La diète qui a renversé le diagnostic d’autisme de deux frères

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Voici un nouveau livre très important qui mérite d’être lu par tous, que l’on soit en santé ou non : Être et ne plus être autiste ou comment notre famille a vaincu l’autisme naturellement (éditions Fides, 2015). L’auteure, Nathalie Champoux, une maman de 36 ans, y raconte la descente aux enfers de sa famille et la rémission — confirmée par plusieurs spécialistes — de ses deux enfants.

Le premier avait reçu un diagnostic d’autisme et le deuxième attendait le diagnostic officiel. Mme Champoux avait tout simplement retiré le gluten et les produits laitiers de leur alimentation (voir cet article sur le régime hypotoxique), en plus d’avoir réparé leur muqueuse intestinale et dépollué leur environnement. « Nous n’avions rien à perdre en tentant cette approche qui n’était nullement dangereuse. Jamais nous ne l’avons regretté, précise-t-elle aujourd’hui en transmettant son message d’espoir. Il faut dire aux familles que si les maladies, troubles et syndromes de toutes sortes connaissent présentement une explosion fulgurante et inquiétante, il faut cesser de tout mettre sur le dos de la génétique et commencer à chercher des causes dans notre environnement… Une augmentation de 600 % des cas en 20 ans ne peut pas s’expliquer uniquement par les mutations génétiques. » (Il y a quelques années, des psychiatres ont d’ailleurs pris le monde par surprise avec cette étude concluant que la susceptibilité au trouble du spectre de l’autisme chez les jumeaux était modérément d’héritage génétique avec une substantielle composante environnementale partagée : Genetic Heritability and Shared Environmental Factors Among Twin Pairs With Autism, fut publié en novembre 2011 dans Archives of General Psychiatry.)

Des intolérances très répandues

Bien qu’on ne puisse parler de panacée, Mme Champoux affirme que selon des chercheurs de pointe, l’approche qu’elle et plusieurs autres parents ont adoptée pourrait s’appliquer à un très grand nombre de troubles et de syndromes neurologiques et neurodéveloppementaux tels que l’autisme, le déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH/TDA), la dyspraxie (la maladresse pathologique), la dyslexie, les troubles anxieux, le syndrome de Gilles de la Tourette, la dépression, la schizophrénie… la liste est longue. En effet, le gluten du blé pourrait causer divers problèmes de santé en rendant le petit intestin perméable, selon l’étudeNon-Celiac Gluten Sensitivity : The New Frontier of Gluten Related Disorders, signée par 24 auteurs et publiée en septembre 2013 dans la revue scientifique Nutrients. Réduire ou éliminer le blé de sa diète ne serait donc pas uniquement bénéfique pour les gens allergiques au gluten, qui souffrent de la maladie cœliaque, mais aussi pour la population en général. Il faut savoir qu’aucun aliment n’a subi autant de modifications que le blé. Il possède aujourd’hui 42 chromosomes au lieu de 14 autrefois. Il y a 40 ans, 80 % des protéines du blé sont devenues des protéines de gluten, dans le but de fabriquer du pain bon marché rempli d’air. L’histoire du lait de vache est similaire, D’abord, nous n’en buvons que depuis 10 000 ans, raconte l’auteure : « pendant des millions d’années, les ancêtres de l’homme et de l’Homo sapiens, apparu il y a environ 200 000 ans, n’ont consommé que le lait maternel ». Ils avaient sans doute compris que le lait de vache était constitué pour permettre à un veau de se développer selon les caractéristiques de son espèce, et d’atteindre un poids de 130 kg à l’âge de six mois — alors qu’un humain ne devrait en peser que sept ou huit! Et aujourd’hui, les vaches sont nourries au maïs et au soja transgéniques. Finalement, la pasteurisation du lait détruit des enzymes bénéfiques, mais pas l’hormone IGF-1 (pour Insulin Growth Factor) produite par notre foie ainsi que celui des bovins. En excès dans le corps humain, elle est liée à l’incidence accrue du cancer et du diabète ainsi qu’à la mortalité due au cancer. Mme Champoux rapporte également que 75 % de la population mondiale est intolérante au lait, car elle ne possède pas l’enzyme lactase permettant de digérer le sucre laitier. Mais le plus gros problème, ce sont les caséines du lait qui s’apparentent fortement à la gliadine-α présente dans le gluten. Comme elle l’explique dans son livre : « Et lorsque l’intestin est trop perméable, elles circulent librement dans le sang et passent la barrière hématoencéphalique (barrière chimique qui protège le système nerveux central) pour agir sur la production ou le contrôle des neurotransmetteurs, ce qui expliquerait l’autisme et les nombreuses maladies neurologiques et pathologies neurodéveloppementales ».

