L’emballage qui tue

Face à la hausse du nombre de substances toxiques dans les aliments, scientifiques et consommateurs donnent l’alerte.

À l’heure où les produits « longue conservation » sont de plus en plus prisés, les clients ne soupçonnent pas l’existence de substances dangereuses dans les emballages hermétiques et dans les aliments avec lesquels ils sont en contact.

C’est le cas du Bisphénol A, que l’on trouve dans les contenants en plastique rigide et qui peut provoquer des maladies cardiaques ou affaiblir le système immunitaire.

Même risque avec les phtalates utilisés pour plastifier les matériaux servant au conditionnement. Agissant comme des hormones, ils peuvent entraîner la stérilité chez les hommes.

Nombre de produits figurent sur la liste des substances interdites par l’Union européenne mais comme celle-ci importe massivement des produits venus d’Asie, où les réglementations ne sont guère restrictives…

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Emballages alimentaires en plastique: danger!

Pourquoi utiliser moins d’emballages alimentaires? Pour réduire les déchets? Oui, mais pas seulement. Pour minimiser également les risques d’intoxication insidieuse. C’est ce que déclare un organisme américain indépendant, The Institute for Agriculture and Trade Policy, dans son Smart Plastics Guide.

Pour commencer, une petite présentation des plastiques d’emballage:

P1: Polyéthylène téréphthalate éthylène ou PET
Utilisé pour les boissons comme l’eau, les jus de fruits, les détergents…

P2: Polyéthylène de haute densité ou HDPE
Utilisé pour les bouteilles de lait opaques, les emballages de produits cosmétiques (shampoings…).

P3: Polychlorure de vinyle ou PVC
Utilisé pour les boîtes alimentaires, certaines bouteilles d’eau minérale, les films alimentaires, les bouteilles d’huile…

P4: Polyéthylène basse densité ou LDPE
Utilisé pour les barquettes, les films alimentaires, les flacons, les sacs congélation et les sacs poubelles.

P5: Polypropylène ou PP
Les barquettes de beurre et margarine, certains pots de yaourts, les biberons.

P6: Polystyrène ou PS
Les couverts et verres en plastique, certains pots de yaourts, les emballages pour les oeufs qui ne sont pas en carton…

P7: Autres plastiques
Certains récipients alimentaires (ketchup…), les bouteilles en plastique de grosse quantité, les gourdes, les gobelets en plastique rigide, les biberons… Attention au bisphénol A dans cette catégorie (en particulier dans les bouteilles habituellement rigides, translucides et colorées).

Les produits suspects
Les produits suspects ne font pas l’unanimité des études menées sur le sujet. Les désaccords portent surtout sur les doses acceptables pour déclarer officiellement la dangerosité du produit. On ne peut pas prendre en compte l’effet de récurrence de l’utilisation des produits à doses minimes sur la durée d’une vie humaine. Il s’agit toujours de statistiques basées sur la vie des animaux soumis à l’utilisation des substances suspectes. Il arrive aussi que ce soit l’association d’une substance avec une autre qui crèe la toxicicité, ce qui complique les choses bien entendu. Pas d’alarme mais prudence de rigueur! La santé publique n’est pas une valeur assez forte face à l’argent généré par le marché de l’emballage plastique et celui du recyclage de ces matériaux.

Premier suspect: le Bisphénol A Principal
Il entre dans la composition de nombreux plastiques de type polycarbonate et PVC (P7 et P3). On le trouve aussi dans les prothèses dentaires et dans les revêtements des boîtes de conserves (résine époxy). D’autres informations sur le sujet et une liste plus complète sur le blog « La Grande invasion » géré par un journaliste indépendant.
Il serait un perturbateur du système endocrinien et un agent cancérigène (cancer de la prostate et du sein). Il serait l’un des facteurs des problèmes de fécondité masculine.

Deuxième suspect: le Di[2-ethyhexyl] adipate (DEHA)
Il est présent dans le PVC (P3) et pourrait avoir une incidence sur le foie, les reins, la rate et la formation osseuse. Dans l’usage alimentaire, la toxicité se libère principalement au contact des films alimentaires avec des matières graisseuses comme la viande ou le fromage. La dangerosité est avérée dans les études sur les animaux.

Troisième suspect: le styrène
Il est principalement utilisé pour la fabrication de polystyrène. A haute dose, le styrène, présent dans les plastiques P6, est une matière considérée comme toxique pour le système nerveux, le foie, les reins et l’estomac. C’est avéré dans les études sur les animaux. C’est avéré pour les salariés fortement exposés au styrène par inhalation (leucémies).

Quelles recommandations?
– N’utilisez pas les plastiques de type P7.
– Evitez d’utiliser des emballages plastiques au micro-ondes. Préférez le verre ou la céramique (sans peinture métallique).
– Evitez de stocker des produits gras dans du plastique. Cela accentue la libération de bisphénol A et du styrène.
– Evitez d’utiliser des détergents trop puissants pour nettoyer les plastiques.
– Evitez d’utiliser des films plastiques au contact direct des aliments.
– Ne passez pas les films plastiques au micro-ondes.
– Les plastiques de catégorie P1 et P2 sont à usage unique. Ne les réutilisez pas.
– Pour les biberons, évitez le plastique, préférez le verre.
– Evitez de chauffer des aliments dans du plastique et éviter le contact du plastique avec des aliments chauds.
– Evitez d’acheter des produits en PVC (P3) même pour un usage non alimentaire (matériaux de construction, jouets, etc.)
– Préférez les emballages sans plastique.
– Privilégiez les emballages « verts ».

