La révolution anti-âge : télomères, astragale et DHEA pour ralentir le vieillissement

11. La révolution anti-âge : télomères, astragale et DHEA pour ralentir le vieillissement

En 2009, trois chercheurs américains ont été récompensés par le prix Nobel de médecine pour une découverte majeure sur le vieillissement des cellules. Les docteurs Carol Greider, Jack Szostak et Elizabeth Blackburn ont mis au jour l’existence d’une enzyme fondamentale : la télomérase. Sa mission est de réparer les télomères, ces structures situées à l’extrémité de nos chromosomes qui protègent le patrimoine génétique contenu dans chacune de nos cellules. Bien que cette annonce soit passée relativement inaperçue auprès du grand public, ses implications pour la santé et la longévité sont considérables.

Comprendre le rôle des télomères dans la longévité

La longueur des télomères est directement corrélée à notre espérance de vie en bonne santé. À chaque division cellulaire, les télomères raccourcissent. Lorsqu’ils deviennent trop courts, la cellule ne peut plus se diviser et finit par mourir. Ce processus d’épuisement cellulaire favorise le développement de maladies chroniques et invalidantes, telles que l’athérosclérose, l’hypertension ou diverses pathologies cardiovasculaires.

L’analyse de la longueur des télomères s’effectue généralement sur les globules blancs. Les personnes qui présentent un taux élevé de télomères courts subissent un vieillissement prématuré s’accompagnant d’une atrophie de leurs tissus. Les recherches indiquent que chez les individus de 60 ans, avoir des télomères raccourcis multiplie par trois le risque de mortalité par maladie cardiaque et par 8,5 le risque de décès dû à une maladie infectieuse. Chez les personnes de moins de 73 ans, chaque perte d’une kilopaire de bases (l’unité de mesure des télomères) augmente d’environ trois fois le risque de subir un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. De plus, les jeunes adultes victimes d’un infarctus précoce présentent une longueur de télomères similaire à celle d’individus âgés de dix ans de plus.

Préserver la structure de ces extrémités chromosomiques constitue donc un levier essentiel pour prolonger l’espérance de vie. Pour y parvenir, il est possible d’agir sur les facteurs environnementaux et de stimuler l’activité de la télomérase au moyen de solutions naturelles.

Le stress, accélérateur du vieillissement cellulaire

Le principal facteur de dégradation accélérée des télomères est le stress. Dans le cadre de ses travaux, la chercheuse Elizabeth Blackburn a évalué le niveau de stress perçu chez des femmes tout en mesurant la longueur de leurs télomères et l’activité de la télomérase dans leurs globules blancs. Les résultats ont révélé un raccourcissement nettement plus prononcé chez les femmes soumises à un stress chronique, comme celles prenant soin d’un enfant malade. Selon l’équipe de recherche, un stress intense peut induire un vieillissement cellulaire prématuré équivalant à dix ans.

Par ailleurs, des travaux menés à l’université Harvard indiquent que des conditions de travail extrêmement stressantes peuvent réduire l’espérance de vie globale jusqu’à 33 ans. Heureusement, cet impact négatif peut être partiellement neutralisé par une hygiène de vie adaptée :

  • L’activité physique : Selon l’étude américaine Nurses’ Health Study, la pratique de la gymnastique ou de l’aérobic à raison de 1 h à 2 h 30 par semaine permet de conserver des télomères significativement plus longs.
  • L’alimentation et le sommeil : Adopter un régime à forte composante végétale bio et veiller à la qualité du repos nocturne préservent les cellules.
  • La gestion des émotions : Des méthodes comme la méditation aident à réguler les réactions de l’organisme face aux pressions quotidiennes.

Pour soutenir le système nerveux et réguler les sécrétions d’hormones de stress (comme l’adrénaline et le cortisol) par les glandes surrénales, l’utilisation de plantes adaptogènes est particulièrement efficace. On retrouve parmi elles le ginseng, le schisandra, le basilic sacré ou la rhodiola. L’éleuthérocoque constitue également un choix très pertinent : une prise quotidienne de 60 à 80 gouttes le matin dans un peu d’eau aide l’organisme à s’adapter (il convient de réduire la dose en cas d’effet trop stimulant perturbant le sommeil).

L’efficacité d’un changement de mode de vie a également été démontrée chez des hommes atteints d’un cancer de la prostate à faible risque. Les participants ayant modifié leur alimentation, réintégré l’exercice physique et pratiqué la gestion du stress ont vu la longueur de leurs télomères augmenter au terme de l’étude, comparativement au groupe témoin.