L’histoire de ses fils 

Tout a commencé en 2011, alors que le fils aîné de Mme Champoux, Nicolas, a reçu un diagnostic d’autisme et de troubles anxieux alors que son deuxième enfant, Olivier, attendait la confirmation de son hypothèse d’autisme. À cette époque, Nathalie Champoux accompagnait ses garçons en thérapie quatre jours par semaine – en attendant deux thérapies supplémentaires – et faisait de la réadaptation avec eux tous les soirs. En plus des plans d’interventions et des rencontres avec les multiples spécialistes. « Je ne dormais plus et ne pouvais plus travailler, raconte-t-elle. Je ne faisais qu’être auprès d’eux, jour et nuit. Un jour, voyant que je ne parvenais pas à faire mon deuil et que je devenais de plus en plus malheureuse, j’ai amorcé des recherches qui ont allumé en moi une lueur d’espoir : contrairement à ce que les médecins affirmaient, j’ai découvert une piste qui voulait que l’autisme ne soit peut-être pas irréversible. » C’est alors qu’elle et son conjoint ont complètement modifié l’alimentation de leur famille pour revenir à une alimentation ancestrale, beaucoup plus saine. Dès lors, les premiers changements se sont manifestés. Et parmi ceux-là, il y a eu l’explosion du langage de Nicolas. Peu avant ses trois ans et demi, l’enfant qui, selon les spécialistes, ne devait jamais parler ou du moins, pas de façon intelligible, a prononcé sa première phrase complète. C’était après trois semaines de sevrage du lait et du blé, lors desquelles il était devenu agressif, comme un toxicomane en manque. Puis ce fut le calme après la tempête : « Mon enfant revenait au monde et une nouvelle vie s’offrait à lui, raconte sa maman. Comme l’avait été le jour de sa naissance, c’était, pour la seconde fois, la plus belle journée de ma vie. »

Nettoyer le corps et l’environnement

Par la suite, une naturopathe a aidé les deux frères à éliminer les métaux lourds accumulés dans leur organisme (grâce à une chélation en douceur à base de plantes) et à traiter leur intestin pour stopper l’inflammation, réduire la porosité, éliminer les pathogènes et l’ensemencer de bonnes bactéries. Puis, Nathalie Champoux et son conjoint ont agi sur leur environnement, notamment en réduisant au maximum les polluants et les métaux lourds, et en supprimant les champs électromagnétiques car ils semblent nuire à l’élimination des métaux lourds chez les autistes1. Et ils ont réussi. « En moins d’un an, le diagnostic d’autisme est tombé et nos deux garçons ont retrouvé la santé, sans conserver le moindre trait autistique. Les médecins, physiatres, ergothérapeutes, physiothérapeutes, orthophonistes, éducatrices spécialisées, bref, tous les spécialistes qui les entouraient ont confirmé que leur développement était parfaitement normal! » Selon son orthophoniste, Nicolas est passé du 9e au 93e rang centile en matière de langage et compréhension, atteignant le niveau d’un enfant de cinq ou six ans à l’âge de trois and et demi. Le huitième jour de sa chélation, il est devenu propre, de jour comme de nuit. Et après 15 jours de thérapie d’oxygène en chambre hyperbare, il a fait son premier dessin figuratif alors qu’auparavant il n’avait fait que des gribouillis incompréhensibles. Quand à Olivier, il a gagné trois mois et demi de développement moteur en cinq semaines, selon sa physiothérapeute. Et à 16 mois, il savait déjà dire 41 mots. Qui que vous soyez, bien ou moins bien portant, que vous connaissiez ou non un enfant aux prises avec un trouble neurologique ou de développement, je vous recommande fortement ce livre très bien documenté. Sa bibliographie cite 20 ouvrages, dont ceux de la docteure en virologie Jacqueline Lagacé qui est l’une de ses grandes alliées. Cette ancienne professeure d’immunologie et de virologie à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal a notamment signé le succès de librairie Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique (Fides, 2011), qui traite de la diète sans gluten et sans produits laitiers. Sur son blogue, Mme Lagacé répondait aux critiques de la journaliste scientifique Valérie Borde en soulignant notamment que « la diète hypotoxique repose maintenant sur des prémisses bien démontrées concernant les propriétés pro-inflammatoires de ces aliments ». Comme le dit si bien Nathalie Champoux : « Pas besoin d’être malade pour comprendre que notre environnement a un impact réel sur notre santé et que de simples changements dans notre mode de vie peuvent faire toute une différence. »

