100 ans et toujours en forme : les remèdes de grand-mère de Germaine Cousin

100 ans et toujours en forme : les remèdes de grand-mère de Germaine Cousin

Et si les solutions les plus efficaces pour prendre soin de votre santé se trouvaient déjà dans votre cuisine ou votre jardin ? C’est le message porté par Germaine Cousin, née le 22 avril 1925, véritable figure emblématique des remèdes de grand-mère en France. Aux côtés de son fils Raymond, elle partage dans un webinaire organisé par Nouvelle Page Santé des recettes naturelles transmises de génération en génération, des savoirs ancestraux qui ont fait leurs preuves au fil des siècles.

Une vie marquée par la guérison naturelle

Depuis les années 50, notre mode de vie s’est radicalement transformé, balayant au passage des savoirs acquis pendant des siècles grâce à l’observation et l’expérience. À une époque où consulter un médecin n’était pas à la portée de toutes les familles, nos grands-mères trouvaient des solutions avec les moyens à leur disposition : les richesses de la nature.

Germaine Cousin incarne parfaitement cette transmission. Depuis 1992 et la parution d’un premier article dans le magazine Fémina, elle est devenue une référence incontournable. Pour collecter ses recettes, elle a sillonné les communes de sa vallée, contactant les mairies pour identifier les personnes qui soignaient encore avec des méthodes traditionnelles comme les ventouses et les cataplasmes. Ces précieuses recettes, recueillies de bouche à oreille, ont ensuite été compilées dans plusieurs ouvrages.

L’accident qui a tout changé

Un événement dramatique survenu dans l’enfance de Germaine a forgé sa conviction profonde envers les remèdes naturels. À l’âge de 12 ans, un grave accident de luge lui cause un tassement de vertèbres, une distorsion entre les vertèbres et une fissure à la colonne vertébrale. Le médecin est catégorique : la jeune fille restera paralysée. Pour qu’elle puisse simplement s’asseoir, il faudra la maintenir dans un carcan pendant un an et demi à deux ans.

Sa mère suit les consignes, mais ajoute un geste crucial : elle frictionne sa fille deux à trois fois par jour avec une lotion d’arnica et de millepertuis. L’arnica réduit l’inflammation tandis que l’huile de millepertuis, à la longue, contribue à la reformation des coussinets entre les vertèbres. Près de deux ans plus tard, lors de la radio de contrôle, le médecin annonce une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne : Germaine pourra remarcher. La mauvaise : elle devra porter un corset toute sa vie, ne pourra pas avoir d’enfants et ne pourra pas travailler à la campagne.

Résultat ? Germaine a cultivé son jardin pendant des décennies, a eu un fils et n’a jamais porté de corset. Elle a continué à se faire frictionner le dos avec la lotion d’arnica et de millepertuis bien après la disparition de ses douleurs, par simple précaution.

Le sirop de vinaigre de pomme au miel : un remède universel

Parmi toutes les recettes transmises par Germaine, l’une se distingue par sa simplicité remarquable : le sirop de vinaigre de pomme au miel. La préparation est élémentaire : mélangez 1 litre de vinaigre de pomme (ou vinaigre de cidre) avec 500 g de miel. Pour les enfants, vous pouvez augmenter la proportion de miel à 1 kg afin d’adoucir le goût.

Ce mélange agit en régulant le pH de l’organisme. Comme le rappelle Raymond, toute maladie se développe sur un terrain trop acide. En prenant une cuillère à soupe de ce sirop diluée dans un verre d’eau, une à trois fois par jour, on contribue à désacidifier le terrain et à se prémunir de nombreux problèmes de santé. Il est aussi possible d’enrichir cette base avec du chlorure de magnésium pour renforcer l’immunité, ou des teintures mères de plantes spécifiques selon les besoins.

Raymond insiste sur un point essentiel : vérifiez bien que votre miel est authentique et non une simple mélasse, car la qualité des ingrédients conditionne l’efficacité du remède.

La cure de saison : le remède dont Germaine est la plus fière

La cure saisonnière occupe une place particulière dans le cœur de Germaine. C’est grâce à elle qu’elle a évité une opération lorsqu’on lui a diagnostiqué une tumeur maligne au rein. Les médecins voulaient lui retirer le rein, mais elle a choisi d’essayer cette recette ancestrale, autrefois utilisée contre la tuberculose à une époque où les paysans n’avaient pas les moyens d’aller au sanatorium.

Le principe repose sur trois teintures mères et trois huiles essentielles (en flacons de 10 ml), mélangées dans un saladier avec 1 kg de miel un peu liquide. Le tout est homogénéisé à l’aide d’une spatule en bois — jamais de métal. On prend ensuite une cuillère à soupe de ce sirop trois fois par jour avec un verre d’eau. Germaine a réalisé trois cures successives, avec des pauses entre chacune, sur une durée totale de cinq mois. À l’issue de ce protocole, elle était guérie.

