Dans un contexte de tensions croissantes entre agriculteurs et autorités, un événement récent en Ariège a suscité l’indignation. Le 12 décembre 2025, 210 bovins et leurs veaux ont été abattus par les forces de l’ordre dans une ferme locale. Cet abattage, réalisé sous haute surveillance avec hélicoptères et gaz lacrymogènes, s’inscrit dans une série d’opérations similaires justifiées par la présence de la dermatose nodulaire contagieuse. Pour éclairer ce sujet, un entretien avec Jean-Marc Sabatier, directeur de recherche au CNRS et docteur en microbiologie, révèle des aspects scientifiques et des enjeux plus profonds.
Les faits de l’abattage en Ariège
L’opération en Ariège a mobilisé des CRS et des moyens importants, transformant la ferme en scène de confrontation. Des agriculteurs venus soutenir les éleveurs ont été confrontés à une répression intense, avec des animaux et des personnes gazés. Cet événement n’est pas isolé : d’autres abattages ont eu lieu ces derniers mois, souvent annoncés à la dernière minute, laissant peu de temps pour réagir. En Ariège, les éleveurs ont pu se mobiliser, mais les autorités ont maintenu leur décision, invoquant un risque sanitaire.
Les pressions exercées sur les éleveurs sont intenses. Selon des informations rapportées, des amendes de 5 000 euros par jour, la suppression des aides de la Politique agricole commune (PAC) et l’interdiction de commercialiser les produits de la ferme forcent souvent à céder. Dans ce cas précis, une ferme gérée par deux frères a vu des divergences internes : l’un s’opposait à l’abattage, mais le majoritaire a accepté, sous la contrainte.
La dermatose nodulaire contagieuse : une maladie surévaluée ?
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est causée par un virus ADN du genre Capripoxvirus, similaire à ceux de la variole ovine et caprine. Non transmissible à l’homme, elle se manifeste par des nodules cutanés et des lésions. La période d’incubation varie de 4 à 14 jours, parfois jusqu’à 28 jours. Le taux de mortalité est faible, de l’ordre de 1 à 2 %, et rarement supérieur à 10 %. La plupart des animaux guérissent spontanément en quelques semaines, sans traitement.
Des options thérapeutiques existent pourtant. L’ivermectine, un antiparasitaire aux propriétés antivirales, combinée à des anti-inflammatoires non stéroïdiens (pour soulager inflammation, douleur et fièvre), est efficace. Des compléments comme le cuivre, le sélénium, le zinc, ou les vitamines A, D3 et E aident à la récupération. Pour les lésions, des applications de chlorhexidine ou d’iode dilué suffisent. En cas de surinfections, des antibiotiques comme les pénicillines ou macrolides peuvent être utilisés. Ces traitements rendent l’abattage systématique injustifié sur le plan scientifique.
Un prétexte pour réduire le cheptel bovin ?
Selon Jean-Marc Sabatier, ces abattages ne relèvent pas d’une stratégie sanitaire, mais d’un plan plus large. Un rapport de la Cour des comptes de mi-2023 préconise une réduction du cheptel français de 30 % d’ici 2035, au nom de la réduction des émissions de méthane et de l’empreinte carbone. La DNC servirait d’excuse pour accélérer cette diminution, qui pourrait atteindre 50 % et impacter la santé publique en limitant l’accès à la viande bovine.
La France est le seul pays à procéder à de tels abattages massifs pour cette maladie. Les syndicats agricoles montrent des divisions : la Confédération paysanne s’oppose fermement, tandis que la FNSEA nationale soutient les mesures, contrairement à sa branche locale en Ariège. Des articles de presse évoquent des conflits d’intérêts potentiels pour le président de la FNSEA, liés à des intérêts agroalimentaires en Argentine via des multinationales comme Avril.
Les enjeux de la vaccination massive
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un plan de vaccination pour un million de bovins, utilisant des vaccins à virus atténué comme celui de Merck (souche Neethling). Problème majeur : ces vaccins provoquent des effets secondaires mimant la DNC, tels que nodules et lésions cutanées, menant potentiellement à plus d’abattages. Des tests PCR de la société Biocell peuvent distinguer infection réelle et effets vaccinaux, mais leur fiabilité est contestée, car ils dépendent du nombre de cycles d’amplification et peuvent être manipulés.
Des observations dans les abattoirs rapportent des nécroses importantes au site d’injection, jusqu’à 17 ou 19 kg de tissu affecté chez une vache (pesant 600 à 750 kg). Ces effets rappellent ceux de vaccins à ARN messager pour d’autres animaux, comme les porcs contre la grippe H3N2. La viande issue de ces animaux soulève des questions de salubrité : les ARN messagers auto-amplifiants, protégés par des adjuvants (lipides cationiques, squalène, nanoparticules d’oxyde de fer), résistent à la cuisson et à l’acidité gastrique, pouvant interagir avec l’organisme humain.
Ce mouvement s’inscrit dans une accélération de la vaccination animale en France, comme pour les canards contre la grippe aviaire H5N8 avec le vaccin ResponSIA H5, qui comporte des risques de nécrose ischémique. À l’horizon 2030, il pourrait devenir difficile de consommer de la viande non vaccinée, avec environ 500 vaccins à ARN messager en développement pour humains et animaux.
Que faire face à cette situation ?
Pour contrer ces mesures, une pétition citoyenne adressée à la ministre de l’Agriculture demande l’arrêt immédiat des abattages inutiles. Déjà signée par plus de 70 000 personnes, elle vise à sensibiliser et à agir. Jean-Marc Sabatier insiste sur la prévention : isoler les animaux malades, transmis par des insectes piqueurs (mouches, tiques, moustiques), plutôt que vacciner massivement, ce qui risque d’aggraver les problèmes.
Nous devons agir immédiatement pour empêcher qu’une telle situation se reproduise. C’est la raison pour laquelle nous relayons cette pétition citoyenne.
Adressée à Madame Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture, elle demande la fin immédiate de l’abattage inutile des troupeaux.
Source : Alternatif Bien-Être
