Tu bois du lait? Pourquoi?

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Le principe de précaution est une manière élégante de dire « mieux vaut prévenir que guérir ». Souvent appliqué lors de décisions à risque d’affecter la santé publique ou l’environnement, le principe de précaution affirme que des preuves rigoureuses – et non la preuve absolue – devraient suffire à orienter les politiques publiques concernant les enjeux majeurs.

La santé des enfants de notre nation est un de ces enjeux d’importance majeure. Ceux et celles d’entre nous engagés dans le débat sur le petit déjeuner à l’école peuvent ne pas s’entendre sur plusieurs points, mais quand il s’agit de la santé de nos enfants, nous sommes tous d’accord avec « mieux vaut prévenir que guérir. »

Du moins, nous devrions l’être.

La semaine dernière, mes collègues et moi avons publié un rapport intitulé « Appliquer le principe de précaution à la nutrition et au cancer » dans le Journal de l’American College of Nutrition. Le rapport met en garde contre la forte association entre le cancer et le lait, un aliment de base des repas des écoliers.

Nous avons découvert que la consommation de 35 g de protéines laitières chaque jour, l’équivalent d’une tasse de mozzarella faible en gras, augmente le risque de cancer de la prostate de 32 pour cent. Boire seulement deux verres de lait par jour augmente le risque de 60 pour cent.

La connexion entre produits laitiers et cancer n’est pas nouvelle. Les chercheurs de Harvard ont constaté que les hommes buvant deux verres de lait ou plus par jour sont presque deux fois plus susceptibles de développer un stade avancé ou une propagation du cancer de la prostate que ceux qui ne boivent pas de lait. Une autre étude publiée plus tôt cette année a révélé que les régimes riches en viande et produits laitiers étaient liés à un quadruplement du risque de décès par cancer – ce qui signifie que manger beaucoup de produits animaux peut être tout aussi dangereux que de fumer.

Nous ne sommes pas à 100 pour cent sûr pourquoi les produits laitiers sont si dangereux, mais leur haute teneur en matières grasses est du moins partiellement à blâmer. Une étude menée sur plus de 90 000 femmes a démontré que celles dont le régime est élevé en gras de source animale avaient un risque de 40 à 50 pour cent plus élevé de cancer du sein par rapport aux femmes qui en mangeaient le moins.

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Certes, nous ne pouvons pas affirmer avec une certitude absolue que les produits laitiers causent le cancer. Afin de prouver cela au-delà de tout doute, il faudrait mener un essai randomisé contrôlé: le standard élevé en matière de recherche. Mais lorsque la probabilité de causer du dommage est élevée, une telle étude défie les règles de l’éthique. C’est pourquoi aucun ERC n’a été mené afin de prouver que le tabac cause le cancer du poumon.

Au lieu de cela, nous disons « mieux vaut prévenir que guérir » et nous fions à notre bon jugement – et aux preuves scientifiques rigoureuses que nous avons déjà.

Alors pourquoi appliquons-nous tout le contraire en exposant les enfants à des aliments nocifs? Bourrer les repas des enfants de produits laitiers cancérigènes équivaut à les souscrire à une expérience grande échelle tout à fait contraire à l’éthique, dont les résultats apparaissent déjà sombres.

La réponse est que, avec la politique d’aujourd’hui, le profit l’emporte sur la précaution. Malgré le risque plus-que-probable, le ministère de l’agriculture des États-Unis admet ouvertement que « le gouvernement fédéral encourage la consommation de produits laitiers. » Depuis le milieu des années 1990, l’industrie laitière a reçu plus d’un milliard de dollars en subventions fédérales et a gagné des milliards de plus de la part du « National School Lunch Program. »

L’USDA gère également un programme laitier de contributions obligatoires faisant la promotion d’un large éventail de produits, en passant des hamburgers MacDonald par la pizza Domino. Le programme a aidé MacDonald à vendre 6 millions de livres de fromage supplémentaires en 2009 et a permis d’intégrer la pizza Domino dans plus de 2000 écoles en 2011. Il continue de promouvoir aux enfants d’autres produits laitiers malsains, y compris le lait et le yogourt sucré, en passant par le déjeuner et le dîner à l’école.

Non seulement ces programmes sont de toute évidence des revenus corporatifs, mais ils sont d’autant plus en contradiction directe avec les directives diététiques établies par l’USDA elle-même. Ces directives, conçues pour aider les américains à « maintenir un poids santé, promouvoir la santé et prévenir la maladie, » invitent les consommateurs à limiter leur consommation de graisses saturées, de sodium et de sucre.

Il s’avère que les produits laitiers sont la principale source de gras obstruant les artères, tout en étant aussi l’une des principales sources de sucre et de sodium dans l’alimentation des américains. En grande partie à cause du lait et du fromage, un enfant d’âge scolaire sur cinq a désormais un taux de cholestérol élevé – un précurseur de maladies cardiaques. Un tiers des enfants est obèse ou en surpoids alors qu’un enfant sur trois développera le diabète au cours de sa vie.

Face à ces épidémies, je mets au défi le Congrès Américain et mes collègues défenseurs de repas scolaires sains à penser au-delà des normes en vigueur. Il est temps d’ouvrir un débat plus large sur ce qui devrait et ne devrait pas être dans les assiettes de nos enfants – et de laisser la précaution nous guider.

Levin, M.S., R.D., est directrice de l’éducation en nutrition pour l’organisme à but non lucratif Physicians Committee for Responsible Medicine.

Article original: The Hill

Traduction: Santé Radieuse

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Un commentaire

  1. Gueddiche Romdhane dit :

    Merci de toutes ces informations très utiles.

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