
Face à la dépression, à l’anxiété, à la fatigue chronique ou aux chocs émotionnels, la médecine conventionnelle privilégie presque toujours une réponse unique : la prescription d’antidépresseurs. Ces molécules sont aujourd’hui devenues le troisième médicament le plus prescrit dans la population. En France, plus de 4 millions de personnes en consomment régulièrement, représentant un volume annuel de 45 millions de boîtes vendues, avec des répercussions sanitaires souvent ignorées des patients.
Une vaste méta-analyse regroupant 17 études a évalué l’impact réel de ces traitements sur la santé globale. Les conclusions révèlent que dans la population générale, l’usage d’antidépresseurs engendre une augmentation du risque de mortalité « toutes causes » de 33 %, ainsi qu’une hausse de 14 % du risque de subir un événement cardiovasculaire majeur, tel qu’une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.
Des études biaisées et une efficacité remise en question
Dans son ouvrage Antidépresseurs, mensonges et propagande, le journaliste Guy Hugnet décrit la manière dont la consommation de ces médicaments s’est généralisée sur la base de données biaisées :
« Les médecins n’ont pas dans les mains les vraies études – celles dont les résultats montrent une efficacité très limitée –, mais des études bidons, sans réelle rigueur scientifique, cautionnées par des pontes locaux ou nationaux, grassement rémunérés à cet effet. Tout ce que les généralistes savent du médicament c’est ce que leur présentent les laboratoires. L’objectif étant de les convaincre de la nécessité de prescrire ces médicaments pour qu’à leur tour, ils puissent en convaincre les patients. En matière de prescription de psychotropes, la croyance est fondamentale. »
Cette remise en question repose également sur des travaux scientifiques d’envergure. Une analyse portant sur 47 essais cliniques relatifs aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), la génération d’antidépresseurs incluant notamment le Prozac, a révélé des conclusions sans appel. Les ISRS ne présentent pas plus d’efficacité qu’un placebo dans les cas de dépressions légères à modérées, et même pour la plupart des dépressions graves. Chez les patients sévèrement atteints, la différence d’efficacité constatée s’explique davantage par une réponse plus faible au placebo que par un réel bénéfice thérapeutique de la molécule.
Comme le souligne le professeur Irvin Kirsch, du département de psychologie de l’Université de Hull, l’écart mesuré entre les patients traités par placebo et ceux sous ISRS est minime, ce qui indique qu’il est possible de guérir de la dépression sans recourir à des molécules chimiques.
En parallèle, d’autres travaux mettent en évidence des risques sanitaires significatifs associés à l’usage prolongé de ces traitements :
- Une augmentation du risque de cancer du sein ;
- Un risque accru de troubles du spectre autistique chez l’enfant en cas de consommation durant la grossesse ;
- Une hausse du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique ;
- Des effets secondaires fréquents tels que nausées, vertiges, troubles digestifs, migraines et fatigue chronique.
Les alternatives naturelles face aux dépressions légères et modérées
Bien que les cas de dépression très sévère puissent nécessiter un suivi médicamenteux strict, les approches naturelles démontrent une grande efficacité dans le traitement des formes légères à modérées. C’est à ces solutions que les praticiens devraient recourir en première intention.
Une méta-analyse menée auprès de 8369 femmes a démontré qu’un simple rééquilibrage alimentaire orienté vers le modèle méditerranéen exerce un rôle protecteur contre les symptômes dépressifs. La prise en charge globale repose sur plusieurs facteurs déterminants : l’optimisation des apports en vitamine D, la réduction drastique des sucres rapides et sodas, un apport adéquat en zinc, en vitamines B6 et B9, un sommeil réparateur, la pratique régulière d’un exercice physique et le maintien de relations sociales épanouissantes.
La L-tyrosine : le précurseur naturel de la motivation
Au milieu des années 1980, le Dr Patrick Lemoine, alors médecin à l’Hôpital psychiatrique du Vinatier à Lyon, a fait une découverte déterminante pour la prise en charge naturelle de la dépression. Il s’est intéressé à des patients hospitalisés souffrant de dépressions résistantes aux traitements classiques et présentant simultanément des symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson.
