
Selon des documents issus des « Epstein Files » rendus publics le mois dernier par le ministère américain de la Justice, Jeffrey Epstein et Bill Gates ont cherché non seulement à tirer profit de l’édition scientifique, mais aussi à exercer une influence considérable sur le discours en ligne.
Dans une série de publications révélatrices sur le réseau social X, le groupe ScienceGuardians a mis en lumière comment Epstein, Gates et d’autres personnalités liées à la Fondation Gates ont joué un rôle déterminant dans le financement de ResearchGate, un portail de recherche scientifique en ligne incontournable.
D’après l’analyse de ScienceGuardians, cette plateforme a été développée en réalité « comme une entreprise à but lucratif pour faire beaucoup d’argent avec la science », avec l’intention précise de « contrôler le flux des idées scientifiques ».
Une alliance financière stratégique
Les fichiers Epstein contiennent un « résumé de fonds » publié en 2014 par Biosys Capital Partners. Ce rapport énumère les entreprises situées « à l’intersection de la médecine, des sciences de la vie et de la technologie numérique » considérées comme des cibles d’investissement attractives.
Ce document mentionne spécifiquement ResearchGate, notant que Bill Gates a fourni 10 millions de dollars de financement à la plateforme en 2013. Cette somme faisait partie d’un tour de table mené par Gates qui a permis d’attirer 35 millions de dollars d’investissements au total.
Si le résumé du fonds affirmait que ResearchGate visait à « connecter les chercheurs et les scientifiques… pour partager, découvrir, utiliser et distribuer des résultats », la réalité décrite par les critiques est bien différente.
Le pouvoir d’écrire les algorithmes
Karl Jablonowski, Ph.D., chercheur principal pour Children’s Health Defense (CHD), explique que l’investissement de Gates en 2013 s’inscrivait dans une vague massive de placements dans les plateformes en ligne. Selon lui, les investisseurs comme Gates ont rapidement compris l’influence qu’ils pouvaient exercer via les algorithmes de ces plateformes.
« En 2013, la monétisation des groupements sociaux faisait fureur, donc l’investissement de Gates était peut-être purement destiné aux revenus publicitaires et au recrutement », analyse Jablonowski. « Cependant, le pouvoir de diriger les esprits consolidés de l’avenir de la science est bien plus lucratif. C’est le pouvoir d’écrire les algorithmes. »
M. Nathaniel Mead, épidémiologiste et chercheur en santé publique, souligne que le financement de ResearchGate par Gates « peut affecter les priorités de la plateforme, avec davantage d’accent mis sur les fonctionnalités alignées avec la santé mondiale et les vaccins ».
Il précise que Gates pourrait favoriser des critères de pondération qui avantagent les essais cliniques à grande échelle de l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, au détriment des petites études observationnelles axées sur la prévention et la promotion de la santé par le mode de vie.
Big Pharma et les géants de l’édition dans la boucle
Gates et Epstein n’ont pas agi seuls ; ils ont aidé à attirer des investisseurs et des annonceurs — y compris des géants de l’industrie pharmaceutique (Big Pharma) — vers ResearchGate, en leur promettant de solides retours sur investissement.
Le résumé du fonds Biosys de 2014 cite Boris Nikolic, conseiller scientifique et technologique principal de Gates, comme associé gérant. Un accord d’août 2013 entre Gates et Epstein, inclus dans les fichiers, montre que Gates a demandé à Epstein de « servir personnellement » de représentant auprès de Nikolic.
En 2017, Gates a participé à un nouveau cycle de financement pour ResearchGate qui a recueilli 52,6 millions de dollars. Parmi les investisseurs figuraient Goldman Sachs et le Wellcome Trust, dirigé à l’époque par Jeremy Farrar, architecte des politiques clés de l’ère pandémique COVID-19 et actuel scientifique en chef de l’OMS.
Les efforts conjoints de Gates et Epstein ont également permis de sécuriser des partenariats avec les éditeurs de revues scientifiques majeures, dont Nature. Publié par Springer Nature, ce journal est considéré comme l’un des géants de l’édition médicale et scientifique.
C’est d’ailleurs Nature Medicine, une publication du même groupe, qui a publié le tristement célèbre article « Proximal Origin » en 2020. Cet article a été utilisé pour soutenir la thèse de l’origine naturelle du SARS-CoV-2 et pour discréditer, voire censurer, les partisans de la théorie de la fuite de laboratoire.
Une censure subtile et invisible
Selon ScienceGuardians, la censure scientifique ne s’opère pas uniquement par la rétractation ou le rejet d’articles, mais par le contrôle des algorithmes qui déterminent quels travaux obtiennent une large visibilité — et lesquels restent dans l’ombre.
« Pourquoi des milliardaires comme Gates et Epstein convoiteraient-ils ce genre de pouvoir ? Posséder un hub comme ResearchGate leur permet de façonner quelle recherche explose sous les projecteurs — et ce qui s’efface silencieusement », écrit ScienceGuardians.
M. Nathaniel Mead confirme cette analyse : « L’impact direct le plus insidieux… pourrait se situer au niveau des choix algorithmiques… ce qui est recommandé ou mis en avant. C’est une forme subtile de contrôle narratif. »
Karl Jablonowski compare ce phénomène à la censure exercée par les Big Tech durant la pandémie :
« Avec quelques ajustements aux algorithmes, Facebook et Google ont pu diriger et contrôler l’information que la plupart des Américains consommaient pendant la pandémie… Le contrôle algorithmique est un contrôle autoritaire, et largement sans responsabilité. »
Cette mainmise sur les canaux de diffusion scientifique pose un problème fondamental : sans un discours libre et ouvert, il n’y a pas de véritable science, pas de réponses fiables et aucune justification valable pour les politiques de santé publique.
Source : childrenshealthdefense.org
