Anti-bactéries : trois thérapies efficaces… enterrées !

4. Anti-bactéries : trois thérapies efficaces… enterrées !

La résistance aux antibiotiques s’impose aujourd’hui comme l’un des défis médicaux les plus critiques de notre époque. Les germes développent une accoutumance croissante aux traitements conventionnels, ce qui risque de rendre inefficaces les molécules utilisées pour combattre les bactéries les plus dangereuses. La situation préoccupe l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui rappelle que la résistance aux antibiotiques constitue l’une des plus graves menaces pour la santé mondiale et peut frapper n’importe qui, à tout âge, dans n’importe quel pays.

En France, un rapport du Ministère de la Santé publié en 2015 indiquait que plus de 150 000 patients développent chaque année une infection liée à une bactérie multirésistante, entraînant plus de 12 500 décès. À l’échelle globale, selon un dossier d’information de l’INSERM, l’antibiorésistance cause actuellement 700 000 morts par an et pourrait en provoquer jusqu’à 10 millions par an d’ici 2050 si rien n’est fait.

Cette crise s’explique principalement par la surconsommation d’antibiotiques délivrés sur ordonnance, mais également par la présence de ces molécules dans de nombreux produits de consommation courante comme les viandes, les poissons ou l’eau du robinet. De plus, une étude publiée dans la revue Nature en 2018 a montré que certains médicaments courants non antibiotiques (antidiabétiques, inhibiteurs de la pompe à protons, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti-arythmiques) perturbent l’équilibre du microbiote intestinal en altérant le développement de certaines souches bactériennes. La consommation abusive de ces médicaments pourrait ainsi contribuer à aggraver la résistance des germes pathogènes.

Face à cette situation, trois pistes naturelles offrent des perspectives prometteuses dans le traitement des infections : les phages, la vitamine C à haute dose et les huiles essentielles.

La phagothérapie : des virus ciblés contre les bactéries

Découverts au début du XXe siècle par Félix d’Hérelle, les bactériophages (ou phages) sont des virus tueurs de bactéries. Cette méthode est progressivement tombée dans les oubliettes de la science à partir des années 1930, incapable de rivaliser avec les perspectives financières promises par le développement des antibiotiques.

La phagothérapie constitue pourtant un traitement efficace et sans danger, pratiqué aujourd’hui dans des cliniques spécialisées en Russie, en Pologne et en Géorgie. À Tbilissi, l’institut Eliava soigne chaque année plusieurs milliers de patients atteints d’infections bactériennes selon un principe d’action entièrement personnalisé. Chaque bactériophage n’est en effet associé qu’à une seule espèce de bactérie. C’est leur force majeure : les phages ciblent une seule ennemie, contrairement aux antibiotiques qui attaquent indistinctement les bonnes et les mauvaises bactéries en causant des ravages au microbiote intestinal. Ce traitement implique d’identifier clairement la bactérie responsable et limite considérablement les risques de développer des souches résistantes.

On recense environ 6000 bactériophages connus, présents sur notre peau, dans nos intestins, dans l’eau des lacs et les stations d’épuration. Présents en quantité dix à cent fois supérieure à celle des bactéries, ils offrent un champ d’intervention immense et garantissent de meilleures chances de guérison en association avec d’autres traitements, y compris dans des situations critiques.

Dans un témoignage rapporté par Franceinfo, une jeune femme a pu éviter l’amputation de son pied droit infecté à la suite d’une chute. Alors que les antibiotiques étaient impuissants, l’application quotidienne de phages sur la plaie a permis une cicatrisation complète.

De même, le Français Serge Fortuna, 56 ans, a vu sa jambe sauvée après avoir souffert pendant des années d’une infection au staphylocoque doré contractée à 17 ans. Après 39 interventions chirurgicales, il avait lui-même réclamé l’amputation. Comme le détaille un récit publié dans Le Dauphiné Libéré, il s’est rendu en Géorgie après avoir visionné un documentaire sur le docteur Alain Dublanchet, microbiologiste. Le protocole combinait l’ingestion quotidienne d’ampoules de phages, des soins locaux avec une solution de phages et des perfusions de vitamine C. Après 20 jours de traitement, la bactérie avait disparu et la plaie était refermée.

L’intérêt pour cette approche se concrétise également par la recherche. L’ étude Phagoburn, lancée en Suisse en 2013 sur 25 malades infectés par Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa, a conduit l’Agence Européenne du Médicament à autoriser la commercialisation de cocktails de phages. En France, une expérimentation menée aux HCL (Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon) a permis de guérir deux patients souffrant d’infections ostéo-articulaires graves dues à un Pseudomonas aeruginosa multirésistant et un Staphylococcus aureus récidivant.

La vitamine C à haute dose

Plusieurs recherches viennent étayer l’efficacité de la vitamine C à haute dose dans la prise en charge d’infections bactériennes ou virales graves. Des travaux scientifiques démontrent son intérêt dans le traitement de plusieurs affections :

  • Les septicémies (infections du sang)
  • Le Sida
  • Les infections pulmonaires
  • L’activité antibactérienne ciblée contre divers types de germes
  • L’herpès

Dans ces protocoles d’étude, la vitamine C à haute dose est généralement employée en association avec d’autres soins complémentaires.

Les huiles essentielles et l’action anti-infectieuse

Les huiles essentielles représentent une autre voie majeure dans la lutte contre les infections. Elles agissent sur les bactéries selon un mécanisme complexe en trois temps :

  1. Elles traversent les membranes biologiques de la bactérie.
  2. Elles perturbent le métabolisme cellulaire (réduction du métabolisme énergétique et diminution des échanges d’électrons membranaires).
  3. Elles bloquent les fonctions vitales de l’agent pathogène (respiration et équilibre ionique intracellulaire).

Les principaux composants responsables de cette action sont le carvacrol, l’eugénol, le thymol et le cinnamaldéhyde, appuyés par des molécules comme le linalol et le géraniol. Si les huiles essentielles ne remplacent pas systématiquement les antibiotiques, elles s’utilisent efficacement en synergie avec eux, permettant parfois de restaurer l’action de médicaments devenus inefficaces.

L’huile essentielle d’arbre à thé, riche en terpinène-1-ol-4 et alpha-terpinéol, a par exemple permis d’enrayer l’évolution d’infections à Staphylococcus aureus sur des blessures. De plus, contrairement aux antibiotiques qui sont inactifs sur les virus, de nombreuses huiles essentielles détruisent les virus et réduisent l’inflammation, ce qui limite les risques de surinfection bactérienne ou fongique.

D’autres essences affichent une efficacité ciblée : l’huile essentielle de giroflier, très riche en eugénol, possède un fort pouvoir anti-infectieux et anti-inflammatoire. Les huiles d’eucalyptus radié, de niaouli, de ravintsara et de cajeput, riches en 1,8-cinéole, associent quant à elles des propriétés antivirales, anti-inflammatoires et bactéricides.

Exemple de mélange anti-infectieux pour la sphère ORL et bronchique

Dès l’apparition des premiers symptômes d’une infection ORL ou broncho-pulmonaire, vous pouvez préparer une application cutanée en diluant les huiles essentielles dans une huile végétale support (par exemple 30 ml d’huile végétale de macadamia) :

  • 30 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé
  • 30 gouttes d’huile essentielle de giroflier
  • 30 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus radié

Appliquez une noisette de ce mélange sur la poitrine, jusqu’à 5 fois par jour pendant une semaine.

Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma