La priorité des fonctions : une donnée capitale qui explique bon nombre d’échecs en thérapie

Si vous avez l’impression de tourner en rond et qu’aucune thérapie ne semble fonctionner sur vous, il est fort probable qu’une donnée essentielle ait été omise : la hiérarchisation des fonctions de votre corps. L’organisme obéit à des priorités strictes, et ignorer ce principe fondamental explique un grand nombre d’échecs thérapeutiques, comme le souligne Wladislas Barath, ostéopathe expérimenté.

Avant d’explorer ces priorités, quelques principes de base doivent être intégrés. La guérison ne dépend pas uniquement du thérapeute ou de la méthode employée ; elle se trouve avant tout à l’intérieur de vous. L’intervention extérieure n’est qu’un levier pour faciliter les transformations internes.

Toute guérison est en réalité une autoguérison, rendue possible par la force vitale de vos cellules dont le seul but est de maintenir l’équilibre de leur milieu. Pour y parvenir, il faut chercher la cause profonde du problème, refuser d’agir sous le coup de la peur, et paradoxalement, accepter d’abandonner l’obsession même de guérir pour laisser le corps œuvrer.

1. Le sommeil : une priorité absolue

Il est illusoire d’espérer traiter un corps fatigué. Lorsque l’organisme est à plat, les cellules ne réagissent plus aux leviers thérapeutiques, qu’ils soient manuels, chimiques ou énergétiques. Face à l’épuisement, le corps réclame avant tout du repos, et cette demande surpasse toutes les autres fonctions.

Certains signes de fatigue profonde passent souvent inaperçus. L’hyperacidité gastrique nocturne en est un excellent exemple. Ces remontées acides peuvent se manifester par une peau et des cheveux secs, un nez encombré au réveil, des lèvres gercées, une fragilité ORL ou encore une sensation de brouillard matinal dès le saut du lit.

Cette acidité du soir est souvent une demande de repos mal interprétée que nous confondons avec la faim. Pour favoriser ce repos crucial, il est indispensable de dîner léger. Le sommeil sert à récupérer et à traiter les informations de la journée, non à digérer un repas lourd. Il est donc conseillé d’éviter les produits laitiers, l’alcool et les excès de sucre le soir.

2. Identifier les luttes invisibles de l’organisme

Si le corps s’épuise, c’est qu’il lutte en permanence contre une agression. Ces agressions mobilisent l’énergie vitale et empêchent la guérison de s’installer. Elles peuvent être d’origine extérieure (pollution, ondes électromagnétiques, stress professionnel, alimentation industrielle) ou intérieure.

Les agressions les plus sournoises sont les Foyers Toxiniques Permanents (FTP). Il s’agit de zones abritant des micro-organismes pathogènes qui sécrètent des toxines en continu. On les retrouve très fréquemment au niveau dentaire (sous une couronne ou suite à une dévitalisation), mais aussi dans les sinus, les amygdales, les cicatrices ou le système digestif.

L’organisme est alors engagé dans une lutte dont il n’arrive pas à bout. Ce cycle inflammatoire chronique et souvent invisible draine les ressources immunitaires. Il n’est d’ailleurs pas rare de retrouver un traumatisme ancien (choc, opération, infection mal soignée) à l’origine de ces foyers.

On peut déceler cette inflammation sous-jacente par divers signes physiques : des ganglions douloureux à la palpation (notamment sous la mâchoire), une peau d’aspect boudiné, des articulations chroniquement enflées, ou encore des contractions musculaires persistantes, comme celles des trapèzes qui révèlent souvent un problème de mâchoire. Lever cet agent pathogène est indispensable pour que le corps cesse de s’épuiser.

3. Accorder des pauses digestives au corps

La digestion n’est pas un processus passif. C’est une fonction qui demande énormément d’énergie, comme en témoigne le fameux coup de pompe ressenti après un repas copieux. Le corps doit trier, assimiler et neutraliser les toxines du bol alimentaire.

Tant que le corps digère, il ne peut pas enclencher sa fonction de réparation. C’est pourquoi toute véritable démarche de guérison devrait débuter par une mise au repos du système digestif. Sans nécessairement aller jusqu’au jeûne strict, il est primordial d’alléger le travail de l’estomac et des intestins.

Privilégier les bouillons, les soupes, les légumes à la vapeur et éviter les aliments qui forment des colles ou sollicitent trop l’organisme (produits laitiers, farines blanches, excès de riz) permet de libérer l’énergie nécessaire aux cellules. Pour les personnes souffrant de maladies complexes ou chroniques, cette approche nutritionnelle visant à calmer les réponses immunitaires est fondamentale. Des pistes précieuses sur ce sujet sont d’ailleurs explorées dans des ouvrages spécialisés, tels que le livre Vaincre la sclérose en plaque de Julien Venesson.

4. Lâcher prise et faire confiance à la nature

Dans la hiérarchie du corps, la réparation n’intervient qu’en quatrième position. Pour guérir, il faut donc ne pas être épuisé (sommeil), ne pas être en pleine digestion (diète), et ne plus lutter contre un pathogène (nettoyage). Mais une ultime condition, souvent la plus difficile, s’impose : laisser les rênes à son corps.

Il faut prendre conscience que la majorité de nos fonctions vitales (respiration, immunité, cicatrisation) sont purement inconscientes. Vouloir tout contrôler par le mental, souvent par peur de la maladie, interfère négativement avec le processus d’autoguérison. Notre société a tendance à diaboliser l’inflammation ou la fièvre, alors qu’elles sont des mécanismes naturels de nettoyage et de réparation.

Le corps n’est pas une machine défectueuse vouée à la déchéance, mais un partenaire intelligent. Le phénomène d’oubli est d’ailleurs un grand classique en thérapie : c’est très souvent lorsque l’on cesse de focaliser son attention sur un symptôme que les cellules, enfin libres de la pression mentale, parviennent à le régler définitivement.

À trop vouloir forcer la guérison, on la bloque. L’attitude la plus profitable consiste à porter un regard bienveillant sur son organisme, à répondre à ses besoins physiologiques de base, puis à s’en détacher mentalement pour le laisser œuvrer en paix.

En résumé, tant que vous êtes dans une dynamique de lutte acharnée contre la maladie, votre corps ne pourra pas guérir. La véritable guérison s’opère dans le calme biologique et mental.

Ce n’est que lorsque l’organisme n’est plus en dette de sommeil, qu’il ne gaspille plus son énergie à digérer en permanence, et qu’il est libéré de ses luttes invisibles contre des agents pathogènes, qu’il peut enfin entamer son processus de réparation profonde.

Source : conscience-et-sante.com