
L’iode est souvent réduit à son rôle dans le fonctionnement de la thyroïde, mais saviez-vous que c’est votre cerveau qui en est le premier consommateur ? Le Dr Vincent Reliquet, médecin généraliste et auteur, remet en question les dogmes médicaux actuels concernant ce nutriment essentiel. Entre carences généralisées, impact sur le quotient intellectuel et idées reçues sur sa toxicité, découvrez pourquoi l’iode pourrait bien être la clé manquante de votre santé.
Une carence mondiale et historique
L’histoire de l’iode est intimement liée à celle de notre planète. À l’origine, la Terre était recouverte d’un immense océan et les sols étaient gorgés d’iode. Au fil des millénaires, les pluies ont lessivé les sols, renvoyant l’iode dans la mer. Aujourd’hui, les terres émergées sont donc pauvres en iode, sauf à proximité immédiate des littoraux, où les embruns rechargent légèrement les sols.
Cette réalité géologique a des conséquences directes sur la santé humaine. Historiquement, les populations montagnardes, éloignées de la mer, souffraient de ce qu’on appelait le « crétinisme ». Les « crétins des Alpes » étaient des enfants nés avec de graves retards mentaux et physiques, dus à une carence profonde en iode chez la mère pendant la grossesse. Si le goitre (gonflement de la thyroïde) a pu être réduit grâce à l’ajout d’iode dans le sel de table au XIXe siècle, la carence, elle, n’a jamais totalement disparu.
Le cerveau : premier client de l’iode
Contrairement à ce que l’on croit souvent, la thyroïde n’est pas le seul organe à réclamer de l’iode. Le cerveau en a une soif inextinguible. Le Dr Reliquet insiste sur le lien direct entre le statut en iode et le développement cognitif.
Un fœtus qui ne reçoit pas suffisamment d’iode via sa mère ne pourra pas développer son encéphale correctement. Cela se traduit par des troubles neuropsychiques inévitables. Le médecin établit d’ailleurs un parallèle troublant avec le classement PISA, qui mesure l’intelligence mathématique des élèves de 15 ans à travers le monde :
- Les trois premiers pays du classement (comme la Corée et le Japon) sont de très grands consommateurs d’algues et donc d’iode.
- Les pays occidentaux, où la consommation d’iode chute, voient leurs résultats dégringoler.
La thyroïde et le mythe de la TSH
La médecine moderne a tendance à simplifier à l’extrême le diagnostic des troubles de la thyroïde en se basant quasi exclusivement sur la TSH. Selon le Dr Reliquet, cette approche est une erreur fondamentale pour plusieurs raisons :
- Tout d’abord, les normes sont inadaptées : en France, une TSH normale se situe entre 0,4 et 4. Pour le Dr Reliquet, au-dessus de 1,5, il y a déjà un risque potentiel.
- La déconnexion clinique : de nombreux patients ont une TSH « dans les normes » mais présentent tous les symptômes de l’hypothyroïdie (fatigue matinale, frilosité, constipation, perte de cheveux, peau sèche).
- Le mécanisme est complexe : la thyroïde produit majoritairement de la T4 (inactive). Pour devenir de la T3 (l’hormone active qui donne de l’énergie), la T4 doit perdre un atome d’iode. Ce processus nécessite non seulement de l’iode, mais aussi du sélénium, du fer, du magnésium et de la vitamine D.
Donner simplement de la T4 (Levothyrox) sans s’assurer que l’organisme peut la transformer en T3 ou sans combler la carence en iode initiale est souvent insuffisant.
Santé des femmes : seins, ovaires et cancer
Les femmes ont en effet des besoins en iode bien supérieurs à ceux des hommes, notamment en raison de leur tissu mammaire qui absorbe beaucoup de ce nutriment. Une femme à forte poitrine aura donc des besoins accrus.
En cas de carence, le corps ne fonctionne pas de manière optimale. Pire encore, les récepteurs à l’iode laissés vacants peuvent capter des éléments toxiques qui ressemblent chimiquement à l’iode, mais qui sont nocifs, comme les halogènes (fluor, brome, chlore). Ces perturbateurs endocriniens prennent alors la place de l’iode dans les seins ou les ovaires, favorisant la formation de kystes, de fibromes, voire d’états précancéreux.
Le Dr Reliquet souligne que l’augmentation des cancers du sein pourrait être liée à cette double problématique : manque d’iode protecteur et intoxication par des polluants tels que le fluor (présent dans l’eau et les dentifrices) ou le brome (retardateurs de flamme).
Comment savoir si l’on est carencé ?
Oubliez la prise de sang pour doser l’iode, car elle ne reflète pas la réalité. Le seul examen fiable est la mesure de l’iode dans les urines sur 24 heures. Il s’agit de récolter l’ensemble des urines d’une journée complète afin de mesurer la quantité d’iode excrétée. Si le taux est bas, cela signifie que le corps retient le peu d’iode qu’il a ou qu’il n’en reçoit pas assez.
En Europe, 99 % de la population n’a pas une alimentation suffisamment riche en iode. Les algues devraient être la source principale, mais nous n’en consommons pas. Paradoxalement, notre apport principal en iode provient des produits laitiers. Ce n’est pas parce que les vaches produisent naturellement de l’iode, mais parce qu’elles reçoivent des compléments alimentaires iodés et que leurs pis sont désinfectés avec de la Bétadine (riche en iode) avant la traite, ce qui contamine positivement le lait.
Les personnes qui arrêtent les produits laitiers (et les enfants qui consomment des laits végétaux) se retrouvent donc souvent avec un apport nul en iode, ce qui peut mettre en péril leur développement cognitif s’ils ne sont pas supplémentés.
Sportifs : attention à la perte par la sueur
Les sportifs ont des besoins accrus. Ils sollicitent davantage leur thyroïde pour le métabolisme et la récupération, et perdent des minéraux, dont l’iode, par la transpiration. Un sportif carencé verra ses performances stagner, sa récupération ralentir et son moral baisser. Une supplémentation adaptée permet souvent de retrouver son niveau en quelques semaines.
Le Magnésium : l’autre grande carence
Au-delà de l’iode, le Dr Reliquet alerte également sur le manque de magnésium. Environ 80 % de la population en souffre. Les symptômes sont clairs : anxiété, dépression, troubles du sommeil, crampes. Là encore, le dosage sanguin est inutile, car le magnésium est stocké dans les os et les cellules, et non dans le sang. Un test thérapeutique (prise de magnésium pendant une semaine et observation des effets) est souvent le meilleur moyen de poser un diagnostic.
Une vision critique de la vaccination et de la médecine
Fidèle à son approche de « médecine contestataire », le Dr Reliquet aborde également la question des vaccins avec prudence. Il rappelle le principe de Claude Bernard : « Le microbe n’est rien, le terrain est tout. » Un organisme sain, bien nourri et non carencé résiste mieux aux maladies.
Il exprime également des inquiétudes quant à la vaccination pédiatrique précoce et massive, pointant du doigt la toxicité potentielle des adjuvants, comme l’aluminium, et l’absence d’études comparatives solides entre la santé globale des enfants vaccinés et non vaccinés. Selon lui, la médecine doit être individualisée : on ne soigne pas tout le monde de la même manière, mais on adapte le traitement au terrain, à l’âge et aux besoins spécifiques du patient.
Source : Biomécanique