Les nutriments et antioxydants protecteurs

Certains apports nutritionnels ciblés contribuent directement à la protection du matériel génétique et au maintien de la télomérase :

  • L’acide folique et la vitamine B12 : Une concentration d’acide folique supérieure à 700 nmol/l dans les globules rouges limite les dommages causés à l’ADN. Ce seuil est atteint avec des apports quotidiens supérieurs ou égaux à 400 µg de folates et 2 µg de vitamine B12.
  • Les antioxydants (albumine, acide urique, glutathion) : En neutralisant la production de radicaux libres et le stress oxydatif, ils préservent la télomérase. L’inhibition du glutathion accélère la sénescence des cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins.
  • Les vitamines C et E : La vitamine C (sous des formes stables résistant à l’oxydation comme l’acide ascorbique-2-O-phosphate) et la vitamine E protègent activement les télomères, en particulier chez les personnes âgées.
  • La méthionine : Cet acide aminé joue un rôle protecteur démontré sur la conservation de la longueur chromosomique.

L’astragaloside IV : le principe actif de l’astragale

Employée depuis plus de deux mille ans en médecine traditionnelle chinoise, la racine d’astragale était surnommée le « protecteur suprême » pour sa capacité à renforcer l’organisme contre les agressions extérieures. La recherche scientifique a identifié son principe actif majeur : l’astragaloside IV, reconnu pour son action stimulante sur la télomérase et le rajeunissement cellulaire.

Toutefois, la majorité des produits du commerce proposent de la simple poudre d’astragale séchée. Bien que cette poudre conserve un intérêt global, sa concentration en principe actif reste très faible : il faudrait ingérer l’équivalent de cinq boîtes complètes de gélules de poudre brute pour obtenir la quantité d’astragaloside IV présente dans une seule dose d’extrait concentré. Pour bénéficier de l’effet activateur sur la télomérase, il est indispensable de choisir un complément alimentaire garantissant une teneur minimale de 90 % en astragaloside IV.

La DHEA : marqueur hormonal et soutien de la vitalité

L’île d’Okinawa au Japon est réputée pour sa concentration exceptionnelle de centenaires. Leur mode de vie se caractérise par une restriction calorique modérée (environ 40 % de calories en moins par rapport au régime occidental classique) et la pratique du hara hachi bu, qui consiste à s’arrêter de manger avant d’atteindre la satiété complète (à 80 %).

Au-delà des habitudes alimentaires et sociales, les analyses sanguines des centenaires d’Okinawa révèlent un taux de DHEA (déhydroépiandrostérone) supérieur de 25 % à celui d’un individu américain du même âge. La DHEA est l’hormone stéroïdienne la plus abondante dans le corps humain. Après un pic à l’âge adulte, sa production chute drastiquement : à 70 ans, l’organisme n’en produit plus que 10 % à 20 % par rapport à la jeunesse.

Surnommée à ses débuts la « pilule de Jouvence », la DHEA agit principalement comme un précurseur d’autres hormones, telles que les œstrogènes et la testostérone. Comme l’a souligné le professeur Émile-Étienne Baulieu, spécialiste de la matière, cette hormone intervient de façon ciblée pour rétablir les déséquilibres lorsque l’organisme subit des déficiences liées à l’âge.

Les études cliniques confirment plusieurs bénéfices de la DHEA :

  • Santé osseuse : Amélioration de la densité minérale osseuse globale et au niveau de la colonne vertébrale.
  • Fonctions cognitives : Soutien de la mémoire et de la concentration, particulièrement chez la femme.
  • Qualité de la peau et bien-être : Une administration quotidienne de 50 mg pendant un an a montré une amélioration de l’hydratation, de l’épaisseur et du sébum cutanés, ainsi qu’une hausse de la libido et du bien-être général.
  • Protection métabolique et cardiovasculaire : La DHEA contribue à freiner la résistance à l’insuline, prévenant ainsi certains risques d’obésité et de diabète de type II. Les hommes présentant des taux de sulfate de DHEA inférieurs à 140 mg/dl affichent 2,5 fois plus de risques de mortalité cardiovasculaire liée à l’athérosclérose.

Les dosages préconisés varient selon les besoins individuels, allant de 10 mg à 25 mg par jour pour certains profils, jusqu’à 50 mg ou 100 mg par 24 heures pour des réponses thérapeutiques plus marquées. Des études menées sur plus d’une année confirment la sécurité de prises quotidiennes de 25 mg à 50 mg sans effets indésirables majeurs, des bénéfices étant mesurables dès 5 mg par jour.

Dès l’âge de 30 ou 40 ans, la mesure du taux de DHEA peut s’avérer utile, notamment pour évaluer la résistance au stress à travers le rapport cortisol/DHEA. Cette hormone agit également sur les récepteurs des neurotransmetteurs, favorisant la mémoire et la sensation de vitalité. Son emploi nécessite néanmoins une précaution médicale stricte en cas d’interaction avec des traitements hormonaux, notamment chez les femmes sous anti-œstrogènes ou les hommes traités par bloqueurs de testostérone pour un cancer de la prostate.

Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma