Primes versées aux médecins : une profession sous haute pression !

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Dernièrement, j’ai rencontré un médecin homéopathe qui pratique la médecine depuis 40 ans, mais a récemment décidé de demander à être déconventionné, c’est-à-dire que ses consultations ne soient plus remboursées.

Pourquoi ? Il m’a expliqué que, comme il ne prescrivait ni statines ni vaccins, non seulement il ne bénéficiait pas de prime, mais qu’il risquait d’être « radié par le conseil de l’Ordre des médecins ». En effet, le délégué de l’Assurance Maladie de son secteur l’a prévenu que son comportement « non prescripteur » serait sans doute sanctionné. Il a donc demandé de lui-même à être déconventionné, ce qui minimise les risques…

Les médecins subissent des pressions constantes : à la fois la carotte et le bâton. Il faut savoir qu’ils ne vivent pas seulement du revenu de leurs consultations. Aujourd’hui, une part de leurs rentrées d’argent provient directement de l’Assurance Maladie. En 2013, 341 millions d’euros leur ont été ainsi versés, soit une moyenne de 4003 euros par praticien, toutes spécialités confondues. Chez les généralistes, la moyenne de la prime annuelle est de 5774 euros. Comment faire pour obtenir la meilleure prime ? Il faut remplir des « objectifs de santé publique ». On pourrait imaginer que cela consiste à apprendre à ses patients à mieux manger, à leur expliquer qu’il faut marcher une demi-heure par jour, à les garder plus de 10 minutes dans son cabinet pour une consultation attentive et humaine… Mais non, pas du tout ! Pour toucher le jackpot, il faut prescrire un maximum de statines (vous savez les anticholestérol qui font si mal aux muscles…) ou de vaccins, par exemple, et choisir autant qu’on le peut des génériques d’anti-hypertenseurs, d’antibiotiques ou d’antidépresseurs.

L’idée défendue serait de faire faire des économies à la sécu. Mais ont-ils oublié qu’en freinant sa consommation de sel de 30 %, on obtient de meilleurs résultats sur l’hypertension en quelques semaines qu’avec les traitements médicamenteux, et sans effets secondaires ? Les médecins ne devraient-ils pas être plutôt encouragés à prescrire un minimum et à faire de la prévention ?

En tout cas, les Français ne sont pas dupes car, malgré les pressions que subissent leurs médecins et qui rejaillissent forcément en consultation, elles et ils sont de moins en moins nombreux à se faire vacciner contre la grippe, ou à participer au dépistage systématique du cancer du sein. Le retour au bon sens et au discernement passera par les patients : nous.

Source : Rebelle Santé

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