
Une carotte capable de révéler les origines de nos pathologies modernes n’est pas une fiction, mais le résultat concret d’une recherche scientifique majeure. Des chercheurs de l’Université de Reno, aux États-Unis, ont prélevé au Groenland une carotte glaciaire d’une valeur inestimable. Témoin privilégié de l’histoire de notre atmosphère, cette glace a conservé la mémoire des activités humaines. Les analyses révèlent qu’à partir de l’année 1772, marquant les débuts de l’ère industrielle, une pollution grandissante s’est installée à la surface de la Terre, caractérisée par une accumulation de métaux lourds tels que le thallium, le cadmium et le plomb.
Cette accumulation soulève une question fondamentale : ces métaux toxiques accumulés au fil des siècles sont-ils responsables de la multiplication de nombreuses maladies comme l’autisme, les troubles de l’attention, l’asthme ou certains cancers ? Pour y répondre, les scientifiques s’intéressent aux moyens d’exfiltrer ces éléments toxiques des organismes.
La chélation : histoire et principes de détoxication
La chélation est un procédé médical visant à éliminer la présence de métaux nuisibles dans l’organisme grâce à l’intervention d’un agent chélateur chimique ou organique. Utilisée à l’origine après la Seconde Guerre mondiale pour traiter les victimes de gaz toxiques, cette méthode s’est d’abord appuyée sur le dimercaprol, reconnu pour son efficacité contre les empoisonnements à l’arsenic, à l’or et au mercure.
Dans les années 1950, le Dr Norman Clarke, directeur de recherche au Providence Hospital de Détroit, observe que l’utilisation de l’acide éthylènediaminetétraacétique (EDTA) apporte des bénéfices inattendus. Les patients constatent une réduction des douleurs d’angine de poitrine liées au blocage artériel, une amélioration de la mémoire et de la sensibilité des sens (vue, ouïe, odorat), ainsi qu’un regain d’énergie général.
Aujourd’hui, la thérapie par chélation connaît un engouement majeur au Japon. Dans les centres de médecine anti-âge du quartier de Ginza à Tokyo, des étages entiers sont réservés à ces soins qui attirent une patientèle nombreuse.
Le glutathion, chélateur naturel de l’organisme
Le corps humain dispose de son propre responsable interne de la chélation : le glutathion. Considéré comme l’antioxydant intracellulaire le plus important, il permet notamment de régénérer d’autres vitamines antioxydantes comme les vitamines C et E.
Au niveau du foie, le glutathion joue un rôle central pour neutraliser les agents polluants. Il se lie aux toxines, aux métaux lourds (mercure, plomb, cadmium), aux pesticides et aux carcinogènes pour les rendre hydrosolubles, facilitant leur évacuation par la bile ou les urines. Ce processus s’appuie sur des enzymes spécifiques, comme la glutathion-S-transférase-mu-1 (GSTM1), actives lors de la phase II de la détoxication cellulaire.
Pour maintenir un bon niveau de glutathion, l’alimentation constitue le premier levier. On en trouve dans des sources végétales telles que :
- Le melon et la courge
- Les asperges et les brocolis
- Les tomates crues et les carottes
- Le chou-fleur et les oignons
Compléments et thérapies médicamenteuses
Pour soutenir la production de glutathion, certains compléments apportent une aide ciblée. Le chardon-marie contient un extrait actif, la silymarine, qui augmente le taux de glutathion (à hauteur de 200 à 250 mg par jour pendant au moins deux mois). La N-Acétyl-Cystéine (NAC) permet également d’augmenter les niveaux de glutathion intracellulaire dans les cellules du foie et des poumons (à raison de 600 mg par jour).
Face aux niveaux actuels de pollution, des chélateurs médicamenteux ont été conçus à partir de molécules proches de la structure du glutathion, tels que l’EDTA, le DMPS, le DMSA ou le BAL. Administrés principalement par injection (à l’exception du DMSA pris par voie orale), ces traitements présentent des contre-indications en cas d’insuffisance rénale ou hépatique, d’hypertension artérielle ou de grossesse.
D’après le journaliste scientifique Julien Venesson, les données de recherche indiquent une efficacité sur plusieurs affections :
- L’autisme : amélioration de la communication verbale et non verbale, du contact social et de l’odorat chez les enfants traités.
- Les troubles déficitaires de l’attention et l’hyperactivité (TDAH).
- Les neuropathies d’origine inconnue : troubles de la mémoire, engourdissements, syndrome de fatigue chronique et fibromyalgie.
- L’asthme résistant aux traitements classiques.
- Certains cancers.
Un protocole de chélation classique peut comprendre 20 à 50 séances durant jusqu’à quatre heures, au cours desquelles sont administrés 1500 à 3000 mg d’EDTA accompagnés de vitamines et de nutriments.
Résultats cliniques sur la santé cardiovasculaire
Bien que ces approches médicamenteuses ne soient pas autorisées en France, les travaux de recherche se poursuivent aux États-Unis. Lors d’un congrès de cardiologie à San Francisco en 2013, l’équipe du Dr Gervasio Lamas a présenté les résultats d’une étude menée sur plus de 1700 personnes ayant déjà subi un accident cardiovasculaire.
L’essai comparait quatre groupes selon un protocole expérimental rigoureux combinant chélation, vitamines fortement dosées ou placebos sur une période de deux ans et demi. Les résultats ont démontré que l’utilisation conjointe de la chélation et des vitamines réduisait de 26 % l’incidence d’un nouvel événement cardiovasculaire par rapport au groupe placebo. Cette synergie s’explique par le fait que le chélateur capte non seulement les métaux lourds mais aussi des minéraux indispensables comme le calcium, qui sont alors réapportés par le complément multivitaminé.
Lors de cette présentation, le Dr Lamas a souligné la transformation de cette pratique en réelle démarche scientifique. Son confrère de l’Université Duke, le Dr Ohman, a pour sa part mis en avant la puissance méthodologique de l’étude et l’intérêt d’en prendre en compte les résultats cliniques probants.
Approches naturelles et méthode des bains dérivatifs
Du côté des chélateurs naturels, une certaine prudence reste de mise. Des ingrédients tels que la chlorella, l’ail, la coriandre, le sélénium ou l’acide alpha-lipoïque sont fréquemment cités pour leur potentiel détoxifiant, bien que des travaux scientifiques complémentaires soient encore nécessaires pour établir définitivement leurs mécanismes d’action.
Enfin, une technique manuelle popularisée par France Guillain, la méthode des bains dérivatifs, propose de stimuler l’élimination des toxines par la voie intestinale. Le principe consiste à refroidir les plis de l’aine et le périnée tout en gardant l’ensemble du corps au chaud. Cette différence de température crée une circulation des fluides corporels qui emportent les déchets vers la zone rafraîchie pour favoriser leur évacuation naturelle. La démarche s’effectue à l’aide de poches de gel spécifiques ou d’eau fraîche, à raison de 30 minutes maximum par jour.
Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma







