L’effrayante confession d’un patron de laboratoire sur le cancer des enfants

L'effrayante confession d'un patron de laboratoire sur le cancer des enfants

Il y a des phrases qui marquent une vie entière par leur cynisme. Lors d’une intervention poignante, Marc Simoncini, le célèbre fondateur de Meetic, a partagé une anecdote troublante sur les coulisses de l’industrie pharmaceutique. Ce témoignage met en lumière un conflit d’intérêts majeur entre la prévention des maladies et la rentabilité financière des grands laboratoires.

Le projet d’étude sur la prévention du cancer

Il y a une vingtaine d’années, Marc Simoncini a été sollicité pour participer à un projet ambitieux : déterminer si l’apport de vitamines et de compléments alimentaires chez les enfants en milieu scolaire pouvait réduire l’apparition de cancers deux décennies plus tard. Pour vérifier cette hypothèse, une vaste étude en double aveugle, baptisée « Suivi Max », a été mise en place sur une durée de huit ans. Le protocole était simple : une moitié des enfants recevait des capsules de vitamines, tandis que l’autre moitié prenait un placebo, afin d’observer quel groupe développerait le plus de maladies.

Cependant, une telle recherche, s’étalant sur près de treize ans au total, nécessitait des fonds importants. C’est dans ce contexte que l’équipe s’est tournée vers les laboratoires pharmaceutiques pour obtenir un financement de 150 000 francs de l’époque.

Une réponse glaçante de la part d’un grand laboratoire

Marc Simoncini se souvient encore parfaitement de son rendez-vous avec le grand patron du plus important laboratoire français (à priori Jean-François Dehecq). Un détail l’a particulièrement marqué : son interlocuteur portait des chaussettes en soie rose. Mais c’est surtout la réponse de ce dirigeant face à la demande de financement qui l’a laissé sans voix.

« Mais pourquoi voulez-vous que j’évite le cancer des enfants, puisque mon métier, c’est de vendre des médicaments une fois qu’ils l’ont ? »

Cette phrase d’un cynisme absolu a profondément choqué l’entrepreneur. Il confie ne s’en être jamais vraiment remis, imaginant avec amertume le nombre d’enfants qui ont potentiellement développé un cancer simplement parce qu’ils n’ont pas pu bénéficier de cette supplémentation en vitamines.

Préserver sa mission face aux intérêts financiers

Fort de cette expérience traumatisante, Marc Simoncini s’adresse directement aux chercheurs et aux porteurs de projets innovants dans le domaine de la santé. Son conseil est sans appel : il ne faut surtout pas s’associer avec les grands laboratoires pharmaceutiques, au risque d’y vendre son âme.

Il souligne l’importance de protéger la dimension éthique de la recherche. Un véritable chercheur est animé par la volonté de changer les choses, une mission qui dépasse largement la simple vision marchande, les plans d’affaires ou les objectifs de chiffre d’affaires. Face aux appels du pied de l’industrie, il est crucial de s’entourer de partenaires qui partagent ces mêmes valeurs et qui sont prêts à mettre leur argent ainsi que leurs connaissances au service de causes justes.

Bien qu’il avoue ne pas avoir l’expertise nécessaire en médecine ou en agriculture pour investir seul une somme conséquente comme 200 000 €, Marc Simoncini réaffirme son soutien moral et logistique à ceux qui œuvrent pour le bien commun, prouvant que l’engagement ne se limite pas toujours à une aide financière.

Source : Ni Oubli Ni Pardon