« Classiquement, on rattache la dépression à un dysfonctionnement au niveau de la sérotonine ou de la noradrénaline. Or, la maladie de Parkinson est de manière certaine liée à un déficit en dopamine par destruction progressive des neurones dopaminergiques d’un certain nombre de noyaux gris centraux car il s’agit d’une maladie neuro-dégénérative. Notre raisonnement a donc été simple : puisque rien ne marche avec ces patients, que leur seul déficit objectif concernait la dopamine, proposons-leur de les traiter avec un « stimulant » de ladite dopamine, c’est-à-dire un médicament anti-parkinsonien (piribédil, bromocryptine) ; les résultats ne se firent pas attendre puisque tous ceux qui présentaient les caractéristiques de la maladie de Parkinson furent très améliorés en quelques jours. »
Face à la baisse d’efficacité au long cours de ces médicaments de synthèse, l’équipe médicale a ensuite substitué la molécule par un précurseur naturel de la dopamine : la L-tyrosine. Cet acide aminé, naturellement présent dans l’alimentation (fromages, œufs, noisettes, viandes), a permis une amélioration rapide et durable, menant à une rémission complète des patients en moins d’une semaine.
Pour maintenir un niveau d’énergie et de motivation satisfaisant, le cerveau fabrique deux neurotransmetteurs majeurs : la dopamine et la noradrénaline. La dopamine suscite l’intérêt, l’anticipation du plaisir et stimule la sécrétion d’endorphines, garantissant la sensation de bien-être. La noradrénaline est quant à elle synthétisée directement à partir de la dopamine.
Un déficit en dopamine se traduit par un manque de tonus, une perte d’envie, des troubles de la libido ainsi qu’une fatigue physique et mentale. Sous l’effet d’un stress répété ou prolongé (surmenage, deuil, conflits), les neurones épuisent leurs réserves de noradrénaline et de dopamine. L’apport en L-tyrosine vient restaurer ces stocks et relancer la synthèse naturelle des neurotransmetteurs.
Modalités de supplémentation et précautions d’usage
Afin d’optimiser le passage de la L-tyrosine à travers la barrière hémato-méningée, il convient de limiter les acides aminés dits « compétiteurs » (leucine, isoleucine, valine). Cela implique de modérer la consommation de viande, de produits laitiers et de maïs. Par ailleurs, la consommation de glucides lents facilite l’assimilation musculaire de ces acides aminés compétiteurs grâce au rôle de l’insuline.
Pour un traitement efficace, les recommandations de dosage sont les suivantes :
- Posologie recommandée : 14 mg par kilogramme de poids corporel par jour, soit une dose quotidienne comprise entre 500 et 2000 mg.
- Moment de prise : à jeun le matin, au moins 30 minutes avant le petit-déjeuner, afin de prévenir toute compétition d’absorption intestinale.
- Préparation du terrain : réaliser une cure préalable de magnésium pendant 8 à 10 jours avant de commencer la L-tyrosine permet de limiter la nervosité, la fébrilité ou les insomnies associées à la sensibilité à la noradrénaline.
La supplémentation peut être interrompue une fois l’équilibre retrouvé et reprise ponctuellement lors de périodes de stress intense. Ce traitement présente toutefois des contre-indications strictes : la grossesse, le mélanome malin, l’hyperthyroïdie et la survenue récente d’un infarctus du myocarde. Concernant la dépression du post-partum, des études indiquent que la tyrosine ingérée par la mère ne passe pas dans le lait maternel, ce qui permet son utilisation durant l’allaitement.
Comment bien choisir son complément alimentaire ?
Le choix d’une complémentation de qualité doit reposer sur la forme de l’acide aminé et la présence de cofacteurs essentiels. La forme standard L-tyrosine est à privilégier, la N-acétyl-L-tyrosine n’ayant pas fait la preuve d’une meilleure efficacité biologique.
Pour garantir la transformation optimale de la L-tyrosine en neurotransmetteurs, la présence de cofacteurs micronutritionnels est indispensable : le zinc, les vitamines B6, B12, B9 (folates) et la vitamine C. Concernant le fer et le cuivre, également impliqués dans ces voies métaboliques, une supplémentation ne doit être envisagée qu’en cas de déficit médicalement avéré, en raison de leur potentiel pro-oxydant en cas de surdosage.
Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma







