
Depuis quelque temps, le discours médiatique officiel autour du cholestérol connaît un infléchissement notable. La fable manichéenne qui opposait le mauvais cholestérol aux bienfaitrices statines commence à se fissurer. Il apparaît désormais que le cholestérol n’est pas le démon absolu décrit depuis des décennies, et que les médicaments destinés à le faire chuter ne constituent en rien une panacée universelle.
Ce revirement pose question quand on sait que le marché des molécules anticholestérol représente près de 30 milliards d’euros par an pour l’industrie pharmaceutique. Pour comprendre la raison de cette évolution, il convient de revenir sur les révélations scientifiques qui ont ébranlé ce dogme bien établi.
Le secret du spécialiste des statines
Le premier pavé dans la mare a été jeté par le Professeur Rory Collins, de l’Université d’Oxford. À la tête de deux consortiums de recherche privés à l’origine d’une grande partie des travaux sur les statines depuis deux décennies, ce scientifique a reconnu publiquement en 2015 n’avoir jamais étudié sérieusement leurs effets secondaires. Convaincu que ces traitements sauvaient des vies, il craignait d’inquiéter les patients en dévoilant leurs effets indésirables pourtant avérés, tels que les douleurs musculaires, les problèmes rénaux, les troubles de la mémoire ou le risque accru de diabète.
Cette déclaration a permis de donner de l’écho aux travaux de chercheurs comme le Dr Michel de Lorgeril et le Pr Bernard Even. Comme le résume le Dr de Lorgeril, le dogme du cholestérol coupable doit être relégué aux oubliettes de l’histoire, même s’il est difficile de remettre en question trente ans d’enseignement médical.
Moins de cholestérol, mais un risque de mortalité plus élevé
À la suite de ces prises de parole, des études anciennes mais écartées des publications majeures ont refait surface. C’est le cas d’une expérience menée entre 1968 et 1973 sur 9400 patients en institution, publiée à nouveau dans le British Medical Journal en avril 2016. L’expérience comparait un régime classique riche en graisses animales à un régime pauvre en graisses animales mais enrichi en huile de maïs.
Si la consommation d’huile de maïs a effectivement fait baisser le taux de cholestérol des sujets, ce groupe a enregistré deux fois plus de crises cardiaques que celui consommant des graisses animales (41 % contre 21 % parmi les personnes décédées). Chez les plus de 65 ans, le groupe « huile de maïs » a affiché une mortalité supérieure de 15 %. Chaque baisse de 0,3 point de cholestérol total augmentait même le risque de mortalité de 22 %, démontrant qu’il est non seulement inutile mais potentiellement dangereux de vouloir faire baisser cette molécule à tout prix.
Le cholestérol : une molécule essentielle à l’organisme
Le cholestérol n’est pas une maladie, mais un lipide naturellement fabriqué par le corps et indispensable à son bon fonctionnement. Notre organisme compte environ 100 000 milliards de cellules, dont la membrane est constituée de lipides. Le cholestérol assure la structure et la rigidité de ces membranes, permettant l’ancrage des protéines réceptrices et la communication entre les cellules.
Abaisser artificiellement le taux de cholestérol risque de perturber ces fonctions vitales, y compris le transport des nutriments ou l’activité des récepteurs aux neurotransmetteurs du cerveau, ce qui explique les baisses de mémoire observées chez certains patients sous statines.
Le cholestérol remplit également d’autres rôles fondamentaux dans l’organisme :
- Il est le précurseur des acides et sels biliaires, indispensables à la digestion des graisses et à l’assimilation des oméga-3.
- Il sert de base à la synthèse des hormones stéroïdes et sexuelles.
- Il permet la fabrication du précurseur de la vitamine D, activé par l’exposition au soleil.
- Il est indispensable à la production du coenzyme Q10, un élément clé des mitochondries pour générer la molécule d’énergie cellulaire (ATP).
- Il intervient dans la synthèse de la DHEA, l’hormone associée à la longévité.
- Des travaux soulignent un rôle protecteur contre le cancer : des études épidémiologiques associent un taux de cholestérol élevé à une réduction du risque de plusieurs cancers, tandis qu’une molécule dérivée du cholestérol, la dendrogénine A (DDA), présente des propriétés anticancéreuses.