Raymond apporte toutefois une nuance importante : les résultats varient d’une personne à l’autre. Germaine appartient à une génération qui a bénéficié d’une alimentation saine dès l’enfance, sans la présence omniprésente de produits chimiques. Les personnes ayant eu une alimentation saine obtiennent généralement de meilleurs résultats avec une approche naturelle que celles dont l’organisme est déjà affaibli ou intoxiqué. Le capital santé d’origine joue un rôle déterminant.

Le programme annuel de Germaine

À bientôt 100 ans, Germaine suit un programme rigoureux qui alterne différentes cures tout au long de l’année. Voici son calendrier :

  • Cure de clous de girofle (printemps) : placez six clous de girofle dans un verre d’eau le soir. Le lendemain, jetez les clous, buvez l’eau, puis remettez sept clous, puis huit, neuf, dix, jusqu’à seize. Redescendez ensuite d’un clou par jour jusqu’à revenir à six, sur 21 jours au total. Cette cure nettoie la vessie et les reins.
  • Cure de saison (avril et novembre) : la fameuse cure en deux phases — la première pour nettoyer et drainer les émonctoires, la seconde pour renforcer l’immunité. Depuis qu’elle la pratique, Germaine n’a plus jamais eu de grippe.
  • Vin de persil (juin et décembre) : cette cure lui a permis d’éviter la prise de médicaments après un angine de poitrine. Elle la répète deux fois par an depuis dix ans.
  • Été et hiver : compléments alimentaires, oligoéléments et vitamines.

En parallèle, Germaine pratique des cures ponctuelles de trois semaines. L’une consiste à faire tremper des abricots secs dans un verre d’eau le matin, puis à boire l’eau et manger les abricots le lendemain. C’est un remède antifatigue et anticholestérol. Raymond précise qu’il faut choisir des abricots secs biologiques de couleur brune plutôt que jaune, car les jaunes contiennent un produit pour empêcher l’oxydation.

Une autre cure repose sur neuf amandes trempées dans l’eau depuis la veille. Le chiffre neuf, multiple de trois, a son importance dans la tradition. Il faut jeter l’eau, peler les amandes (car la pelure est nocive à la longue) puis les consommer. Ce remède renforce les défenses immunitaires.

Gargarismes à la sauge : un remède simple contre la toux

Raymond partage l’un de ses remèdes favoris pour les premiers symptômes de refroidissement. Placez trois à cinq feuilles de sauge officinale dans une grande tasse, laissez infuser, puis une fois l’infusion tiède, ajoutez une cuillère à soupe de vinaigre de pomme et une cuillère à café de miel. Attention : ne mettez jamais le miel dans un liquide bouillant, car cela dégraderait ses propriétés.

Gargarisez-vous avec ce mélange quotidiennement. Au début, les glaires expulsées sont brunes, presque noires. Continuez jusqu’à ce qu’elles redeviennent transparentes. C’est un remède sans aucun effet secondaire qui permet de nettoyer efficacement les voies respiratoires.

Citron et bicarbonate : le geste express pour la digestion

Pour les difficultés digestives — crise de foie, repas trop lourd, fondue qui passe mal — Raymond propose une recette rapide. Préparez deux verres séparés : dans l’un, versez environ 1,5 à 2 cm de jus de citron, dans l’autre, une bonne demi-cuillère de bicarbonate de soude dilué dans un peu d’eau tiède. Utilisez de l’eau du robinet froide chauffée à la bouilloire, jamais l’eau chaude du ballon d’eau chaude.

Buvez d’abord le verre de bicarbonate, puis immédiatement le jus de citron par-dessus. La réaction chimique entre l’acide et le basique va se produire dans l’estomac, provoquant une effervescence. Bien que le citron semble acide, il est en réalité alcalinisant. Cette réaction tamponne le pH de l’estomac et soulage quasi instantanément les crises de foie et les troubles digestifs. C’est également efficace en cas de réveil nocturne lié à une mauvaise digestion.

La discipline comme clé de la santé durable

Un point revient sans cesse dans les propos de Germaine et Raymond : la patience et la persévérance sont indispensables. Contrairement aux médicaments qui coupent la douleur rapidement, les remèdes naturels agissent en profondeur sur la cause, ce qui demande du temps. Beaucoup de personnes abandonnent après deux ou trois jours sans résultat, mais celles qui persistent obtiennent de vrais bénéfices.

Germaine a d’ailleurs consigné tout son programme sur une feuille affichée dans sa cuisine. Elle enchaîne les cures l’une après l’autre, sans jamais en cumuler plusieurs simultanément. Chaque matin, elle boit un jus de fruits ou de légumes, mange une banane et une pomme avant le déjeuner, s’assurant ainsi ses apports quotidiens en fruits et légumes. Le reste de la journée, elle mange ce qu’elle veut.

Fait remarquable : depuis six ans, Germaine n’est plus allée chez le médecin. Depuis le covid, elle a acheté un tensiomètre et des bandelettes urinaires pour se surveiller elle-même. À bientôt 100 ans, sans douleur nulle part, elle reste la preuve vivante qu’il vaut mieux soigner la santé que la maladie. Comme elle le résume : en faisant de la prévention, on résiste, et en soignant la santé, on reste en forme.

Source : Nouvelle Page Santé