Les dénominateurs communs des personnes à très grande longévité
La longévité fascine depuis des siècles, et de plus en plus de recherches tentent de décrypter ce qui permet à certains individus de vivre bien au-delà de 100 ans, et surtout, de vieillir en bonne santé. Le Dr William Li, médecin, chercheur et auteur reconnu, s’est intéressé aux points communs entre les super-centenaires pour identifier les facteurs favorisant une longue vie en pleine possession de ses moyens.
La quête de la longévité : une préoccupation ancestrale
L’ambition de repousser les limites de la vie humaine remonte aussi loin que l’histoire elle-même. Le premier empereur de Chine, par exemple, a consacré une grande partie de sa vie à chercher l’élixir d’immortalité, en vain. Aujourd’hui, la science apporte des réponses nouvelles, permettant d’étudier les individus atteignant 100 ans et plus, et de comprendre ce qui les différencie du reste de la population.
Le microbiome intestinal : un acteur clé de la longévité
La santé intestinale est désormais reconnue comme fondamentale pour la santé globale, mais les recherches récentes révèlent que le microbiote des super seniors — personnes âgées de 100 ans et plus — présente des caractéristiques particulières.
Des bactéries spécifiques chez les centenaires
Une étude menée en Italie a permis d’identifier quatre bactéries nettement plus présentes dans l’intestin des centenaires et super-centenaires :
- Odoribacter
- Oscillibacter
- Christensenella
- Akkermansia
Ces bactéries semblent jouer de multiples rôles bénéfiques : amélioration du métabolisme, réduction de l’inflammation, soutien de l’immunité, diminution du cholestérol et contribution à la santé cérébrale.
Le rôle de l’appendice et du côlon
Le microbiote intestinal se concentre principalement dans la partie basse de l’intestin, notamment dans le côlon et le cæcum. L’appendice, longtemps considéré comme inutile, pourrait en fait jouer un rôle de contrôle aérien pour ce microbiote, bien que ce point reste à approfondir.
Un lien direct entre bouche, intestin et cerveau
La bouche héberge également une grande quantité de bactéries, et la santé bucco-dentaire pourrait constituer un point de départ pour des maladies neurodégénératives comme la démence. Il apparaît que certaines bactéries buccales ou un déséquilibre du microbiote oral peuvent déclencher des troubles cognitifs.
Le cerveau possède-t-il aussi un microbiome ?
Des découvertes récentes montrent que notre cerveau abrite aussi des bactéries, dont 20 % sont identiques à celles de notre intestin. Cela renforce l’idée d’un axe intestin-cerveau, les déséquilibres microbiens pouvant influencer le développement de maladies comme Alzheimer ou Parkinson.
Exemple d’un probiotique bénéfique
Le Lactobacillus plantarum (probiotique PS128) a montré qu’il pouvait ralentir les symptômes de la maladie de Parkinson, illustrant l’impact direct de certaines bactéries sur la santé cérébrale.
Comment nourrir un microbiote de longévité ?
Il existe des moyens simples d’encourager la croissance des bonnes bactéries associées à la longévité :
- La grenade : riche en composés bioactifs tels que les ellagitanins, elle favorise Akkermansia.
- Le piment et la mûre noire : également favorables à Akkermansia.
- Les amidons résistants : présents dans les bananes vertes, les plantains, les pommes de terre ou le riz refroidis, ils stimulent plusieurs bactéries bénéfiques.
- Les fibres alimentaires : un apport de 5 à 6 grammes par jour (par exemple, une poire de taille moyenne) peut réduire la mortalité de 30 % chez les patients atteints de cancer.
De plus, les aliments riches en polyphénols comme les baies, les pommes ou le brocoli jouent un rôle protecteur pour l’intestin et, indirectement, pour le cerveau.
Les effets rapides d’une alimentation saine
Les changements positifs sur le microbiote peuvent survenir en moins de 24 heures après l’introduction de fruits riches en fibres comme le kiwi. En quelques jours, la diversité bactérienne s’accroît et favorise la santé globale.
Les ennemis du microbiote intestinal
Certains comportements ou substances nuisent à la diversité et à la richesse du microbiote :
- Les aliments ultra-transformés : riches en additifs, colorants, conservateurs et microplastiques, ils détruisent la flore intestinale et favorisent les maladies chroniques.
- L’alcool et le tabac (y compris la cigarette électronique) : ces substances chimiques altèrent non seulement le microbiote, mais aussi la barrière intestinale et la circulation générale des toxines.
- Le manque de sommeil : un sommeil de mauvaise qualité empêche la régénération cérébrale via le système glymphatique, qui évacue les toxines accumulées dans le cerveau.
- Le stress et la sédentarité : le manque d’activité physique et l’excès de stress nuisent à la diversité bactérienne et à la santé mentale.
Les stratégies pour restaurer la santé et la longévité
Pour celles et ceux qui souhaitent améliorer leur santé, même après des années de négligence, le Dr William Li recommande :
- Adoptez une alimentation à base de produits frais, non transformés et cuisinés à la maison.
- Réduisez la taille des portions pour éviter de trop manger ; mangez lentement et arrêtez-vous dès la satiété ressentie.
- Pratiquez le jeûne intermittent simple, par exemple en sautant le petit-déjeuner deux à trois fois par semaine.
- Faites une marche rapide après le repas du soir pour stimuler la digestion et l’équilibre métabolique.
- Prenez soin de votre sommeil, car c’est durant le sommeil profond que le cerveau se nettoie et que le corps se régénère.
Les compléments alimentaires utiles
Bien que la priorité soit donnée à l’alimentation, certains compléments peuvent s’avérer bénéfiques pour compléter les apports :
- Vitamine D : souvent difficile à obtenir en quantité suffisante, surtout en hiver.
- Oméga-3 : essentiels pour le cerveau, le cœur et les muscles.
- Probiotiques ciblés : Lactobacillus reuteri (présent dans certains yaourts, pains au levain ou fromages parmesans) et Akkermansia pour soutenir le microbiote.
Le microbiote, la santé mentale et la longévité
Le dialogue entre le cerveau et l’intestin est constant et bidirectionnel. Le stress, l’anxiété, la dépression et même les pensées négatives affectent la composition du microbiote, tandis qu’une flore déséquilibrée peut influencer l’humeur et la clarté mentale. C’est pourquoi une bonne santé intestinale participe à la prévention des maladies chroniques, mais aussi à la préservation des capacités cognitives et au bien-être général.
La qualité avant la quantité : privilégier la santé globale
Au-delà de la simple longévité, l’objectif est de préserver une espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire de vivre longtemps tout en restant actif, autonome et lucide. La qualité de vie prime sur le seul chiffre des années vécues, soulignant l’importance de profiter du moment présent tout en préparant l’avenir.
Résumé des recommandations pour une longévité saine
- Misez sur une alimentation majoritairement végétale, riche en fibres et polyphénols.
- Évitez les excès alimentaires, l’alcool et la cigarette.
- Privilégiez l’activité physique quotidienne, même modérée.
- Préservez votre sommeil pour favoriser la régénération cérébrale.
- Considérez certains probiotiques et micronutriments si nécessaire.
- Entretenez votre bien-être mental et gérez votre stress.
Source : Lewis Howes