En résumé
Evitez les logos suivants:

Références

1.U.S. EPA, Integrated Risk Information System. U.S. EPA.https://www.epa.gov/iris
2. Institute of Medicine. Dioxins and Dioxin-like Compounds in the Food Supply- Strategies to Decrease Exposure, National Academies Press, Washington, DC. 2003
3. Howdeshell, KL, PH Peterman, BM Judy et al. “Bisphenol A is released form used polycarbonate animal cages into water at room temperature.” Environmental Health Perspectives 111(9): 1180-87. 2003.
4. Calafat, AM, Z Kuklenyik, J Reidy et al. “Urinary concentrations of bisphenol A and 4-nonylphenol in a human reference population.” Environmental Health Perspectives 113(4): 391-395. 2005.
5. Schonfelder, G, W Wittfoht, H Hopp et al. “Parent bisphenol A accumulation in the maternal-fetal-placental unit.” Environmental Health Perspectives 110(11): A703-A707. 2002.
6. Ikezuki, Y, O Tsutsumi, Y Takai et al. “Determination of bisphenol A concentrations in human biological fluids reveals significant early prenatal exposure.” Hum Reprod 17(11): 2839-2841. 2002.
7. University of Missouri Endocrine Disruptor Group. October 2006. F vom Saal.https://endocrinedisruptors.missouri.edu/vomsaal/vomsaal.html .
8. vom Saal F, C Hughes. “An extensive new literature concerning low-dose effects of bisphenol A shows the need for a new risk assessment.” Environmental Health Perspectives 113(8): 926-933. 2005.
9. Wetherill, YB, C Petre, KR Monk et al. “The Xenoestrogen Bisphenol A Induces Inappropriate Androgen Receptor Activation and Mitogenesis in Prostatic Adenocarcinoma Cells.” Molecular Cancer Therapeutics 1: 515–524. 2002.
10. Markey, CM, EH Luque, M Munoz de Toro M et al. “In Utero Exposure to Bisphenol A Alters the Development and Tissue Organization of the Mouse Mammary Gland.” Biology of Reproduction 65: 1215–1223. 2001.
11. Munoz de Toro M, C Markey, PR Wadia et al. “Perinatal exposure to bisphenol A alters peripubertal mammary gland development in mice.” Endocrinology May 26, 2005. June 1, 2005.https://academic.oup.com/endo.
12. Hunt, PA, KE Koehler, M Susiarjo et al. “Bisphenol A exposure causes meiotic aneuploidy in the female mouse.” Current Biology 13: 546-553. 2003.
13. Takeuchi T, O Tsutsumi, Y Ikezuki et al. “Positive relationship between androgen and the endocrine disruptor, bisphenol A, in normal women and women with ovarian dysfunction.” Endocrine Journal 51(2): 165-169. 2004.
14. Sugiura-Ogasawara M, Y Ozaki, SI Sonta et al. “Exposure to bisphenol A is associated with recurrent miscarriage.” Hum Reprod. 20(8): 2325-2329. 2005.
15. U.S. EPA, Integrated Risk Information System. U.S. EPA.https://www.epa.gov/iris
16. Mutti A, A Mazzucchi, P Rustichelli et al. “Exposure-effect and exposureresponse relationships between occupational exposure to styrene and neuropsychological functions.” Am. J. Ind. Med. 5: 275-286. 1984.
17. Benignus VA, AM Geller, WK Boyes et al. “Human neurobehavioral effects of long-term exposure to styrene: a meta-analysis.” Environ Health Perspectives 113(5): 532-538. 2005.
18. U.S. EPA, Styrene Fact Sheet, Dec. 1994, available athttps://www.epa.gov/chemicals-under-tsca
19. Natureworks web site. Cargill-Dow. August 26, 2008.www.natureworksllc.com/

2 commentaires à “L’emballage qui tue”

  1. Alice Nature dit :

    Bon il me reste plus qu’à trouver une canne à pêche pour prendre du poisson dans une rivière ou un étang pétés de polluants. Comment échapper à tout ce plastique, ça me semble impossible. Même dans le bio on y a droit, les aliments en vrac, légumineuses, oléagineux etc… sont dans des récipients en plastoc.
    C’est vraiment très démoralisant. Sommes nous perdus ?

    • admin dit :

      Non nous ne sommes pas perdus 😉
      – Eviter au maximum les emballages pastiques et transférer les aliments dans des contenants en verre ou en papier dès qu’on les achète.
      – Concommer des crucifères détoxifie le corps des xénoestrogènes!
      – Consommer des fruits et légumes crus détoxifie le corps et favorisent l’élimination (smoothie ou jus concombre, persil, chou kale, citron par exemple)
      – Acheter une souris d’ordinateur en bois (oui oui ça existe :)))
      – Donner d’autres solutions si vous en avez svp 😉

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