À lire avant de subir une biopsie

À lire avant de subir une biopsie

Une biopsie consiste à prélever un petit morceau de tissu quelque part dans le corps afin de vérifier la présence éventuelle d’une maladie. Certains médecins utilisent une aiguille pour récupérer un échantillon minuscule, tandis que d’autres pratiquent une ablation chirurgicale d’une masse ou d’un nodule suspect. Il revient ensuite au pathologiste de déterminer s’il y a des cellules cancéreuses et, le cas échéant, d’en identifier le type précis, le sous-type, le grade et les autres caractéristiques pertinentes, afin de poser un diagnostic définitif. L’équipe soignante élabore alors un plan de traitement en s’appuyant sur les résultats de la biopsie.

Mais saviez-vous que…

Les biopsies peuvent favoriser la propagation du cancer

Il existe deux grandes méthodes pour prélever un échantillon de tissu à partir d’une tumeur ou d’une lésion en vue d’une analyse microscopique. La première est la biopsie classique, où le tissu vivant est retiré chirurgicalement. La seconde est la cytoponction à l’aiguille fine, qui utilise une aiguille très fine pour extraire des cellules de la tumeur. Ces deux procédures comportent un risque : celui de disséminer des cellules tumorales, soit dans le liquide tissulaire environnant qui peut atteindre les ganglions lymphatiques, soit dans les veines qui drainent le tissu, permettant ainsi aux cellules de voyager et potentiellement de s’implanter dans d’autres organes.

Une biopsie mal exécutée peut entraîner la propagation de certains cancers, comme les sarcomes. Ces tumeurs sont entourées d’une enveloppe fragile qui maintient les cellules cancéreuses confinées. Si cette enveloppe est endommagée pendant la biopsie ou la chirurgie, les cellules cancéreuses peuvent s’échapper, ce qui favorise leur dissémination ou une récidive. Le sujet fait débat, et la plupart des oncologues soutiendront que le risque de propagation ou d’« ensemencement » du cancer reste minime.

Pour imager les choses autrement : pensez à un sac scellé rempli d’eaux usées. Si vous le perciez accidentellement avant de tenter de le refermer, vous ne vous sentiriez probablement pas en sécurité à manger quoi que ce soit qui ait été en contact avec lui, même en prenant toutes les précautions possibles.

Des tumeurs fragiles et instables

Une revue publiée en 2014 par Shyamala Karnam, professeure associée en dentisterie, soulignait que les tumeurs sont particulièrement instables et ont tendance à croître de manière anarchique, en envahissant les tissus environnants. À cause de cette instabilité, elles ne restent pas bien en place comme le font les cellules saines. Lorsqu’on les pique ou qu’on exerce une pression dessus avec une aiguille ou un autre instrument, elles deviennent encore plus instables. Résultat : certaines cellules cancéreuses peuvent se détacher de la tumeur principale et migrer vers d’autres zones du corps.

Pr Karnam et son équipe ont également noté que les cellules tumorales sont plus susceptibles de se désolidariser car elles ont des connexions plus faibles entre elles. Elles ont étayé leur propos par plusieurs études de cas montrant qu’après une biopsie, de nombreux patients ont développé un cancer à plusieurs endroits et présentaient des cellules cancéreuses circulantes détectables dans leur sang (source).

Cette revue traite des cancers en général. Il est à noter que les biopsies peuvent parfois déclencher le détachement de cellules cancéreuses. Ce phénomène a été observé dans divers types de cancers : sein, foie, estomac, bouche, parotide, poumon, cerveau, rein, œil, os, prostate, et probablement bien d’autres. Fait intéressant, le tout premier manuel américain sur les traitements du cancer, publié en 1940, pointait déjà du doigt les dangers potentiels des biopsies, indiquant : « il existe un doute quant à l’innocuité de la ponction de telles tumeurs. Ce n’est peut-être pas une procédure totalement anodine. » Pourtant, l’importance de ce risque semble avoir été minimisée dans les éditions ultérieures des manuels.

Le point de vue du Dr Thomas Seyfried

Le Dr Thomas Seyfried est professeur de biologie, de génétique et de biochimie au Boston College. Il a de solides convictions sur la question des biopsies. Il a effectué son postdoctorat au département de neurologie de la Yale University School of Medicine, où il a également exercé comme professeur assistant.

Le Dr Seyfried est convaincu que le cancer relève davantage du métabolisme que de la génétique. Il explique : « En thérapie métabolique, on ne toucherait pas à la tumeur ; on laisserait la zone environnante tranquille. En agissant ainsi, on permet à la tumeur de se réduire (avec le traitement) et de finir par disparaître. Si vous intervenez, vous risquez de transformer des cellules légèrement agressives en cellules extrêmement agressives, ce qui peut être fatal au patient. »

Selon lui, le problème se pose lorsqu’on perce le micro-environnement cancéreux pour en extraire un fragment de tissu. Ce geste crée une plaie qui attire les macrophages et d’autres cellules immunitaires, susceptibles de transformer une situation inoffensive en une situation dangereuse. Si la tumeur est déjà maligne, ce type d’intervention peut aggraver le problème.

Il est parvenu à cette conclusion après avoir examiné de nombreuses études portant sur les cancers du cerveau, du sein, du côlon et du foie, qui ont démontré comment les biopsies à l’aiguille ont entraîné la dissémination des cellules tumorales, augmentant le risque de cancer métastatique, voire le décès de ces patients.

En résumé

Une façon de soutenir votre système immunitaire, particulièrement autour du moment d’une biopsie, consiste à le maintenir en excellente condition. Votre système immunitaire joue un rôle clé pour combattre tout ce qu’il perçoit comme une menace, comme les germes et les cellules cancéreuses. C’est d’ailleurs pourquoi ces agents nuisibles trouvent souvent des moyens d’esquiver ou d’affaiblir la réponse immunitaire afin de survivre, comme le rappelle cette publication scientifique.

Discutez avec votre médecin pour savoir si une biopsie est réellement nécessaire, et renseignez-vous par vous-même. Le choix peut être difficile, mais au moins, il sera éclairé.

Sources :
anyavien.com
pmc.ncbi.nlm.nih.gov