Le VRAI problème du psoriasis et de l’eczéma (ce n’est pas la peau) – Dr Dupont

Le VRAI problème du psoriasis et de l'eczéma (ce n’est pas la peau) - Dr Dupont

Pourquoi l’eczéma et le psoriasis reviennent-ils inlassablement malgré les traitements ? C’est le constat amer que partagent des milliers de personnes : les symptômes s’atténuent un temps, puis les plaques réapparaissent, souvent plus fortes qu’avant. Dans un entretien filmé dans son cabinet, le Dr Paul Dupont, dermatologue et ancien chef de clinique en endocrinologie-nutrition, propose une lecture radicalement différente de ces maladies de peau. Selon lui, le véritable problème ne se situe pas à la surface, mais à l’intérieur de l’organisme.

Le témoignage d’Alice : 16 ans de traitements sans résultat durable

Alice a vécu avec un psoriasis généralisé pendant seize ans. Les plaques couvraient son dos, ses coudes, ses genoux, son visage. Elle a d’abord été traitée par des crèmes à base de corticoïdes, puis par le méthotrexate, un immunosuppresseur puissant. À neuf comprimés par semaine, elle a commencé à perdre ses cheveux et à avoir du mal à respirer. En lisant la notice, elle a réalisé qu’on lui avait prescrit une chimiothérapie. Lorsqu’elle a arrêté le traitement, un effet rebond spectaculaire s’est produit : les plaques ont littéralement explosé, s’étendant jusque dans le cou.

C’est à ce moment qu’elle a consulté le Dr Dupont à Toulouse. En cinq mois, sa peau est devenue lisse, son psoriasis avait blanchi et les démangeaisons avaient disparu. « J’ose enfin les manches courtes », témoigne-t-elle.

Une découverte fortuite : la cause métabolique des maladies de peau

Le Dr Dupont explique que sa découverte est née d’un heureux hasard. Fort de sa double formation en dermatologie et en endocrinologie-nutrition, il menait en 2005 des recherches sur la lécithine. Il prescrivait initialement de la lécithine de soja à des patients souffrant à la fois de problèmes hépatiques et de problèmes de peau. Certains sont revenus en consultation avec une amélioration inattendue de leurs plaques de psoriasis.

Le déclic s’est produit lorsqu’il a pu utiliser de la lécithine marine, extraite d’œufs de poisson et naturellement riche en oméga-3 sous forme de phospholipides. Contrairement aux oméga-3 classiques en gélules, qui se mélangent mal à l’eau et s’oxydent rapidement, les phospholipides constituent la forme naturellement assimilable par l’organisme. Ils composent 20 % du cerveau, des nerfs, et forment les membranes de toutes les cellules, y compris celles de la peau.

Le psoriasis : pas seulement une maladie auto-immune

Le Dr Dupont ne conteste pas la dimension immunitaire du psoriasis, mais il en propose une interprétation différente. Selon lui, le psoriasis résulte d’un emballement des kératinocytes (les cellules qui forment les squames) et des lymphocytes (cellules de l’immunité), qui se retrouvent simultanément surexcités. Cette « nervosité cellulaire » serait liée à des carences en nutriments essentiels, notamment en phospholipides.

En compensant ces carences par un apport en lécithine marine, il a observé un double apaisement : celui des cellules immunitaires et celui des cellules de la peau. « Il y a de plus en plus de travaux qui mettent en valeur les phospholipides dans les maladies de peau, et je pense qu’on est sur la bonne voie », affirme-t-il.

Les erreurs des traitements classiques

Pour le Dr Dupont, le problème majeur des traitements conventionnels est qu’ils sont purement symptomatiques. La cortisone, les biothérapies ou les immunosuppresseurs peuvent certes atténuer les plaques à court terme, mais ils ne traitent jamais la cause profonde. Il compare cette approche à un barrage :

L’eau s’accumule, et quand le barrage cède, il y en a deux fois plus. C’est ce qu’on observe dans l’eczéma et le psoriasis. Souvent, quelqu’un qui a un psoriasis du cuir chevelu traité aux corticoïdes finit par en avoir partout. Il n’en aura plus au cuir chevelu, mais il en aura ailleurs.