La véritable origine des accidents cardiovasculaires
L’observation détaillée d’une plaque d’athérome (le dépôt qui obstrue progressivement la paroi artérielle) révèle que le cholestérol n’y figure qu’à hauteur de 10 %. Les 90 % restants sont composés de fibres, de globules blancs, de cellules musculaires lisses, de plaquettes, de fibrine, de calcium et de fer (un puissant pro-oxydant et pro-inflammatoire).
Pour prévenir efficacement les infarctus et les AVC, l’enjeu principal réside dans le contrôle de l’hypertension et de l’hyperactivité plaquettaire. Les plaquettes s’agrègent sur la moindre microlésion du réseau artériel. Cette hyperactivité est principalement provoquée par des facteurs liés au mode de vie : tabagisme, surpoids, sédentarité, carences en oméga-3, en antioxydants, en magnésium et en vitamines B, ou encore excès d’oméga-6, de fer et de cuivre. C’est sur ces facteurs qu’il convient d’agir en priorité.
Le virage commercial des traitements de nouvelle génération
Face à la contestation du modèle des statines pour tous, l’industrie pharmaceutique réoriente sa stratégie commercial. Plutôt que de poursuivre un marché de masse visant des millions de personnes avec des traitements à bas coût, Big Pharma privilégie désormais un marché ciblé d’environ 200 à 300 000 personnes présentant des risques très élevés ou ayant déjà subi un événement cardiovasculaire majeur.
Cette nouvelle classe de médicaments, les anti-PCSK9, promet de réduire le cholestérol de 50 %, mais pour un coût 50 à 100 fois plus élevé par patient. Cependant, leur capacité réelle à réduire le nombre d’accidents cardiovasculaires et le profil complet de leurs effets indésirables restent encore mal documentés à ce jour.
Les piliers de la prévention naturelle de l’infarctus
S’attaquer à la cause profonde des maladies cardiovasculaires nécessite une révision des habitudes quotidiennes plutôt qu’une simple gestion des symptômes par la chimie. Des cardiologues allemands ont d’ailleurs montré que l’exercice physique régulier, comme le vélo stationnaire, s’avère plus efficace que l’angioplastie pour réduire le risque cardiovasculaire global, car son action bénéfique s’étend à l’ensemble du réseau artériel.
Les données récoltées auprès de populations traditionnelles confirment cette approche. Sur l’île de Kitava en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Dr Lindeberg n’a trouvé aucun signe de maladie cardiovasculaire chez les habitants âgés de 60 à 95 ans suivant un mode de vie proche de celui du paléolithique.
Sur le plan de l’alimentation, l’étude pionnière de Lyon menée par le Dr Michel de Lorgeril a comparé le régime pauvre en graisses habituellement prescrit aux patients ayant subi un infarctus avec le régime méditerranéen (riche en huiles d’olive et de colza, poissons gras, fruits, légumes et céréales complètes). Les résultats ont mis en évidence une diminution de 70 % des complications cardiovasculaires sévères chez les adeptes du modèle méditerranéen.
De la même manière, le mode de vie des centenaires d’Okinawa associe une alimentation à 80 % végétale, pauvre en sucres raffinés, riche en oméga-3, en antioxydants et en magnésium, à une activité physique régulière et une vie sociale épanouie. Cela leur permet d’enregistrer 80 % de pathologies cardiovasculaires en moins que dans le reste du monde.
Sur le plan nutritionnel, la coenzyme Q10 (CoQ10) joue également un rôle capital. Une carence est observée chez 50 à 75 % des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. Un apport quotidien de 100 à 300 mg de CoQ10 permet d’améliorer la production d’énergie du muscle cardiaque et bloque le cercle vicieux de l’insuffisance cardiaque, rallongeant la durée de vie des patients.
Engager cette transformation ne nécessite pas un bouleversement brutal. Intégrer progressivement un filet d’huile d’olive extra-vierge à ses plats et pratiquer une marche régulière constituent les premiers pas essentiels pour préserver durablement sa santé cardiovasculaire.
Source : Les 100 remèdes naturels qui font trembler Big Pharma







