime marcher pieds nus.
Pour gagner du temps et nourrir son sol, il jette simplement ses déchets de taille et de désherbage directement sur la pelouse. Il passe ensuite la tondeuse par-dessus, ce qui broie les déchets et les transforme en un compost instantané. Cette méthode réduit le travail, limite la repousse des mauvaises herbes et lui permet de conserver un gazon d’un vert éclatant, parfaitement rayé, digne des plus beaux jardins anglais.

Source : Huw Richards
