ARNm : 3 États américains veulent classer les injections comme armes biologiques

Un tournant législatif inattendu est en train de s’opérer aux États-Unis, loin des gros titres des médias traditionnels. Une conversation qui se limitait autrefois aux cercles scientifiques ou aux débats marginaux fait désormais son entrée officielle dans les assemblées législatives. Le sujet de cette controverse ? La technologie de l’ARN messager (ARNm) utilisée notamment dans les injections contre le COVID-19.

Trois États américains ont récemment introduit des projets de loi visant à reclassifier purement et simplement ces technologies. Plutôt que de les considérer comme des outils de santé publique conventionnels, ces textes législatifs proposent de les catégoriser sous les statuts relatifs aux agents biologiques et aux armes de destruction massive.

Des sanctions pénales sévères envisagées

Ce mouvement législatif sans précédent s’articule autour de trois initiatives spécifiques portées par l’Arizona, le Tennessee et le Minnesota :

  • En Arizona : Le projet de loi House Bill 2974 vise à modifier les statuts de l’État concernant les armes biologiques. Il propose d’inclure l’injection d’ARN messager modifié dans la définition officielle d’un agent biologique et d’une arme de destruction massive. Si ce texte venait à être adopté, la fabrication, la possession ou la distribution de ces produits deviendraient un crime de classe 2 (felony), passible de lourdes peines de prison.
  • Au Tennessee : Le Senate Bill 1949, explicitement baptisé « mRNA Bioweapons Prohibition Act » (Loi d’interdiction des armes biologiques à ARNm), cherche également à désigner ces injections comme des armes de destruction massive selon la législation de l’État.
  • Dans le Minnesota : Le projet de loi House File 3219 propose une classification similaire en s’appuyant sur le code de l’État relatif aux armes de destruction massive.

De l’intervention médicale à l’arme de destruction massive

Que ces projets de loi soient finalement adoptés ou non, le simple fait qu’ils aient été introduits marque un changement radical dans la manière dont certains législateurs perçoivent et encadrent les plateformes à ARNm. Cela souligne un clivage profond et grandissant concernant la compréhension et la régulation de cette biotechnologie.

Selon les porteurs de ces projets, la communauté scientifique resterait divisée sur le profil de sécurité à long terme lié à une exposition répétée aux technologies à ARNm. Face à ces interrogations persistantes sur la sécurité, la régulation et la surveillance, les législateurs de ces États ont choisi d’intensifier le vocabulaire juridique en optant pour la classification la plus sévère possible.

Omission médiatique et questionnement public

Dans un contexte où les grands médias restent largement silencieux sur ces initiatives législatives, le débat tente de se frayer un chemin dans la sphère publique. La question centrale qui émerge de cette situation inédite est la suivante : s’agit-il d’une surveillance responsable et nécessaire de la part des autorités, ou d’une ingérence politique excessive ?

La population est désormais invitée à s’emparer de cette réflexion fondamentale. Les plateformes à ARNm doivent-elles continuer à être traitées exclusivement comme des outils de santé publique sous l’égide des lois sanitaires existantes, ou nécessitent-elles d’être régulées, voire criminalisées, sous le coup de lois de surveillance biologique beaucoup plus strictes ? Le débat ne fait que commencer.

Source : Deborah Murtagh