Il précise toutefois ne pas être opposé à ces traitements : ils restent nécessaires quand on ne peut pas faire autrement. Mais traiter la cause en parallèle représente selon lui une approche bien plus efficace sur le long terme.

Le stress et les émotions : déclencheurs majeurs

Au-delà des carences nutritionnelles, le Dr Dupont insiste sur le rôle fondamental du stress dans le déclenchement et l’entretien des maladies de peau. En quarante ans de pratique, il a constaté que pratiquement tous ses patients atteints de psoriasis avaient vécu un déclenchement brutal lié à un deuil ou à un choc émotionnel intense.

Il cite le cas d’une patiente qui, apprenant que son fils avait eu un grave accident de voiture, l’a cru mort. Durant le trajet entre Toulouse et Marseille, son psoriasis s’est déclenché. Le fils a survécu, mais elle a conservé son psoriasis pendant quarante ans. Selon le médecin, ces « émotions fixes internes » provoquent une perte d’apaisement du système neurovégétatif, qui se manifeste ensuite par la peau.

Pour l’eczéma, le mécanisme est similaire. Chez le tout petit enfant, c’est souvent la peur de l’abandon ou la contrariété qui déclenche les premières poussées. Par la suite, un cercle vicieux s’installe : chaque nouvelle contrariété provoque une nouvelle crise.

La lécithine marine : pierre angulaire du protocole

Le phospholipide clé identifié par le Dr Dupont est la phosphatidylcholine, précurseur de l’acétylcholine, un neuromédiateur du système neurovégétatif. Sous sa forme liée au DHA (un oméga-3), elle agirait à la fois sur les plaques de psoriasis et sur le moral des patients. Le médecin raconte qu’un patient, revenu après six mois de traitement avec des plaques en nette amélioration, s’est entendu dire par sa femme : « Tu te trouves pas plus cool ? Moi, je te trouve plus cool. »

Le protocole préconisé consiste à prendre 1000 mg de lécithine marine par jour (sous forme liquide) pendant deux à quatre mois, jusqu’à observer un début de blanchiment des plaques. La régénération se fait de l’intérieur vers l’extérieur de la plaque. Ensuite, le relais se prend avec des capsules dosées à 400 mg par jour, sur une durée de six à neuf mois selon les cas.

L’hygiène de vie : un pilier indispensable

Le Dr Dupont insiste sur plusieurs règles complémentaires :

  • Éviter le grattage, qui aggrave le psoriasis et provoque surinfection dans l’eczéma
  • Hydrater abondamment avec des produits naturels (glycérine, glycérolé d’amidon, oméga-3 en application locale)
  • Limiter l’alcool fort, qui détruit la bétaïne nécessaire au foie pour fabriquer la lécithine
  • Réduire les graisses saturées (fromage, charcuterie, viande grasse) qui entrent en compétition avec les oméga-3
  • Éviter le gel hydroalcoolique, particulièrement néfaste pour l’eczéma des mains
  • Surveiller le syndrome métabolique souvent associé au psoriasis (diabète, cholestérol, hypertension)

Pour retenir l’essentiel, le Dr Dupont propose un moyen mnémotechnique lié aux lettres PSO : Patience, Soleil, Optimisme. Le soleil améliore les plaques, l’optimisme évite de ressasser les soucis, et la patience est indispensable car la guérison prend du temps.

Enfin, le dermatologue mentionne une découverte récente concernant la membrane coquillière de l’œuf, qui contient du collagène de type dermique, de l’acide hyaluronique et de l’élastine, des éléments qui favorisent la régénération du derme et luttent contre le vieillissement cutané.

Source : Alternatif Bien-Être