Extrait exclusif

Voici d’ailleurs un extrait de son livre que le Groupe Fides nous a généreusement permis de publier. « CHAPITRE 16 Un premier miracle Après trois jours, quelques toasts de pain de riz, un saumon à l’érable, un pâté chinois à la dinde hachée et un cari de lentilles, le premier miracle s’est produit : Olivier nous a regardés dans les yeux et nous a souri. C’est difficile de décrire comment nous nous sommes sentis à ce moment-là, mais je suppose que nous étions aussi émus que n’importe quel parent qui voit son enfant lui sourire pour la première fois. Ce petit miracle nous a remplis d’espoir. Cinq autres journées ont passé et un deuxième miracle s’est accompli : le ventre d’Olivier a dégonflé et il a fait sa première selle normale. Je n’aurais jamais pensé un jour crier de joie en voyant le contenu de la couche de mon enfant, mais c’est exactement ainsi que j’ai réagi. Et je n’ai pas été la seule : les éducatrices à la garderie ont eu la même réaction. Le soir même, tandis que ma famille se régalait d’un plat de dinde et de légumes racines, Olivier s’est remis à babiller, après six longs mois de silence. Mais était-ce vraiment possible ? Et aussi vite ? On aurait pu penser à une coïncidence, mais Nicolas semblait lui aussi réagir positivement au changement d’alimentation. Le week-end suivant l’élimination des aliments interdits, nous avons invité des amis à la maison. Normalement, mon fils aîné serait allé se cacher dans sa chambre et y serait demeuré toute la soirée. Mais, pour la première fois de sa vie, quand les amis ont sonné à la porte, Nicolas est resté là où il se trouvait, sans hurler ni se boucher les oreilles. Étonnamment, il semblait content de voir des gens. Puis, après quelques très légitimes minutes de gêne, il a pris la main de la fille de mon amie et l’a entraînée dans sa chambre, le frère de celle-ci à leurs trousses. C’est Nicolas, l’enfant autiste, qui prenait les devants. Mon amie était abasourdie. — Qu’est-ce qui se passe avec Nicolas ? — Je sais que ça peut paraître farfelu, mais j’ai lu quelque part que, si on retirait les produits laitiers et le gluten de l’alimentation, on pouvait en quelque sorte guérir l’autisme. Au point où on en était, je me suis dit qu’on n’avait plus rien à perdre. Nicolas est passé en coup de vent devant nous, riant aux éclats et entraînant à sa suite les deux grands enfants de mon amie. Il les a emmenés au sous-sol, dans sa salle de jeux, où il avait toujours refusé de s’aventurer seul. En compagnie de ses nouveaux camarades, il y a joué pendant plus d’une heure sans me chercher, sans pleurer ni même s’affoler. — Je n’en reviens pas ! Je ne reconnais plus Nicolas… — Tu as bien raison, nous non plus, nous ne le reconnaissons pas. Mais je pense qu’à compter de maintenant, nous allons découvrir le vrai Nicolas. Les énormes progrès que nous constations chez nos deux fils après seulement une semaine de régime étaient largement suffisants pour nous donner la motivation nécessaire pour continuer. Jamais mon conjoint et moi n’avons eu à revoir l’entente de trois mois que nous avions établie au départ. » Nathalie Champoux recommande aussi le livre Savoureux, sain et sans gluten, écrit par une autre maman, Caroline Roy. Pour écouter l’entrevue accordée par Mme Champoux à Isabelle Maréchal, lire d’autres articles et en savoir davantage sur ses conférences à venir, visitez la page Facebook de son livre. 1. Wireless Radiation in the Etiology and Treatment of Autism: Clinical Observations and Mechanisms, J. Aust. Coll. Nutr. & Env. Med., Vol. 26 No.2 (août 2007). Lire aussi le texte de notre collaboratrice Maria Acosta Cerveaux empoisonnés : Seulement 38 % des cas d’autisme seraient d’origine génétique (on croyait autrefois que c’était 90 %) alors que les facteurs environnementaux seraient impliqués dans 58 % des cas, selon une étude portant sur des jumeaux signée en 2011 par des psychiatres californiens qui ont ébranlé le monde scientifique.

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Source: Maisonsaine.ca