
En Chine, un média d’État a récemment révélé un chiffre impressionnant : environ 150 millions de personnes présenteraient des nodules pulmonaires. Cela représente près du double de la population française. Ces petites masses détectées lors de scanners thoraciques sont majoritairement bénignes, mais dans environ 11 % des cas, elles pourraient indiquer un cancer ou un état précancéreux, selon les données officielles. Sur un tel volume, cela pourrait concerner jusqu’à 16,5 millions de situations potentiellement graves. Ce phénomène soulève de nombreuses questions, d’autant plus que les informations en provenance de Chine sont souvent contrôlées, avec une censure des voix critiques et un accès limité pour les chercheurs indépendants.
L’explication officielle des autorités
Les autorités chinoises attribuent cette augmentation au dépistage précoce. Selon le docteur Zhong Nanshan, un expert en médecine respiratoire très respecté dans le pays, le recours accru aux scanners thoraciques depuis la pandémie de COVID-19 explique en grande partie ces découvertes. Après l’épidémie, les citoyens sont devenus plus attentifs à leur santé pulmonaire, et les hôpitaux ont investi dans des équipements avancés. De nombreux bilans de santé, notamment pour les travailleurs urbains, incluent désormais ces examens. Ainsi, des anomalies qui passaient inaperçues auparavant sont maintenant détectées. Cette logique semble cohérente, mais elle n’aborde pas la cause profonde de ces nodules : pourquoi se forment-ils en si grand nombre ?
La pollution atmosphérique, un facteur majeur
La qualité de l’air en Chine reste un problème préoccupant, malgré des améliorations notables. Les niveaux de particules fines PM2,5 ont diminué de 50 % en dix ans, mais la moyenne nationale s’établit encore à 31 microgrammes par mètre cube en 2024, soit six fois plus que la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (5 microgrammes). Ces particules, issues du charbon, de l’industrie et du trafic routier, s’accumulent dans les poumons et augmentent le risque de nodules, comme l’ont montré plusieurs études. Le pays compte déjà 100 millions de patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie liée à la pollution et au tabac. De plus, le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en Chine, avec 730 000 décès annuels. Bien que la pollution explique une partie du phénomène, elle ne justifie pas une hausse aussi rapide et massive.
Le COVID long, un sujet évité
Parmi les causes potentielles, les séquelles persistantes du COVID-19 sont souvent passées sous silence par les autorités. Des études indiquent que 9 à 50 % des personnes infectées développent des symptômes durables, tels que fatigue, toux chronique, essoufflement, ou des anomalies visibles aux scanners, comme des opacités, des cicatrices et des nodules. Fin 2022, l’abandon soudain de la politique Zéro-COVID a entraîné une vague massive d’infections, touchant des dizaines de millions de personnes en peu de temps. Des médecins, comme le professeur Xiaoxu Sean Lin, rapportent que de nombreux patients présentent encore ces nodules des mois après leur rétablissement. Cependant, il n’existe pas de registre national sur le COVID long en Chine, ni de données officielles publiées, ce qui rend le sujet tabou et difficile à évaluer.
Les vaccins chinois en question
Autre point sensible : les effets secondaires des vaccins contre le COVID-19 administrés en Chine. Entre 2021 et 2022, plus de 3,4 milliards de doses, principalement de Sinovac et Sinopharm (vaccins à virus inactivé), ont été distribuées, couvrant 89 % de la population. Des témoignages de patients font état de nodules pulmonaires, de maladies auto-immunes ou de problèmes cardiaques post-vaccination. Par exemple, un habitant de la province du Hebei a déclaré que la plupart de ses connaissances vaccinées ont développé de tels nodules. Les données officielles mentionnent un taux d’effets graves extrêmement bas (0,07 cas pour 100 000 doses), mais ce chiffre suscite le scepticisme en raison du manque de transparence. Aucune enquête indépendante n’a été menée, et les victimes peinent à obtenir réparation, souvent réduites au silence. Sans preuves solides, ces soupçons persistent dans un contexte de pharmacovigilance opaque.
La vague de virus respiratoires post-confinement
Depuis fin 2022, la Chine fait face à des vagues récurrentes de virus respiratoires, incluant rhinovirus, virus respiratoire syncytial, métapneumovirus humain, grippe H3N2 et mycoplasme pneumoniae. En janvier 2025, le rhinovirus, habituellement responsable de rhumes simples, est devenu l’un des principaux pathogènes en circulation, ce qui est inhabituel. Les experts évoquent une « dette immunitaire » : les trois années de confinements stricts et de port du masque obligatoire ont limité l’exposition aux virus saisonniers, affaiblissant les défenses immunitaires. À la levée des mesures, ces pathogènes ont resurgi avec force, surchargeant les hôpitaux, particulièrement en pédiatrie, fin 2023 et 2024. Des co-infections (comme grippe et COVID) sont courantes, et certains médecins, tel le Dr Jonathan Liu, suggèrent que le COVID a pu rendre les voies respiratoires plus vulnérables à long terme. La situation reste persistante et non résolue.
La réponse du régime chinois
Face à cette crise, le gouvernement a lancé en 2025 un programme de « thérapie digitale » pour la gestion des nodules pulmonaires, en partenariat avec l’hôpital de la Chine de l’Ouest, des assureurs et des entreprises technologiques. Cela inclut une assurance spécifique pour les porteurs de nodules, visant à surveiller et accompagner les patients. Si cette initiative semble positive, des experts y voient une privatisation du risque sanitaire : plutôt que d’enquêter sur les causes réelles, d’améliorer les normes environnementales ou de publier des données sur le COVID long et les vaccins, l’État transfère la charge vers le secteur privé. Selon le professeur Xiaoxu Sean Lin, cela permet de canaliser le mécontentement social et de décharger les coûts. Ce manque de transparence rappelle que les crises sanitaires transcendent les frontières, comme l’a montré l’origine du COVID-19 à Wuhan, et souligne l’importance de données vérifiables pour la santé publique mondiale.
Source : NTD France
